‹ La famille Moronval drame en cinq actesChapitre 26 sur 50 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

SALVIATI, seul.

SALVIATI, seul, quelle promesse m’a-telle arrachée ? rien de bien important, après tout... une nuit de delai, ce sera comme si j'étais arrivé quelques heures plus tard à Toulouse., et le prix qu’elle a mis à ce service... je retournerai avec toi en Italie... Oh! Salviati , Salviati, oublie ton serment, oublie Moronval, oublie tout pour ne le sourcnirqne de celte parole; elle renferme du bonheur pour toute une élernité !

Voici la nuit qui commence !... comme elle va se traîner avec lenteur ! Io ciel est sombre et l’horizon parait gros d’une tempête.... Moronval , c’est par une nuit pareille que tu fus assassiné.. Hélas, je le vois et je l’entends encore... quelquefois l’illusion est telle... Des flambeaux ! des flam-, beaux) j’ai peur ici.

L’HOTESSE , entrant avec de ta lumière.

Comment? vous êtes ici , monsieur? je vous croyais descendu à la table d’hôte.

Vous avez au moins besoin de lumière.

SALVIATI. Merci... Merci.

l’hotesse. Est -ce que celle chambre vous déplaît ?

SALVIATI. Non.

l'hotesse M. le comte de Moronval et sa jeune épouse viennent de rentrer à l’église pour entendre l’ofllce du soir. Ils étalent entourés d’un cortège magnifique et d’une centaine de laquais portant des torches et des flambeaux. C'était un beau coup-d’œil... à propos, vous deviez aller ce soir à leur hôtel.

SALVIATI. Oui, oui , mais je n’irai pas.

L'HOTESSE. Ce sera pour demain. La dame à qui vous avez cédé votre premier logement ne fait pas comme vous : elle se dispose à sortir.

SAtVl ALI. Et savez-vousoù elle veut aller?

L’HOTESSE. Elle ne me l’a pas dit , mais j'ai tout lieu de croire que c'est à la fête de AI. de Moronval...

salviati. Vous le croyez ?

L'HOTESSE. Demain matin je vous en donnerai des nouvelles certaines, — bonsoir, monsieur. (Elle tort.)

«OB.ONV.AI.. 30

SALVIATI. — Bonsoir. La signora Olivia va chez madame do Moronval?.. Je devais m’y attendre quand elfe m’a demandé ee délai d’une nuit, et cependant . .. Il y a dans tout ceti quelque mystère étrange.

Comme elle frémissait en écoutant mon récit... c’était, maintenant que j’y songe, quelque chose de plus qu’un intérêt de curiosité ou de pitié. Il n’y a pas à en douter!.. Elle a connu en ludie le faux Moronval, elle l’a aimé peut-être.... et moi qui leur laisse le temps de s’échapper ensemble!... si je la suivais en secret et sans quelle pût me voir?.. J’ai promis de ne pas parler cette* nuit à madame de Moronval, mais je n’ai pas promis de rcstci* cloué dans cettecliambre.... où mes soupçons m’emportcnt-ils? Olivia aimerait l’assassin de M. de Moronval?.. cela ne peut" pas Cire... si cela est , je Veux l'ignOrcr toujours... (jUnapause .) Laissons-nous aller au sommeil qui appesantit déjà mes paupières... Alorona al, jusqu’il ce que j’aie accompli mon serment; ta vengeance est liée à ma vie; chaque soir, à l’heure où je nfendors, j’ai coutume de t’invoquer, aujour^d’hui je t’invoque avec plus de ferveur que jamais, protège-moi... prolége-moi...

It s'endort. L'ombie de Mor. aval lui apparaît.

l'oüHHE- Giacomo Salviati!

SALVIATI, endormi. Qui m’appelle ?

l'omuhë. Celui que tu as retiré du Tibre. Le reconnais-tu ?

SALVIATI. Oui , voilà son habit ensanglanté ; sa chemise entrouverte ; scs cheveux collés sur son front.

L'ombre. Giacom* Salviati, as-tu vu ma mère ?

SALVIATI. Grèce 1

l’ombre. Giacomo Salviati, as-tu vu ma mère.

SALVIATI. Je ferai dire trois messes pour le repos devotre ümc, M. le comte.

l’ombre. Giacomo Salviati, as-tu vu ma mère ? .

salviati. Je ne la verrai que demain. .

l’ombre. Si tu restes ici cette nuit , tu mourras ici cette nuit : et quand tu paraîtras devant letribunal de Dieu, tu y trouveras ta mère qui te demandera ce que tu as fait de ton serment.

L’ombre s'évanouit. Salviati ce réveilla.

SALVIATI. Moronval. Bien... plus rien...

il était là pourtant. r. C’était un rêve Quel horrible rêve !... (Regardant C horloge.) Je n’ai dormi qu’un instant. Mais que signifie donc cette appaéitinn dont le souvenir seul glace mon sang dans mes veines et fait dresser mes cheveux sur mon front ? tu mourras si tu restes ici m’a dit l’otnbrc.

C’est un avis du ciel. Sortons et puisque le souflle de Dieu -est Sur moi qu’il m’inspire maintenant ce que je dois faire I

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