‹ La famille Moronval drame en cinq actesChapitre 37 sur 50 · MORONVAL. 1IJ · texte numérisé non relu

MORONVAL. 1IJ

salvtati. Oui, madame. • •

MAD. DE MORONVAL. A moins que ma mémoire me trompe, il me semble que je vous vois pour la première fois? •

SALVIATl, Oui, madame.

MAD. DE MORONVAL. L’heure et le lieu que vous choisissez pour me pai 1er, m’annoneent qu’il s’agit de choses graves et d’ailleurs on me dit que vous avez connu mon lils en Italie. Aussi je suis venue surlc-ehamp; mais j’y songe: puisque vous avez connu mon fils, c’est peut-être lui , autant que moi , que vous désiriez entretenir. Je vais le faire appeler.

SALVIATl. Ne prenez pas ce soin, madame. Je n’ai vu monsieur le comte, votre fils, qu’une heure dans sa vie et je ne dois plus le revoir dans ce monde.

MAD. DE MORONVAL. Pourquoi?..

SALVIATl. Je vais vous le dire. Pardonnez-moi si je me trouble et si j’hésite en vous parlant... ce trouble, et cette hésitation doivent déji vous apprendre que je suis un messager de mauvaises nouvelles.

MAD. DE MORONVAL. Pariez sanserainte, monsieur!., si vous vous étiez introduit chez moi avec ces préambules il y a trois mois, avant le retour de mon fils, j’aurais deviné tout d’abord le malheur que vous seriez venu m’annoncer; mais maintenant mon fils est près de moi... je ne sais pas ce que j’ai û craindre. ..

SALVIATl,* d lui-même. Allons, à ce que je viens de dire, je vois qu’il n’y a pas de préparations possibles.

MAD. DE MORONVAL. Je VOUS écoute.

SALVIATL Madame, jesuisromain ;j’lialiite une maison située au bord du Tibre.

Il y a six mois, ù l’époque où voire fils était encore à Home, par une nuit orageuse et noire comme celle-ci, il se passait une scène terrible dans ma maison.

Un homme était couché sur mon lit : c’était un jeune homme, beau, noble, riche, et qui allait mourir; je venais de le retirer du Tibre où on l’avait jeté après l’avoir assassiné. Tous les soins que je pris pour lui rendre la vie ne réussirent qu’.i le ranimer pour quelques instants... mais il eut la force de m’en dire assez pour que je puisse deviner dans quel but on l’avait tué : c’est qu’en même temps que lui, il y avait à Home, un aventurier, un misérable qui lui ressemblait d’une manière étrange , miraculeuse, fatale... l’aventurier avait tué le jeune homme, après lui avoir volé ses papiers et scs titres, afin de se mettre à sa place... Vous palissez !..

MAD. DE MORONVAL. Oui... mais quel rapport ?..

SALVIATL Le jeune homme mourut; *.

mais avant d’expirer, il écrivit avec un stylet trempé dans sou sang,quelqueslignes

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