PRAIRIES
C.K-rK INDIQUANT LA TEKKK DU PKKMIEK --^-^-^^^^l^^JZ^:;, "''""" LE PLAN OFFICIEL DE LA PAROISSE DE LA RIVIKRE DES PKAIKltb.
Voir dans ''Notes HistoHques et Analytiques" Concession à Claude-Mathias, page 22.
NOTES HlSTORlQrES ET ANAI.YTiyiES 27
de-Saint-Dcnis-sur-Richelieu)), dit : «La vallée du Richelieu était, à cette époque, ce que sont aujourd'hui (1905) les bassins des lacs Saint-Jean et Témiscamingue. On s'y jetait avec la perspective du travail ardu, mais aussi avec celle plus encourageante de sa récompense. Parmi ceux qui ont alors abordé à Saint-Denis, notons les vigoureux bûcherons: Phaneuf... Loiseau... Benoît... Laflamme... Charron. Tous ces valeureux chevaliers de la hache ont dépassé les bornes de leur attente : ils ont fait souche dans la paroisse et leur descendance s'y perpétue dans le bonheur,vénérant la mémoire, des braves ancêtres qui leur ont préparé un si noble héritage.
Les premiers de ces aïeux sur les rivages dyonisiens ont été les Phaneuf. Petit-fils de l'Anglais Claude-Mathias Phaneuf ou Fanef, ils sont traversés plusieurs, les uns après les autres, de Saint-Antoine à Saint-Denis, à partir de 1770. . . .Leur aïeul installé à la^ Rivière-des-Prairies en 1711, légua à son fils Pierre, trois arpents et demi par quarante. Mais celui-ci ne fut pas retenu par ce bel héritage et s'en alla avec sa femme Catherine Biais, s'établir à- Saint-Antoine. Ses frères Jean et Claude le suivirent bientôt. Claude-Mathias lui-même vint demeurera Saint- Antoine et y mourut à l'âge de quatre-vingt-trois ans ; il fut inhumé dans le cimetière de cette paroisse.
Les chefs de cette famille, au nombre de neuf à Saint-Denis en 1801, y sont aujourd'hui exactement dix : Jean-Baptiste, Lévi, Joseph, x\lphonse, Amédée, François, Louis, Henri, Eugène et Dame Toussaint. Jean-Baptiste a été maire de 1882 à 1885 et est le propriétaire de la scierie du village ». En 1910, on comptait plus de 115 mariages de Phaneuf consignés dans les registres de Ifu Paroisse.
De ces deux paroisses partirent tout un essaim de colons qui se répandirent un peu partout dans la riante et ferti e vallée du Richelieu.
Ainsi nous voyons des Phaneuf s'établir: en 1789, à l'Acadie ; en 1799, à Saint-Jean-Baptiste de Rouville; en 1806, à Saint-Ours; en 1811, à Verchères et à La Présentation ; en 1827, à Saint-Damase ; en 1830, à Saint-Jude et à Boucherville ; en 1834, à Saint^
Barnabe et à Saint-Hyacinthe. En 1852, Joseph Phaneuf, charpentier, était établi à Montréal ; deux ans après, on remarque les noms de Benjamin et Joseph Phaneuf dans l'Almanach des Adresses. Aujourd'hui, la Métropole canadienne compte plus de quarante familles de Phaneuf.
Vers 1811, François, arrière-petit-fils de Mathias, alla s'établir dans le rang de Salvail (ainsi appelée raison d'une nombreuse famille établie sur les bords d'une petite rivière à laquelle elle donna son nom), paroisse de La Présentation, comté de Saint-Hyacinthe.
En 1885, commence l'exode des nôtres vers le Manitoba. Les offres du gouvernement jointes à la fertilité du sol en séduisirent plusieurs. De ce nombre fut monsieur Dosithée Pellet'er, marié à Edwidge Phaneuf. Doué d'une grande activité et de beaucoup d'initiative. Monsieur Pelletier eut l'honneur de doter l'Ouest de ses trois premières fromageries, créant ainsi dans ces contrées une industrie qui devait prendre un si grand développement dans la suite.
Les Etats-Unis comptent actuellement plus d'un million et demi de Franco- Américains ; plusieurs « de nos gens » attirés par les progrès de la grande république, allèrent s'étabhr dans les différents centres où les canadiens-français s'étaient groupés. Nous pouvons donc affirmer aujourd'hui que les Phaneuf sont, pour ainsi dire, légion; mais tous descendent de Claude-Mathias, même celui qui, pour américaniser son nom, s'appelle « Make nine »! ! ! que n'eût-il étudié sa généalogie, il eût tôt fait d'écrire Farnsworth, s'il y tient absolument !
Nous ne pouvons suivre chacun des nôtres dans tant de localités et de conditions différentes; néanmoins disons encore un mot de l'un d'entre eux. Si jamais vous dirigez vos pas vers le cimetière catholique de Montréal, arrêtez-vous un instant auprès de l'obélisque érigé à la mémoire des braves de i837, et vous y verrez figurer le nom d'Eusèbe Phaneuf. C'est un de ceux qui, par la force des circonstances, se crurent obligés de verser leur sang pour le succès de la bonne cause.
« Agé de 21 ans, il était le fils de feu François Phaneuf et de
Marguerite Bousquet. La publication des bans de son mariage était déjà commencée lorsque le malheur coupa court aux préparatifs des noces et couvrit des livrées du deuil son inconsolable fiancée. Comme un nomm^ Dudevoir, il eut toute la partie supérieure de la tête enlevé par le premier coup de canon tiré par les troupes anglaises contre les patriotes». Honneur à sa mémoire ! Deux autres Plianeuf furent détenus dans les prisons de Montréal en 1837-38; ce furent Joseph et Pierre-Claude, ce dernier était de Saint-Damase.