VARIATIONS DU NOM
Dans le « Farnsworth Mémorial » dont il a été parlé plus haut se trouvent des détails très intéressants sur l'origine et la signification de notre nom de famille. On y lit que dès 1291, en Angleterre, le nom de Farnsworth apparaît dans un document officiel. Roger de Farneworth est témoin et appose sa signature au bas d'un testament.
Farnsworth n'était pas d'abord un nom de famille tel que nous l'entendons aujourd'hui. L'usage des noms patronymiques ne remontant qu'au début du XVIIl^ siècle, environ cent cinquante ans après la conquête normande.
Farnworth ou Farnsworth est un nom anglo-saxon. Il est formé de fcarn qui signifie fougère, et de .worth, ferme ou état considérable. La dernière partie du nom worlh, était employée à cette époque, pour désigner le propriétaire d'une ferme importante. En définitive, Farnsworth signifie « Propriétaire de la grande ferme des Fougères.»
Pendant plus de trois siècles, l'emploi de la préposition de avant le nom de famille est d'un usage constant. Cette forme étant essentiellement française, on peut en conclure, ou du moins en présumer, que ceux qui portèrent ce nom étaient descendants des Normands qui accompagnèrent Guillaume le Conquérant en 1065.
Tout d'abord on écrivit, Fearneworth, puis Farneworth, Farnworth, et enfin Farnsworth. Ce sont là les différentes variations constatées tant en Angleterre qu'aux Etats-Unis. Comme dans la
Nouvelle- Angleterre ce nom était prononcé « Farnoth », rien de plus naturel a des Français que d'écrire, Farneth ou Farnet.
A ce propos, remarquons que l'orthographe de ce nom a évolué en autant que sa prononciation elle-même s'est modifiée.
Le premier document officiel de la Nouvelle-France, où ce nom se rencontre, est l'acte de baptême de Claude-Mathias inscrit aux registres de la paroisse de Montréal et portant la date du 1er février 1706 ; il est orthographié « Claude Mathias Farneth », par monsieur Meriel, prêtre. (Pièce I).
Dans un autre document, faisant partie de la collection Philéas Gagnon, archiviste de renom, à Québec, un certain nombre d'étrangers au Canada, demandent, le 30 octobre 1706, des lettres de naturalisation ; parmi ces derniers, figure le nom, ainsi écrit, de Mathieu Claude FARNETS.» (Pièce II).
Au contrat de mariage, daté du 25 septembre 1713, Mathias signe ainsi lui-même son nom, FANE F. Les actes de baptême de tous les enfants qui naissent jusqu'à 1754, conservent cette même •orthographe : c'est à cette date que l'abbé Hourdé écrit pour la première fois, «FANEUF». De 1754 jusqu'au commencement du siècle suivant, les registres de la Rivière-des-Prairies et de Saint- Antoine-de-Richelieu présentent alternativement «FANE F» et «FANEUF» ; mais, à partir de 1800, tous donnent «FANEUF»* L'orthographe « PHANEUF », se rencontre pour la première fois dans les registres de Belœil en 1777 ; Tabbé François Noiseux est l'auteur de cet acte. Mais cette dernière forme ne prévalut qu'en 1880, et aujourd'hui, elle est généralement adoptée. (1) Voilà, en résumé l'historique des variations de notre nom de famille, nom que nous devons porter fièrement, et qui a de nombreux représentants dans toutes les classes de la société: sacerdoce, état reHgieux, professions libérales, industrie, commerce, agriculture. (2)
(1) Orthographe du nom de famille par certains notaires: Lepailleui en 17;î5, Phaneffe ; Caron en 1738, Faneffe ; Papineau en 1787, Phanoenf.
(2) En 1912, les registres du Séminaire de Saint-Hyacinthe contenaient les noms de quarante UO) Phaneuf, ayant fréquenté ses cours dej-iiis sa fondation.
N'est-il pas vrai qu'après cette étude nous nous sentons plus confiants pour les luttes à venir ?
Il me semble que nous comprenons mieux le sens de ces paroles de Suite : «A l'heure de .'épreuve tous nos morts marchent avec nous pour soutenir notre courage et nos résolutions».
Comme nos devanciers, prenons pour devise cette maxime qu'ils traduisirent si fidèlement en actes: « Aime Dieu et va ton chemin.»