BALLET
F^oltaxre, LasaVe ^Sirven^ Tfnbaut, Toussaint et Thérèse se placent sur des sièges qui leur ont été offerts parles domestiques de la ferme de Thibaut. On exécute des danses languedociennes. A la fin, an milieu d'une touffe de lauriers apportée par les danseurs , et qui s'entrouvre à un signal donné, on aperçoit le buste ds Voltaire couronné de lauriers. KoUaire veut s^ éloigner.
TOUSSAINT
Je ne m'attendais pas à celte surprime, assurément.
tue'hÈ--e.
Vous avez eu votre to.ir, nous .ivcns le nôtre.
THIBAUT
Et sans me'priser votre discours, cousin , ça le vaut bien. Pardon, RIad. Lasalle, c'est votre busqué que nous avons pris.
Du moins, mes amis, ôtez la couronne j tant de gens se la fout donner aujourd'hui, qu'on remarque davantaç;e ceux qui n'en ont pas.
THÉRÈSE
M. de Voltaire , je, sais ce qu'il vous faut. Elle ôieln.CQuronne. de lauriers , et la remplace par une couronne de
roses.
Une couronne de roses!... je la préfère... celle fleur invite au plaisir, "X les lauriers n'excitent que l'envie.
THIBAUT
Vous êtes donc content, M. de Voltaire?
II fiurlrait que je fusse bien exigeant pour ne pas me contenter d'un huia'UiJije complet [tirant sa montre); il a dure un bon quart-d'heurc.
LASALLE
CVsl comme un éloge de l'académie.
VOLTAIftE.
La différence, mon cher Lasal'e, c'est q»ie j'y al pris du plaisir, et le plaisir n'est pas précisément le revenu des araJernicicns. Mais, ijirven , je vous croyais une faïuilleplus nombreuse; n'avcz-vous que mademoiselle?
SIRVEîf.
Pardonnez-moi , M. de Voltaire, j' .i deux enfants.
THÉRÈSt;.
J'ai une sceur , M. de Voltaire.
VOLTAfRE.
Et dans un joiir si mémorable pour votre famille, pourquoi ne la vois-je point auprès de vous ?
SIRVEN
Vous le «aurez , îMon sieur , je vous dirai tout, j'aurai besoin de vos conseils, et peut-être de votre protection.
Parlez, Sirven... J'ai peu de crédit j les muscs conduisent rarement ail pouvoir; mais, quand je trouve l'occasion d'obliger, je consulte plutôt mou désir que mes forces.
THERESE
Eh bien , M. de Voltaire, ma fceur...
SIRVEW.
Ma fille, ce n'est pas le moment... Thibaut , la nuit approche; il serait temps, je crois....
THIBAUT
C'est dit, M. Sirven, nous allons rentrer à la mai-on. Je te laisse, f'mmc. ( Plus bas.) i>a convtrs.it ou va être sensible, peul-êtie, et ce n'est p.js mon fort que la sensibilité. Allons, allons, vous autres... Bailli, ou- Yr{z la marche.
Mad. LAS ALLE.
Mes amis, cVst chez moi qu'il faut vous rendre; c'est là qu'on doit signer le contrat des deux époux; et , d'après mes ordres, on y a préparé un banquet auquel, j'espère, vous ferez honneur.
SIRVEN
Madame, tant de bonte's....
THIBAUT
Allons, il n'y a pas à barguigner; quand notre maîtresse a rlitquelqiie chose, il faut que ça se fasse; ainsi laissons-là notre souper, et allons non* distinguer à celui de madame Lasalle. {Aux garçons de la fe/me) JNe voua laissez manquer de rien, vous autres, puisque vous resUz pour garder la maison.
VOLTAIRE, à Lasallcx
Je vous rejoins dans un moment.
THIBAUT
Thérèse, ne j'ois pas trop long-tio'ps. Suivez-moi, vous autres, et
>î30rbleu! soyons ici comme à Paris, où l'on dit que, quand nn homme se ma-
\''t^ fous SCS amis sont aussi heureux que lui. Allons, alluns, vive la joie,
^ravtrsent le poni, el entrent en dansant chez M. Lasalle; celupoi
s'éloigne avec eux. Le jour commence à laisser.