‹ La famille Sirven; ou, Voltaire à Castres. Mélodrame en trois actesChapitre 47 sur 50 · VOLTAIRE, PAULINE · texte numérisé non relu

VOLTAIRE, PAULINE

VOLTAIRE, au fond, et regardant Pauline.

Quelquefois c'est une crise de la na<nre qui nous jette dans cette silUâtioQ douloureuse; une circonstance aussi forte peut nous en tirer. Essayons; Pauline...

Elle tressaille en entendant son nom , prend la main que lui tend Voltaire pour l'aider à se relever , et reste quelque temps immobile , et comme plongée dans une profonde rêverie.

VOLTAIRE continuant.

Pauline, lès peines que lu as éprouvées se retracent-elles mainlenanl à ton souvenir ?

PAULINE

Oui, oui.^. je me rappelle... j'ai bien souffert !... et à présent 9Dcore,ma tête... comme elle est brûlante!... tiens.

VOLT Ai RE.

Et ton père!,., crois-tu donc qu'il ne souffre pas autant que toi? ( Pau- Une le regarde -, et se tait. Voltaire continue en appuyant sur chaque mot.) En ce momest, Pauline ^Sirven est bieu malheureux !

PAULINE , comme cherchant à fixer ses idées.

Sirven.... malhmreux.... Oui; des mcchans!.... Mais qui donc ose 1* persécuter encore ?

voT TAIRE, at>ec force.

Qui?... C'est sa fille!

riULiNE, rt^'ec surprise.

SaHllel...

Oui, c'csl Pau'ino, celte Pauline qu'il clicrissait avec tant de tendresse, 311 bouluMr ''e l.iqi.ollc il .iv.iil tout sacriûc!... c'est elle qui \f réduit au destvsj.oiri «he pouvait adoucir ses chagrins en les confiait a son père, elle lie l'a pas voulu... trop faible pour résister seule pi;x lourments qui derliirai» lit î^on cœur, elle a o-^e concevoir, exe'cuter n êiu- , le plus liorri.)le projet! !e cioiiais-iu ? . eitie ingrate Pauline, s:; ii pitié pour son lespicl.ilile père, a tenté de se dos n. r la mort.

PAULINE

Que dit-il ?

VOLTATRE, avec chaleur.

Ah! m.dheur aux ei.ffutj irgraîs ! un iJicu j -ste doit faire retomber sur Ituis lêles tous les maux, qu'ils causent à kur père !

pax;li>e.

Épargne- moi I

T)éjà cet arrêt 'errib'e est accompii I... on a sau les jours de Pauline; mais , poursuivie par la vei'ge.inre céleste, privée ''■ sa raison, plongée dans un délire affreux, elle vient de se réunir aux ennemis de Sirvcn; elle vient d'accuser son père !

PAULINE, avec terreur.

Accuser son pcreî...

Frémis des suites d'un égnr( kk ; si déplorable ! les aveux de Paulin» jont parvenus jusqu'aux magistiaîs, et Sirveu arrêté...

PAULINE

Arièîéî...

Chargé d'indignei? fers, a été plongé dans un cacliot, d'où il nVsî soitî que pour monter eu ce moment à réchafaud où sa télé va tomber î

PAULINE, toujours plus effrayée.

Sa tête I

Viens, je veux que tu le voyes marcher au supplice ! . . . Déjà les bourreaux l'attendent... d'impitoyables soldats l'enlr.îi i nî , et !•' ufaive est près de le fraj)per I... Viens, tu verras des larmes d^us tous les ynix, tu entendras ses ennemis mêmes, plaindre sa d'-Aiitiée j cl ini c voix confuses s'écrieront auiour de toi : C'est Pauline qui uoiiue une mort infamante au maihcujeux Sirven î

PAULINE, avec lin cri iIcc .1,'ant.

Pauline !... Sirven !... .'Ui I qu'ai-jc fiil?

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