ADOLPHE, PAULINE
Elle tient une corhedle ; elle entre d'un pas lent; ses regards sont Jixés sur ce quelle porte. Après avoir cherché autour d'elle , ne voyant personne j elle pousse un soupir, et vient s'asseoir près de la maison.
Je croyais trouver ici Tlic'rèse.
ADOLPHE, à part.
Elle clierche sa sœur.
PAULINE
Je lui apportais sa corbeille de maria;4e! de mariaf!;e ! Voilà
donc tous ses vœux couibk'sl Mon Dieu, je te remercie ! ma bonne sœur du moins ne sera pas à plaindre!., b- bouhiur le plus pur deviendra le prix de ses vertus... moi seu'e !... ah I mon sort est fixé , je ne ^erai jamais lieurcuse !
ADOLPHE, à part.
Jamais !.. Ah! s'il dépendait de moi !
PAULI>E
Tout le monde va se livier à la joie !.. Thérèse, objet de tons 'es soins , de tous les regards, va se présenter à sa nouvelle fimille, parée de ce bouquet, image fidèle de l'innocence de son ame!.. et moi !..
Machinalement elle prend le bouquet^ et rattache.,
ADOLPHE, à part j et robservunl.
Ah ! que n'est-ii pour elle!
PAULINE
Moi!... obligée de renfermer dans mon cœur un amour Taincment combdltu !...
ADOLPHE , à part.
Qu'entends-je !
PAULINE
Il le faut ; mon pcre doit l'ignorer toujours !.. je l'ai promis à ma mère mourante, et je tiendrai mon serment.
ADOLPHE , ce. part. :Elle aime!... ô malheureux Adolphe!
'•.;'?, ■ ■ ' PAULINE
Conservonîdu moinsce tendre .'.ouvenir !... pardonnez-moi; mon père,
mais ne lui devez-vous pas aussi quelque reconnaissance ; il a sauvé votre fille!
ADOLPUE, à part.
Que dit-elle ?
PAULINE
J'aime à me rappeler son action géne'reuse! je crois le voir encore à l'instant où se jetant au-devant des chevaux près de nous pre'cipiter dans les flots , il nous arracha ma mère et moi au plus affreux péril ! ADOLPHE, à part.
A peine je respire !
PAULINE
Égarée, hors de moi, je n'eus pas la force de lui adresser un seul mot de remcrcîment.... mais la reconnaissance grava ses traits dans mon cœur j ils y resteront jusqu'à mou dernier soupir! ADotPHE , à part.
C'est moi!.... c'est moi qu'elle aime !
PAULINE
Il s'éloigna.... et depuis ce moment je ne l'ai plus revu..t. quelquefois cependant j'ai cru reconnaître ses traits,... ce Julien surtout.... Julien!... Vaine illusion !... ce n'est pas lui.... il m'a sans doute oubliée!... Ah î qn'il soit heureux, et que je sois seule à plaindre! nous ne pourrions jamais être l'un à l'autre! jamais mon père n'eût béni notre union.... jamais sa main n'eût placé sur mon front la couronne, symbole d'amour et d'innocence.
Adolphe s^est approche doucement ; il a pris la couronne ^ et la pose sur la tête de Pauline.
PAULINE, at'ec surprise.
Grand Dieu ! que faites-vous ?
ADOLPHE, à ses genoux.
Chère Pauline ! bientôt l'amour va vous l'offrir.
PAULINE, troublée.
Julien !...
On entend des éclats de rire. Thérèse entre vivement.
PAULINE
C'est ma sœur !