‹ La famille Sirven; ou, Voltaire à Castres. Mélodrame en trois actesChapitre 9 sur 50 · SCENE VîL · texte numérisé non relu

SCENE VîL

Les Mêmes, M. de BRÉMONT, GERMAIN, plusieurs garçons de

ferme.

BRÉMONT , repoussant les garçons qui veulent î empêcher (Centrer.

Laissez-moi, vous dis-je, ou la justice me fera raison !... Ah ! je vous retrouve enfin , Monsieur !

Mon oncle!...

BREMONT

C'est ainsi que vous abusez de ma confiance ! quand je vous crois à Toulouse , vous vous cachez en ces lieux ! sous ces habits misérables !

ADOLPHE

Mon oncle , d'honnêtes gens en sont revêtus.

BREMONT

Espérez-vous que j'approuve jamais ?...

PAULINE , à pari.

O mon Dieu ! si mon père I...

BREMONT

Mon neveu soupirer aux pieds d'une petite villageoise !

PAULINE

S'il a cru son choix honorable , Monsieur, il l'est encorci mais, je vous le jure, j'ignorais...

ADOLPHE

Eli! mon oncle, où trouverais-je jamais tant de grâces et de vertus.? Si vous la connaissiez...

BREMONT

Tout devait vous engager à fuir l'objet de cette passion insensée! Sui- Vcz-moi, Adolphe.

ADOLPHE

Quoi ! déjà. , . e'coulez-moi d'abord , Monsieur.. .

Je ne veux rien entendre j suivez-moi.

ADOLPHE

Consentez à voir le père de Pauline; c'est le plus respectable des hommes ! il ne m'a reçu chez lui que parce qu'il ignore ma naissance.

ere'mont.

Mensonge!

ADOLPHE

II a vu mon amour , il l'approuve j il croyait m'honorer eu me donnant sa fille.

BREMONT

Vous honorer ! un fils unique , le plus riche hc'ritier du Languedoc.

PAULINE

Votre neveu se trompe. Mon père croyait faire une bonne action en prote'geant un pauvre garçon de ferme; il sait que la fc^lune seule n'honore jamais, et que souvent elle de'shonore, Monsieur.

BREMONT

Oh! sans doute: c'est avec ces belles paroles... Adolphe, c'est trop me résister , venez avec moi !

ADOLPHE

Non , non !

BREMONT

Tremblez ! je vous fais enlever de vive force.

PAULINE

Obéissez, Julien.

Vous pouvez beaucoup contre moi, Monsieur ; il dépend de vous de m'ôler votre amitié , de me priver de votre fortune , de me ravir ma liberté; mais me faire trahir mes serments, me faire renoncer à celle que j'adore, jamais!

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