UNE PAROLE DE SIR E.-P. TACHE
La deuxième session du deuxième parlement, sous l'Union, fut ouverte à Montréal par lord Cathcart, le 20 mars 1846.
C'est à cette session que le gouvernement proposa une loi de milice qui passa sans opposition, les deux côtés de la Chambre étant unanimes à vouloir mettre la milice sur un pied efficace. Sir Etienne- Paschal
Taché fit à cette occasion un discours rempli de patriotisme. Après avoir rappelé les exploits de ses compatriotes en 1812, il assura la Chambre qu'ils étaient prêts à tenir une conduite aussi héroïque lorsque l'occasion s'en présenterait.
" Ce que nos pères ont fait, disait-il, ce que nous avons fait nous-mêmes pour la défense de cette colonie nos enfants seraient encore prêts aie faire, si l'on voulait rendre justice au pays. Notre loyauté à nous n'est pas une lo3^auté de spéculation, de louis, schellings et deniers, nous l'avons pas constamment sur les lèvres,
nous n'en faisons pas un trafic. Nous sommes dans nos habitudes, par nos lois, par notre religion, comme Ta très bien remarqué mon honorable ami de la cité de Québec, monarchistes et conservateurs. Tout ce que nous demandons, c'est que justice nous soit faite; et vsi un ennemi se présente, vous verrez nos légers et jo3'eux bataillons voler à sa rencontre comme à un jour de fête et présenter hardiment leurs poitrines au fer de l'assaillant. Mais, diront nos détracteurs, vous êtes des mécontents ; un député qui n'est pas à sa place nous disait, il y a quelques jours, vous êtes intraitables ; vous êtes des rebelles, nous diront les ultra\ nous possédons seuls la loyauté par excellence ! Mille et mille pardons, messieurs, traitez-nous comme les enfants d'une même mère et non comme des bâtards ; un peu plus de justice égale, non dans les mots mais dans les actes ; je réponds que si jamais ce pays cesse un jour d'être britannique, le dernier coup de ca?ion tiré pour le niaintieii de la puissance anglaise en Amérique le sera par un bras ca7iadien . . . . "