PRÉFACE. IX
AVAirp LA Renaissance^ dans lequel se trouve Pathelin^ avec l'escorte de notice et de notes dont il a besoin quand du théâtre il passe dans l'kk" toirêf et avec P accompagnement d^au^es farces du mima tempsy mais nûn du même mériiey qui, par la comparaison, ne feront que mieux ressortir sa supériorité.
. Cette supériorité, qui en fit la fortune il y a quatre siècles, vie/H encore d'em faire le succès,
H est, nous le répétons, ineontestaUe, et il nous cause le plus vif plaisir ^ ao/i parce que nous y sommes pour quelque chosCy mais parce que le publie, en applaudissant, a bien voulu consacrer la véritable conquête dorU cette' n restitution » dote le théâtre français.
Les lettrés, qui doivent tous connaître et com^ prendre la pièce mime, rien feront peut-être pas grand cas; mais,. pour les spectateurs ordintûres, elk aura certainement sonpvix.
Jusqu^ici, ils pouvaient penser que la farce de Maître Pathelin était une cpmédie du XVIIP siè^ cU,. due tout entière, à Brueys, qui la mit en prose sans l'avoir beaucoup comprise , et rajeunie, il y- a quinze ans à peu près,, en opéra-<omique.
Aujourd'hui ils sauront que la comédie et Vo* pka-^camique viennent l'un et Paulre de la vieille
X PRBFACE,
i^çty et que cellè*ci a quatre vittts ans âfAge, ^m*à^dïre deux siècles de plus que Cûrneille et Molière.
Ces deux siècles sont la conquête dont nous parlions. Notre théMre devient ainsi l'aîné, ^ancêtre de tous les théâtres européens, et non pas un aine, un ancêtre barbare, mais un ifiritoMe Français déjà.
Nous n'avons rien négligé pour le faire com^ prendre, et ce qu'il nous a fallu de peine ne peut se calculer; mais nous sommes récompensé au delà de nos vœux : on a CMhpris, la conquête est faite; l'esprit français, ^ui s'est reconnu, est remonté d'un bond à deux siècles plus loin que Molière.
Au lieu de dater son théâtre du temps de Louis XUI, il le datera du règne de Louis Xi, peut-être même de celui de Charles VII.
Pour nous, en effet, la vraie date du Pathelin doit être là, tout près de P invasion anglaise, comme son réveil^ hélas! tout près de l'invasion allemande.
Nous rentrons avec lui en pleine possession des origines de notre esprit.
Ne nous en éloignons plus, 'soyons définitivement nous-mêmes.
Un pays qui laisse envahir son génie par les
(»0(N,s de Pesprit des autres, et son originalité par l'in^athn des Uuératares étrangères^ se prépare inévitablement à l'autre invasion.
Nous ne resterons pas sur cette idée sinistre, nom reviendrons. pour finir m succès de Pathelin ressus(kéé ■ . ■ •.••.. ;• ■•.•
H ie doit, ce succès, à luhfmtme, et à la façon dont la Comédie-Française Fa fait revivre, avec Cadmkabh Hiiu en seine de. M^ Perrin, la verve étonnante dé M^^ JoûassaishGuiikmeneyPadO'' rable bonhomie de Barr^-Guilkome, Part madré d^JSrnest Ca4iuelin-Aigne\^t,,FiHcomparable ahu^ rissement Je KimeAe iuge,,et le talent de Cot, monté pour le rôle de P^tfaelin jusque au, suprême du génie comique, en ses nuances, d^esprit, de verve, de gaieté et de fantaisie les plus diverses.