SCÈNE I
Taisez-vous. Par ma conscience!
Si je puis mon savoir prouver, Je saurai Bien comment trouver Robes, chaperons. Qu'à Dieu plaise!
Nous aurons bonheur-et grande aise.
Qu'il veuille, nous échapperons A pauvreté; ses soins sont prompts, Nous serons remis, quoi qu*il faille.
Car en peu d'heure Dieu travaille.
S'il lui plait que je pousse avant Ma pratique, aucun plus savant Ne sera vu.
GUILLEMETTE
Pour tromperie...
Non, pour droite avocasserie.
GUILLEMETTE
Pour tromperie, ai-je dit. Tel
Vous êtes de sens naturel
Plus que pas un dans la paroisse.
Il n'y a nul qui se cognoisse Si hault en avocaîion.
Guillemette.
M'aisîDieu, mais en trompacion.
Au moins, en avez-vous le los.
Pathelin.
5/ ont ceulx qui de camelot Sont vestuz, et de camocas.
Qui dient qu'ilz sont avocas, Mais pourtant ne le sont-ilz mie.
Laissons en paix cest baverie ; Je m'en vueil aller à la foire,
Guillemette.
A lafoireh..
Pathelin.
Par saint Jehan! voire A la foire, gentil marchande.
Vous desplaist'il, se je marchande Du drap, ou quelque autre suffrage Qui soit bon à nostre mesnagef Nous n'avons robe qui rien vaille.