VIII PRÉFACE
d’abord cru, sur sa parole, à leur existence. Il est possible cependant que l’auteur anonyme de la farce de PATHELIN. ait emprunté au roman de la Rose, que tout le monde savait par cœur au XVI siècle, quelque locution proverbiale, ou même quelque vers devenu proverbe.
En outre, il ne faut pas oublier un rapprochement curieux, qui peut avoir été la cause d’une erreur littéraire accréditée par l'ignorance et par le temps. Il y a une sorte de poëme philosophique intitulé Le TESTAMENT DE JEHAN DE MEUNG; il y a une petite farce, qu’on doit considérer comme la suite de la grande farce de PATHELIN, et qui est intitulée Le TESTAMENT DE PATHELIN. De là, entre ces deux ouvrages si différents l’un de l’autre, une confusion de titre et d’auteur qu’il n’est pas difficile d'expliquer.
Quant à François Villon, le système qui lui attribue la farce de PATHELIN aurait du moins quelque vraisemblance, car cette farce fut composée et jouée à l’époque même où Villon rimait aussi pour le théâtre son monologue du Franc- Archer, lequel, au point de vue du style et des idées, offre plus d’un point de comparaison avec cette farce que Villon a connue certainement et dont il se souvient dans plus d’un endroit de ses poésies. Mais c’est surtout le TESTAMENT DE PA- THELIN qui présente des analogies frappantes avec