PRÉFACE. XI
farce qu’on lui attribue; de plus, il était poëte, il composait des rondeaux, des satires et des farces. Ce n’était point assez pour le faire subsister. À l’âge de quarante ans, il quitta brusquement le Palais et il embrassa lPétat ecclésiastique. On peut croire qu’il obtint un canonicat ou quelque bénéfice, dont les revenus lui permirent de vivre tranquille, pendant vingt ans encore, sans cesser toutefois de rimer; mais les huitains, les noëls et les dictés ou dits avaient succédé aux farces et aux satires. |
Dans une lettre en vers que Pierre Gervaise, assesseur de l’official de Poitiers, adresse à Jean Bouchet, poëte et procureur dans la même ville (voy. les ÉPITRES FAMILIÈRES de J. Bouchet, fol. 22), la Rhétorique, personnifiée en muse, apparaît à l’auteur de la lettre et lui parle en ces termes :
Regarde aussi maistre Pierre Blanchet,
Qui sceut tant bien jouer de mon huchet { porte-voix}, Et composer satyres proterveuses,
Farces aussi, qui n’estoient ennuyeuses.
L'auteur de ces farces était mort à Poitiers en 1919, et son ami, son compagnon de la Bazoche, Jean Bouchet, avait composé en son honneur une épitaphe rimée qui vaut toute une biographie. En voici les premiers vers :