‹ La farce de Patelin et ses imitationsChapitre 21 sur 81 · Elsa : Scio, qui in oppido tenax mercator est · texte numérisé non relu

Elsa : Scio, qui in oppido tenax mercator est

[A. I, se. i].

femme est économe et qu'avec son économie elle fait beaucoup plus que moi avec mon travail. Cependant il ne faut tout de même pas que je néglige de compter, dans mon gain de Vannée, mes ribotes quotidiennes, le jeu, voire quelques fredaines amoureuses, enfin le bain. Voilà mon revenu. Et si, comme c'est le commun proverbe, V avare demande un prodigue, moi, je suis ce dernier; quant à l'autre, il faudra bien que ce soit ma femme * /

Le Drappier : Or n'est-il si fort entendeur

Qui ne treuve plus fort vendeur :

Ce trompeur -là [Patelin] est bien

\becjaune.

Quand, pour vingt et quatre sp[u\l:^

[Vaulne, A prins drap qui n'en vaut pas vingt t

A part ce trait, le caractère du paysan est nouveau; mais il n'offre en revanche que peu d'intérêt- Le plus souvent, il ne sert qu'à mettre Dromo en relief. Henno est un paysan naïf qui, par l'aveu du

1. Henno : Huic [Elsœ] autem heri octo sum furatus aureos Latenter ex loculo (loco viœ credito) :

Adeo mea uxor parca parcimonia Plus multo agit quam. ego laboribus : tamen Et hoc quidem non nihil in annuis lucris Venit recensendum : quod in dies bibo, LudOy sed et scortùr aliquando, et balneor.

Id me beat : tritum quod est proverbium^ Tenax requirit prodigum, ille ego ipse sum.

Et illa rursum hœc ipsa sit necesse erit.

[A. I, se. i].

yo\ commis au préjudice de sa femme, s*est mis totalement dans la main de son valet. Il ne peut pas même, comme Danista, le citer en justice pour sa fourberie, et, à la tin, avouant en quelque sorte la supériorité de ses hautes capacités intellectuelles, c'est uniquement pour s'ouvrir un jour sur ses manœuvres rusées, qu'il lui donne sa fille en mariage.

Un type créé de toutes pièces par Reuchlin, c'est l'astrologue Alcabicius. Remarquons la manière dont il laisse ce devin donner à Eisa des indications assez vagues pour que Gréta les juge applicables à une foule de gens :

Greta : ... On trouve beaucoup d'hommes de cette sorte : moi, je n'ai pu en distinguer aucun *.

Par là, le poète assène un bon coup à l'astrologie, qu'il avait attaquée déjà dans son ouvrage sur la Cabale, paru en 1494. « Il se moque d'elle, avec ses « promesses trompeuses, avec ses signes vides de « sens, avec sa prétention d'appliquer des forces « surnaturelles aux choses terrestres. Il ne manque « pas d'astrologues, dit-il ; chacun d'eux croit en- « seigner la vérité, et pourtant ils s'écartent joli- « ment les uns des autres^ ! »

Nous venons d'analyser séparément les deux co-

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