‹ La farce de Patelin et ses imitationsChapitre 41 sur 81 · Cf. le début du Roland (édition Léon Gautier · texte numérisé non relu

Cf. le début du Roland (édition Léon Gautier

Caries li Reis, nostre eniperere magnes.

Set anz tuz pleins ad estet en Espaigne.

[Note du Traducteur].

2. Cf. Farce du Pont aux Asnes (dans Ed. Fournier, Le Théâtre français avant la Renaissance, p. 152 a et 153 6) ;

Le Mary : Elle est plus tristresse que Ganes. La Femme : Au meurdre sur ce trahistre Ganes!

[Note du Traducteur].

qu'une scène ait pu être écrite et goûtée, dans laquelle les usages religieux sont ainsi livrés au ridicule, où un prêtre à Téglise, dans le costume de son ministère, jette à la face d'un marchand les plus grossières injures et en essuie autant à son tour. Sans doute, cette scène a pour modèle la scène du tribunal dans l'ancienne pièce; mais, quoique celle-ci le cède peu à celle-là pour le ton qui y domine, cependant le caractère local y est tel, qu'il na laisse place à aucune interprétation malsaine.

Après ces remarques, il n'est plus étonnant que Oénin, qui s'occupa de l'ancienne farce pendant toute sa vie, et qui, plus qu'aucun autre sans doute, s'est abandonné à l'influence de ses charmes, formule cette déclaration (page 71) : « Je ne parle- « rai guère que pour mémoire de deux imitations « de la farce de Patelin en français, toutes deux, à « mon avis, postérieures de beaucoup à l'original « et plus inférieures encore en mérite. » Toutefois, ce jugement, ainsi que nos propres considérations, n'est porté qu'en se plaçant au point de vue de l'ancienne farce. Si l'on s'en détourne, on ne pourra s'empêcher de voir que, malgré tous ses défauts, le nouveau Patelin, justement en raison du rang si élevé de Vancien au-dessus de toutes les productions semblables de la poésie du même temps, occupe une place éminente parmi les œuvres littéraires de cette époque.

Maintenant, jetons aussi un rapide coup d'œil sur la seconde imitation que mentionne Génin, de la Farce de Patelin.

. II. — Le Testament de Patelin.

Patelin est devenu vieux, et sa santé est ébranlée ; mais, malgré tout, il veut se rendre à la salle d'audience. Chemin faisant, il est pris d'une faiblesse telle, qu*il est forcé de revenir. Il prie Guillemette d'aller chercher l'apothicaire et le curé. Quand ils paraissent, le malade, comme déjà à l'agonie, se met à débiter, à tort et à travers, toutes sortes de balivernes comiques. L'apothicaire reconnaît aussitôt l'inefficacité de ses remèdes. Le curé,, messire Jehan, exhorte le moribond à se confesser. Dans cette intention. Patelin recueille encore une fois ses forces et dicte alors, toujours prêt à plaisanter, un testament humoristique à la manière de Villon. Il manifeste encore sa volonté au sujet du lieu de sa sépulture, prononce son épitaphe et meurt.

La petite pièce n'a aucune intrigue, pas la plu& légère donnée dramatique. C'est une sorte d'épilogue moral aux deux grandes farces *. Le besoin existait de couronner par un coup d'éclat la vie de (( Maistre Pierre, » si plein A^humotar efc généralement aimé : c'est à un besoin analogue que répond le poète anglais^, quand il fait mourir de sa belle

1. En traduisant ces deux phrases, nous retrouvons les expressions mêmes du bibliophile [Préface, p. 178). — [Note du Traducteur.]

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