Mak : Good wy/f, open the hek
Seys thou not what I hring f
UxoR : I may ihole tke dnray the snek.
A com in, my swetyng.
Mak : Do way :
I am worthy my mete
For in a strate can I gett
More then they that swynke and swette
AU the long day, Thus it felle to my lott, Gylle
I had rioh grâce.
I hâve skapyd, I clott, oft as hard a glase
This twelmothe wasinot so fayn ofoone shepe m>ete,
Les deux femmes, Guillemette comme Gyll, s'inquiètent en pensant à la possibilité du châtiment ; mais elles sont toutes les deux doucement tranquillisées.
La Femme : Ce serait grand'honteqicecCêtre pe^idu pour cette affaire. Mais tant va la cruche à l'eau, comme on dit, qu'elle finit par revenir cassée à la maison.
Mak : Je sais bien ce que cela signifie, mais il n'en faut jamais souffler mot. Dépêche-toi plutôt de venir me donner un coup de main.,,
La Femme : Si l'on venait avant que le mouton 'ne fût abattu, et qu*on l'entendit héler?
Mak : Alors je pourrais être pincé : j'en aurais une su£ur froide. Va, femne la grand'porte,
La Femme : Oui, Mak, avant qu'on n'arrive sur ton dos.
Mak : Maintenant, je tiendrais tête à toute la bande, au diable de la guerre [même ?] *.
1. UxOR : It were a fowle hlott to be hanged for the^ case Bot so long goys the pott to the water, men says
At last Comys it home broken.
Mak : Welle knowe I the token^ Bot let it never be spoken ; Bot com and help fast.
UxoR : Com thay or he be slayn, and hère the shepe hele t
Mak : Then myght I be tane : that were a cold swette
Go spar The gayt doore.
GuiLLEMETTE : SaiHcte dame !
Hélas! hélas ! qui le payera ?
Patelin : Demandez-vous qui ce sera?
Par sainct Jehan ! il est ja payé.
GuiLLEMETTE : Et quaud le terme passera.
On viendra, on vous gaigera; Quancque avons, nous sera osté !
Que justice vous en repreigne.
Je me douUe qu'il ne vous preigne
Pis la moitié qu'à Vautre fois I
Patelin : Or, paix l je sçay hien que je fais. Il fault faire avisi que je dy.
GuiLLEMETTE i Souviengne vous du samedy.
Pour Dieu, qu'on vous pilloria :
Vous savez que chascun cria Sur vous pour vostre tromperie.
Patelin : Or laissez ceste daverie.
Elles finissent même par prêter assistance pour s'assurer la possession du bien mal acquis, et elles
UxoR : Yis, Mak,
For and thay com at thy bak.
Mak : Then myght I by far aile the pak The dewille of the war,
discutent minutieusement la marche à suivre pour dérouter leurs dupes et s'en débarrasser.
La Femme : Tai imaginé un bon expédient, puisque tu 7i'eti trouves pas. Nous le cacherons ici [le mouton] jusqu'à ce qu'ils [les bei^ers] soient par^ tîs. n restera dans mon berceau. Laisse-mm seule, et je me coucherai à côté en gé^nissant comme une femme dans les douleurs.
Mak : Prends tes dispositions ; et je dirai que tu es accouchée d'un garçon cette nuit...
La Femme : Tu chantei^as une berceuse ; car moi, il faut que je me plaigyie et que je crie contre le mur en invoquant Marie et Jean * dans ma douleur^ Continue à chanter ta berceuse sa^is te lasser, qiuind, à la fiyi, tu les entendrai *.
1. L'invocation à «< saincte Marie » ou à « sainct Jehan » est fréquente dans Patelin.
[Note du Traducteur].