‹ La farce politiqueChapitre 24 sur 58 · LE VIEUX SERGENT · texte numérisé non relu

LE VIEUX SERGENT

... Mais qu'entend-il? le tambour qui résonne?

Il voit au loin passer un bataillon.

Le sang remonte à son front qui grisonne :

Le vieux coursier a senti l'aiguillon.

Hélas! soudain, tristement il s'écrie :

« C'est un drapeau que je ne connais pas,

« Ahl si jamais vous vengez la patrie,

« Dieu, mes enfants, vous donne un beau trépas! »

« Qui nous rendra, dit cet homme héroïque,

'( Aux bords du Rhin, à Jemmapes, à Fleurus,

« Ces paysans, fils de la République,

(c Sur la frontière à sa voix accourus?

« De quel éclat brillaient dans la bataille,

a Ces habits bleus par la victoire usés!

« La liberté mêlait à la mitraille,

fc Des fers rompus et des sceptres brisés.

« Les nations, reines par nos conquêtes,

« Ceignaient de fleurs le front de nos soldats,

'( Heureux celui qui mourut dans ces fêtes!

« Dieu, mes enfants, vous donne un beau trépas! »

Si ]di petite bête n'est pas morte, les refrains du vieux Béranger, feront encore battre les cœurs au théâtre de Nantes — et ailleurs.

La Restauration se chante sur un autre air :

Bénis soient la Vierge et les saints : On rétablit les capucins !

La faim désole nos provinces ; Mais la piété l'en bannit.

Chaque fête, grâce à nos princes, On peut vivre de pain bénit. Bénis soient la Vierge et les saints : On rétablit les capucins !

Fais-toi dévote aussi, Fanchette; Vas, il n'est pas de sot métier.

Mais qu'avec nous deux, en cachette, Le diable crache au bénitier.

Bénis soient la Vierge et les saints : On rétablit les capucins !

Un choix des chansons de Béranger, chantée chaque soir sur un théâtre, ferait plus de bien au pays que tous les ordres du jour de la place de Nantes.

Il y a d'abord :

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