LES DIX MILLE FRANCS
Dix mille francs, dix mille francs d'amende I Dieu! quel loyer pour neuf mois de prison! Le pain est cher et la misère est grande. Et pour longtemps je dîne à la maison. Cher président, n'en peut-on rien rabattre ? « Non, non! jeûnez, et vous et vos parents. « Pour fait d'outrage aux enfants d'Henri IV, '< De par le roi, payez dix mille francs ! )/
Je paierai donc; mais que va-t-on bien faire De cet argent que si bien j'emploierais? D'un substitut sera-t-il le salaire?
D'un conseiller paiera-t-il les arrêts?
Chantez, messieurs, faites pondre la poule ; Envahissez croix, titres, bieus et rangs. Dùt-on eucor briser la sainte ampoule.
Pour les flatteurs comptons dix mille francs.
Franchement, cela ne vaut-il pas mieux que :
Le général commandant la place porte à la conuaissauce des
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troupe? de la garni?ou l'arrêté suivant, pris par AI. le général commandant supérieur des subdivisions de la Loire-Iuférieure ot de la Vendée, à l'occasion d'une manifestation démagogique daus laquelle se sont trouvés compromis des figurants appartenant à l'armée :
1" Jusqu'à nouvel ordre, lo théâtre de la Renaissance est consigné aux militaires de tout grade ;
2» L'officier de service fera sortir de la salle 1»\< militaires qui s'y trouveraient, après avoir pris leurs noms;
:i" Il ne sera plus accordé de figurants militaires au directeur de ce théâtre, s'il n'a soumis préalablement à l'examen du commandant de la place le manuscrit de la pièce à représenter dans laquelle doivent figurer les militaires.
Nantes, le 17 janvier 1S78.
Pour le général commandant la place,
Le Ueutenant-colonel major de la garnison, Signé : Hervé.
Ici, je m'insurge à mon tour.
Le jour où la Marseillaise n'est pas défeudue, cette romance n'a rien de subversif.
C'est en refoulant les instincts naturels aux masses, en réprimant comme un délit l'amour de la liberté, qu'on arrive à engourdir une nation; et, le jour où Ton a besoin de marcher, on trouve des mobiles qui ne veulent pas être mobilisés, des paysans qui cassent leurs fusils; — on perd des provinces et on paye des indemnités.
La France a besoin de fer et d'alcool, son sang s'est appauvri, ei cependant elle ne peut plus essuyer de défaites.
Vaincus une fois de plus, tout serait dit :
Si la patrie est de nouveau en danger, quand no>
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officiers anti-républicains demanderont des soldats, faudra-t-il leur répondre :
-. Ils sont là-bas qui dorment sous la neige, Et le tambour ne les réveilJ'ra pas !... »