EPILOGUE DE LA FEMME DE CLAUDE
M. de Girard in a commis dernièrement une grosse erreur en essayant de démontrer à Alexandre Dumas i{ue Claude use d"an droit excessif.
Certes! Nul n"a le droit de tuer ; le meurtre est toujours un crime ; mais si l'on ne tue pas, que fautil faire ? Laisser au monstre l'impunité ? f. a conscience humaine se révolte à cette idée. Puisque M. de Girardin a eu recours au dialogue, il me permettra d employer la même forme , toute indiquée d'ailleurs, puisque nous sommes sur la scène.
Salle d<» la Coup d'Assises
SCÈNE P' LE PRÉSIDENT, à Claude lîippev Vous êtes un homme trop inslruitpour igi.oier que
202 l'esprit du boulevard
le maximum delà peine d'emprisonnement prononcé contre la femme adultère est de deux ans, et qu'en supposant même les circonstances les plus aggravantes, le vol n'est, en aucun cas, puni de mort. Or, non seulement vous vous êtes substitué à laloi, ce que vous n'aviez pas le droit de faire, mais vous en ave/, aggravé la sévérité. Où la loi épargnait le sang du coupable, vous ne l'avez pas épargné ; où elle ne lo versait pas, vous l'avez versé, vous érigeant en bourreau. Qu'alléguez-vous pour votre défense ? l'accusé Je le reconnais : je n'ai pas consulté la loi : je n'ai consulté que ma conscience.