Voy. P. Janet, Essai sur la Dialectique de Platon
phiques de Cicéron , notamment dans les QuœsHones Academicœ , les QuœsHones Tusculanœ, le De finibus bonorum et malorum , etc. Aristotélès lui-même descendit à cette forme dans les développements exotériques , qu'il adressa aux gens du monde , bien qu'il se servît de la forme directe , discursive ou akroamatique dans l'Enseignement ésotérique, qu'il adressait à ses disciples, plus avancés dans la Science.
La forme dialoguée, parce qu'elle était plus populaire et plus appropriée à l'Enseignement élémentaire , donna naissance à la Méthode catéchétique , qui, dès le troisième siècle de notre ère, fut adoptée, par l'Eglise, pour l'Enseignement religieux. Plus tard, au Moyen âge , la forme dialoguée catéchétique fut encore employée dans toutes sortes d'ouvrages scientifiques, se rapportant au Trivium (Grammaire, Dialectique etRhétorique) et au Quadrivium (Musique, Arithmétique, Géométrie et Astronomie). La méthode catéchétique prit, dans ces ouvrages , selon la capacité et l'avancement de l'élève , soit la forme répétitoire , quand l'élève ne faisait que répéter verbalement les paroles du Maître, comme, par exemple , dans le Credo et dans \a Renonciation^, soit la forme examinatoire, quand le Maître interrogeait l'élève pour savoir, s'il avait retenu les matières de l'Enseignement , soit , enfin , la forme catéchétique proprement dite ou la (orme socratique , quand, discutant avec le disciple, le Maître l'amenait à trouver , par lui-même , les vérités qu'il fallait apprendre.
Snorri voyait la forme dialoguée (dont nous venons d'indiquer , ici, l'origine, la raison d'être et les caractères essentiels), usitée de son temps, non-seulement dans l'Enseignement oral, mais encore dans les ouvrages didactiques et même dans les ouvrages de poésie. Il la voyait adoptée également dans les quelques poèmes de VEdda qu'il connaissait (voy. p. 42), tels que les Dits de Grimnir, les Dits de Vafthrûdnir, le Voyage de Skirnir. Il jugea donc aussi convenable de l'adopter, à son tour, dans son ouvrage scientifique sur la Mythologie norraine. C'est pourquoi , au lieu d'exposer cette Mythologie sous forme narrative ou directe , comme l'a fait, par exemple, pour la Mythologie grecque , Apollodôros , fils d'Asklèpiadès , dans son ouvrage intitulé Sur les dieux et appelé aujourd'hui sa Biblio-
1. Exemple. Dem. : Crois-tu en Dieu, le Père tout -puissant? Rép. : Je crois en Dieu, le Père tout-puissant. — Dem. : Renonces-tu au diable? Rép. : Je renonce au diable , etc.