‹ La fascination de GulfiChapitre 40 sur 103 · LE TITRE DE FASCINATION DE GULFI. Í · texte numérisé non relu

LE TITRE DE FASCINATION DE GULFI. Í

à laquelle Giilfi avait été en butte dans l'Enclos-des-Ases à Odinsey , mais plutôt la fascination diabolique dans laquelle le tenait le magicien Odinn, surnommé le Sublime (norr. Hdr)^ fascination qui fut cause que Gulfi a ajouté foi aux mensonges abominables de la Mythologie païenne, ou aux mensonges débités par Sublime. Aussi a-t-on cru devoir encore donner à ces mythes le titre de Mensonge de Sublime.

Si l'on appelle Fables des récils inventés exprès dans un but didactique ou littéraire, les Mythes, qui expriment des Intuitions et des Conceptions qu'on croyait vraies., ne sauraient être appelées des fables (bien qu'on leur ait donné faussement ce nom) ; ils sont plutôt des Intuitions et des Conceptions plus ou moins erronées, ou des Erreurs qu'on supposait être des vérités. La Fable, autrement appelée V Apologue, diffère de la Parabole ou Similitude, en ce que laParabole est le récit d'un fait imaginé, qui , par saressemblance avec le fait ou la vérité à enseigner, doit d'autant mieux faire ressortir les caractères de ce fait ou de cette vérité. C'est ainsi, par exemple , que Jésus, pour faire ressortir les résultats divers de l'Enseignement , montre la ressemblance qui existe entre l'enseignement et l'ensemencement, et, à cet effet, il raconte la Similitude ou la Parabole du Semeur. L'Apologue, au contraire, ne repose pas sur la conclusion à tirer de la similitude existant entre deux faits , mais sur la morale à tirer, en général, du récit d'un fait particulier. Il ne faut pas croire les flatteurs, voilà la vérité générale à tirer du fait particulier raconté dans l'apologue : Le Renard et le Corbeau. La Parabole diffère encore de l'Apologue en ce que le récit de la Parabole a toute la vraisemblance de la vie réelle, tandis que le récit de l'Apologue est loin de rejeter le merveilleux ou d'exclure le surnaturel et l'impossible.

Les anciens peuples de la branche gète , les Germains et les Scandinaves, distinguaient, au moins quant aux termes, entre les 3/^/te et les Fables. Les Scandinaves employaient encore le nom de Mal (Dit) pour désigner une tradition mythologique en prose, et le nom de Soguliôth (Chant de tradition) pour désigner un Mythe en z;ers. Les Fables , soit Apologues ou Paraboles, étaient désignées, par les Goths, sous les noms de Ga-juko (Gon -jointe, Com- parée, Semblable), qui signifiait Similitude, et de Fris-ahts (Épreuve d'attention) , qui signifiait Enigme et Parabole.

Après l'introduction du Christianisme dans les pays du Nord, la Parabole , dont on trouvait plusieurs exemples parfaits dans le Nou-

veau Testament, absorba presque entièrement l'Apologue proprement dit, de sorte que, dans la langue norraine, le nom de Dœmi-saga (Récit-Exemple) , qui désignait originairement la Parabole ou la Similitude, devint un nom générique, servant à désigner également V Apologue ou la Fable. Or, comme, depuis la Renaissance, les érudits de l'Europe méridionale avaient appelé Fables (lat. Fabulœ) la Mythologie classique , il arriva que , dans le Nord , on désignait aussi la Mythologie Scandinave sous le nom de Dœmi-sögur (Récits-Fables) ; et c'est pourquoi, dès le seizième siècle, on donnait aussi au Traité de La Fascination de Gulfi, ou du Mensonge de Sublime, le titre plus général et plus abstrait de Dœmi-sögur (Récits fabuleux ; Mythes).

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TRADUCTION DU GYLFAGINNTNG. 77

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