‹ La fascination de GulfiChapitre 59 sur 103 · Alors Piétonneur dit · texte numérisé non relu

Alors Piétonneur dit

« Tu prétends que tous les hommes qui sont tombés à la guerre , « depuis le commencement du monde, se trouvent maintenant chez « Odinn , dans la Halle-des-Occis (norr. Valhöll) : qu'a-t-il donc à « leur donner pour leur subsistance ; je pense qu'il doit y avoir là « une bien grande multitude d'hommes. »

Alors Sublime répond :

« Ce que tu dis est vrai ; il y a là une bien grande multitude d'hommes ; « il y en aura encore une bien plus grande, et cependant elle paraîtra « encore trop petite , lorsque le Loup s'avance. Mais jamais la foule « n'est tellement grande, dans la Halle-des-Occis, que le lard du Ver- «rat, nommé Sœhrimnir (Frimas de Mer), ne puisse plus leur suf- « fire. Celui-ci est cuit chaque jour, et, le soir, il redevient entier. « Cette question que tu m'adresses est telle qu'il me semble plus que « probable qu'il n'y ait que peu d'hommes assez érudits pour savoir « dire la vérité là-dessus. — Le Cuisinier est nommé And-hrimnir « (Frimas d'Haleine), et la Marmite, Eld-hrimnir (Frimas de Suie) : « c'est ce qui est dit ici :

««Dans Eldhrimnir, Andhrimnir fait

««Bouillir Sæhrimnir ««Le meilleur lard; cependant Peu le savent

««Avec quoi se nourrissent les Troupiers-Uniques.»» Alors Piétonneur dit :

«Est-ce (\vl Odinn a le même ordinaire que les Troupiers- Uniques « (norr. Ein-heriar) ? »

Sublime répond :

sæhrimnir; les loups et les corbeaux d'odinn. 111

« Le mets qui se trouve sur sa table, il le donne à ses deux Loups, « qui sont nommés Avide (norr. Geri) et Effronté (norr. Frekï) ; lui, il « n'a besoin d'aucun mets ; le vin lui est , à la fois , boisson et nom- «riture; ainsi qu'on l'énonce ici :

««Avide et Effronté, il les rassasie, l'Habitué-à-la-Guerre ,

«« L'illustre Père-des-Combattants ; ««Et avec du vin seul, le Glorieux-des- Armes , «« Odinn , se soutient continuellement. »»

«Deux Corbeaux lui sont assis sur les épaules, et lui disent àl'o- « reille tous les événements qu'ils voient ou qu'ils entendent : ils « sont nommés /?^M^îwri (Penser) et Muninn (Désir.) «Il les envoie, à «la pointe du jour, voler par le Monde entier; et, au repas du «soir, ils reviennent; par là, il est instruit de beaucoup d'événe- «ments ; et, pour cela, les hommes l'appellent Dieu-aux- Corbeaux « (norr. Hrafna-gud). Voici ce qui est énoncé :

««Huginn et Muninn volent chaque jour

«« Par dessus la Plaine éclairée du Soleil; ««De Huginn, je crains qu'il ne revienne plus;

««Je l'appréhende encore plus de Muninn. »» (40)

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