PRESSENTIMENTS, MORT, ET FUNÉRAILLES DE BALDUR
g 148. Mort de Baldur. — Dans ce mythe , Baldur n'est pas seulement le représentant de la courte saison d'été , riche de chaleur et de lumière, par opposition à la longue saison d'hiver, pleine d'obscurité et de froidure, il est encore, par analogie et par extension, le représentant de la Vie, et du Bonheur universel (voy. p. 259), par opposition au Crépus cule-des- Grandeurs ou à la Destruction universelle (v. p. 335). Baldur a le pressentiment qu'il mourra jeune ; en effet, la joie de l'été, la vie du Monde, elles ont une si courte durée (v. p. 259). Les Jses, intéressés à la conservation de Baldur, dont la mort entraînera nécessairement leur propre perte ,
prennent toutes les mesures pour conjurer le danger qui le menace. Frigy, sa mère , fait prêter à tous les Êtres de la Création le serment de ne pas donner la mort à son fils ; et toute la Création s'engage volontiers à ne pas blesser Baldur, qui est la Source de la Vie et du Bonheur général. Mais le Destin dur et inexorable , qui exige que la mort de Baldur soit le présage et le précurseur de la Transformation et du Renouvellement du Monde , ne saurait être éludé par aucun moyen. Quelque précaution qu'on prenne contre lui , il y a toujours , à ce qu'on croit , et comme le prouve la Mythologie , quelque chose qu'on oublie de faire , quelque omission involontaire, mais fatale , qui, tôt ou tard, devient la cause inévitable de l'accomplissement de la Destinée. Ainsi FîHgg , malgré toute sa sollicitude maternelle , avait négligé de faire prêter le serment à un jeune Rejeton de Gui ; elle n'y avait pas songé, parce que , selon les usages des Scandinaves, le serment n'était jamais exigé des enfants ou des mineurs; et, d'ailleurs, le Gui, par sa jeunesse même , semblait inoffensif et nullement dangereux. Mais précisément ce Rejeton , de belle et d'innocente apparence, était perfide et pernicieux; c'était probablement une Épine assoupissante (norr. svefn-thorn)^ c'est-à-dire une baguette magique, qui avait la propriété, en touchant le corps d'une personne, de la plonger dans le sommeil léthargique de la mort. Ce Gui croissait à l'Orient de VEnclos-des-Jses , ce qui était de mauvais augure; car, croissant à l'Orient , il regardait le Soleil couchant, et , selon les idées des Normands, regarder le Couchant , dans certains moments critiques , avait pour effet d'amener le déclin , la chute , la défaite , et le malheur. Aussi recommandait-on à qui se battait en duel , de ne pas se placer de manière à tourner la face au Soleil couchant. L'existence du Gui aurait été ignorée , et ce Rejeton eût, par cela même, été inoifensif^ si Frigg , elle qui, comme mère, avait précisément le plus grand intérêt à la conservation de son fils , et qui seule savait que le Gui n'était pas assermenté , n'avait pas trahi ce secret, par hasard, à Clôtureur (Loki), le Génie qui aime la fin, la destruction, et la mort (voy.p.285). Loki sç sert de Hödur (v. p. 28i), potir iv2i^^QY Baldur . Hödur est donc l'instrument aveugle, involontaire, et innocent, dont se sert Loki pour donner la mort à Baldur. Les Ases sont tous vivement émus de la mort de Baldur; tous prévoient que cette catastrophe entraînera bientôt leur propre destruction. La faiblesse et la prostration qui s'emparent d'eux , après leur stupeur , signifient que par la mort de Baldur (l'Été), les Ases sont jetés dans l'hiver, qui est l'époque de leur affaiblissement ou de leur faiblesse (voy. p. 274). De même qn' Aphrodite veut racheter Adonis de Hadès , de même Frigg veut racheter son fils de la Demeure de Hel (voy. p. 287), où il a dû passer, comme ayant péri par un accident , et non dans un combat sanglant. Hermôdr (Courage de Troupe), le fils ù'Odinn, et, comme Tyr, le représentant de son père , par rapport à son courage, s'offre pour faire le voyage chez Hel; il faut, en effet, être un homme de courage pour oser entreprendre le voyage diflicile et périlleux dans le royaume de la Mort , dont personne n'est encore revenu. Pour assurer la célérité et le succès de cette expédition , les Ases donnent à líermodi, pour monture, Sleipnir, le cheval merveilleux û'Odinn (voy. p. 315).
NUMÉRO (46) (page 128) ; mort de baldur. 329
§ 149. Funérailles de Baldur. — Les habitants primitifs de la Scandinavie, qui étaient de race keltique et de race finne, croyaient, probablement, que les trépassés se rendaient, par mer, dans une île éloignée, qu'ils appelaient, peut-être, comme aujourd'hui les paysans des rivages de là Bretagne, V Isle-des-Morts ; c'est ainsi, par exemple, que dans le lac Vænir, il y a une île où se trouvent d'anciens tombeaux de rois. Pour faciliter ce passage, on plaçait le mort dans un esquif ou dans un arbre creux (norr. askr; cf. ail. Todtenbaum)^ que, lors de l'èbe, on lançait à la mer. Ce mode de funérailles fut adopté, dans la suite, par les Scandinaves, surtout par les Rois-de-iner (Sæiíonungar), et les Pirates (Vikingar). D'un autre côté, beaucoup de peuples anciens, et, entre autres, les Normands, considéraient la mort comme une consécration faite à la Divinité (voy. p. 217), et c'est pourquoi les cérémonies des funérailles avaient beaucoup de ressemblance avec celles d'un sacriflce public. L'usage de brûler les morts, remplaça, pour cette raison, l'exposition des cadavres, la suspension aux arbres, etl'enterrementdans des cavernes, usités chez ces peuples antérieurement. Aussi , unissant les deux modes de funérailles, on brûla , selon le nouveau mode , les morts dans l'esquif, qui leur avait servi dans leur vie, et le navire, portant ainsi le bûcher-brûlant, était lancé à la mer, selon l'ancien mode. Les funérailles de Baldur nous montrent ce bûcher flottant (norr. balför). De même que, chez les Grecs, Hèlios (le soleil) avait un navire (gr. Koilè) nommé Coupe (gr. dépas ; lat. scyphus)^ de même Baldur (le Soleil d'Été) , était possesseur d'un navire nommé Corne-Courbée (Hring-horni), parce que son extrémité antérieure se terminait, comme cela se voyait dans beaucoup de navires normands, en une corne courbée. Les A ses préparèrent le bûcher-flottant sur ce navire qui était tiré à terre , et placé sur des rouleaux ; ce qui indique que les funérailles de Baldur eurent lieu au commencement de l'hiver , à une époque où la navigation avait cessé, et où les navires étaient déjà placés sur des rouleaux. Les Ases veulent lancer ce navire à la mer , mais ils n'y parviennent pas, leurs forces ayant été diminuées par la mort de Baldur, ou par l'approche de l'hiver. Ils sont donc obligés d'avoir recours aux forces de la race iotnique, qui, dans la nuit et en hiver, jouit précisément de la plénitude de sa puissance. Un représentant de cette race leur vient en aide, dans la personne de la Géante Hyrrockin. Cette géante, dont le nom signifie Enfumée-de-Feu ^ est le Symbole de l'hiver, de la saison où l'on se tient auprès du feu de l'âtre, et où l'on est enfumé au feu. La Géante arrive, montée sur un loup; cet animal représente à la fois l'hiver, la nuit, et la mort (voy. p. 208). Le loup a pour bride un serpent, parce que ce reptile, qui, ennemi du froid, s'engourdit pendant l'hiver et se réveille seulement au printemps, est le symbole de la chaleur printanière, qui retient, bride, ou dompte l'impétuosité de l'hiver ou du loup. Mais maintenant, à l'approche de l'hiver, le corps engourdi du serpent ne saurait brider cet animal. Aussi faut-il quatre Pures-serges (norr. Berserkir^ voy. Les Gètes, p. il 4), pour dompter le loup. Les Pures-Serges ne figurant jamais dans l'ancienne Mythologie, il faut supposer que Snorri en parle ici , non d'après d'anciens documents mythologiques , mais seulement d'après la tradition populaire.
Suivant les idées des Scandinaves, le défunt devait emporter, pour en jouir dans l'autre monde, toutes ses propriétés personnelles, c'est-àdire les propriétés meubles (norr. lausafé)^ qu'il n'avait pas héritées , comme les propriétés /owczères (adals-fê) , ou propriété de famille , mais qu'il s'était acquises personnellement, par sa bravoure, ou ses exploits, ou son travail. La femme comptait bien aussi parmi les propriétés personnelles du défunt, parce qu'il l'avait achetée, au moins par un achat simulé ou symbolique; cependant ni la loi, ni l'usage n'exigeaient, comme chez les Slaves, que les femmes suivissent leurs maris dans la mort. Différents peuples de l'Antiquité attachaient cependant un mérite tout particulier à ce sacrifice volontaire de la part de la femme. Ainsi , dans la Mythologie grecque, nous voyons, entre autres, Evadne, monter sur le bûcher (de son mari Kapaneus ; l'usage semblait presque exiger ce sacrifice chez les Scythes (voy. Herod. IV, 73) , et il était de tout temps un devoir religieux dans certaines parties de l'Inde. La Mythologie hindoue rapporte que les 16,801 épouses de Krichnas se sacrifièrent toutes avec leur amant. Dans l'antiquité Scandinave , il y a des exemples, mais peu nombreux , il est vrai , de femmes ou d'amantes qui se sont. sacrifiées elles-mêmes, pour être unies, sur le bûcher, avec leur mari ou leur amant. Nanna ne se sacrifie pas pour son mari Baldur, par une mort volontaire, mais son cœur se brise de chagrin, en voyant le bûcher de son époux. La mort de Nanna (Vigoureuse), la fille de ISep (Nuage, voy. p. 279; cf. si. nebo, Ciel), exprime symboliquement cette idée, que la végétation, gaie et vigoureuse, dont Nanna est la personnification, périt par suite de la mort de Baldur, ou par suite du dépérissement du Soleil d'été. Le Dverg Couleur (norr. Litr) , la personnification des couleurs variées dont s'orne la Nature dans la saison de la lumière, par opposition â la couleur monotone et plombée de l'hiver, est lancé par Thôr sur le bûcher de Baldur; car, de même que la couleur tient à la lumière , le Dverg Litr tenait à Baldur ; il était son Suivant , ou son serviteur , et , comme tel , il devait accompagner son maître dans l'autre monde. C'est aussi comme propriété de Baldur que son cheval (voy. p. 224) avec l'équipement, est brûlé sur le bûcher, sur lequel Odinn dépose encore l'Anneau nommé Dégouttant, qui est le Symbole de la semence déposée dans la terre pendant l'hiver. La semence ou la moisson appelée précieuse, en tant que richesse, et dqrée, par rapport à la couleur, est représentée ordinairement, dans la Mythologie, sous le symbole de bijoux ou de joyaux d'or : aussi la fille de Freyia , le Symbole de la moisson dorée , est-elle appelée Hnoss, (Joyau). Pour la même raison, la semence a pu être symbolisée ici par l'anneau d'or Draupnir; car, dans la poésie norraine, anneau d'or est une expression poétique pour désigner l'or et les richesses en général, puisqu'on se servait de petits cercles d'or en guise de monnaie. La semence, ou les graines d'or sont confiées à la terre en automne, afin de se reproduire en se multipliant, ce que le Mythe exprime en disant que l'anneau Draupnir est emporté par Baldur dans l'enfer, où il acquiert la propriété de se reproduire. L'idée de reproduction est exprimée par l'action de fondre, de verser, de dégoutter, par la môme raison que l'idée de pleuvoir est
N" (46) (p. 129-131); FUNÉRAILLES DE BALDUR ; HERMÔDI. 331
devenu synonyme de ensemencer, engendrer (voy. p. 251). Aussi les graines de blé sont-elles appelées gouttes ou larmes d'or , et Freyia qui les verse, porte l'épithète de Déesse aux belles larmes. Par la même raison encore, l'Anneau, le Symbole de la semence qui se reproduit, est appelé ici l'anneau Dégouttant. La semence , semée en automne , se reproduit après les buit mois d'biver , et elle se reproduit octuple. C'est pourquoi il est dit, dans le Mythe, que dans la neuvième nuit, c'est-àdire, au neuvième mois (voy. p. 265) , l'anneau Dégouttant verse huit autres anneaux, égaux à lui-même.
Le bûcher-flottant, qui emporte Baldur (le Soleil d'Été), sa femme Nanna (la végétation d'Été) , le dverg Litr (les couleurs variées en été) , l'anneau Dégouttant (la semence qui se reproduira l'été prochain) , et le cheval de ^a/c?Mr ( le Vent d'Été), a besoin d'être consacré, d'abord, parce que les funérailles étaient assimilées à un sacrifice (voy. p. 329) , et ensuite, afin qu'il devienne, par là, inviolable pendant son voyage dans l'autre monde , et soit préservé , sur mer , des malifices et des spectres marins (norr. Smyl). Thôr, qui, dans beaucoup d'occasions, remplit auprès des Ases les fonctions de Consécrateur , fait cette consécration du bûcher, en levant au-dessus de lui son marteau redoutable, menaçant ainsi symboliquement de ses coups tous ceux qui oseraient toucher à ce bûcher ainsi consacré.
Le cortège funéraire de Baldur se compose de tous ceux qui regrettent sa mort. Si nous y voyons aussi figurer ses ennemis naturels , les Thurses, cela provient de ce que Snorri, ainsi que la tradition populaire, ont confondu les Thurses 2iy te les Géants-des-Montagnes, qui, seuls, devraient être mentionnés ici. En eflfet, les Géants-des-Montagnes sont les Représentants du commencement de l'hiver (voy. p. 316), et ils assistent aux funérailles de Baldur, non parce qu'ils regrettent ce Dieu, mais parce que ses funérailles ont lieu au commencement de l'hiver. Odinn, le père de Baldur, y assiste avec sa femme Frigg, la mère éplorée de la victime; comme Jses, comme parents, et comme dieux de la vie , ils regrettent vivement leur fils , le brillant Soleil de l'été , enlevé si jeune. Les Valkyries (voy. p. 299) à' Odinn et ses Corbeaux (voy. p. 316), regrettent également l'été, qui est le temps des exploits, et des combats. Freyr, le Dieu des moissons et du soleil, assiste aux funérailles avec le Verrat nommé Soies-d' Or, ou Dent- Courbe -Meurtrière {Slidur-vîgtanni; cf. p. 276. Enfin Heimdall, monté sur son cheval Queue d'Or (voy. p. 275), regrette son frère Baldur, dont il était, en quelque sorte, l'avaut-coureur, comme Dieu du Jour, de l'Aurore, du Printemps, et de la Procréation (voy. p. 277).
g 150. Baldur ne peut revenir de Hel. — Courage- de- Troupe (Hermodi), monté sur Sleipnir (voy. p. 315), qui vole comme lèvent, chevauche pendant neuf jours et neuf nuits avant d'arriver au Séjour de Hel; ce qui exprime, en langage épique, la grande distance qui sépare Asgard de l'Enfer. Enfin, il arrive à la rivière nommée Retentissante (Giöll) qui est une des Vagues-Tempétueuses (voy. p. 171), et qui sépare le domaine de V Enclos-Mitoyen de celui de Hel. Sur cette rivière se trouve un pont , couvert d'un toit d'or. Comme c'est ici l'entrée de
l'Empire de Hel, qui est une déesse vierge , le pont est aussi gardé par une Vierge, mais une vierge guerrière, ou uneFalkyrie àeHel, afin que cette gardienne puisse repousser par la force ceux qui voudraient passer sur le pont, sans permission. Selon l'usage des gardiens, cette vierge , avant de laisser passer les arrivés , les interroge sur leur nom , et sur leur famille. Elle reconnaît tout d'abord la nature divine de Couragede-Troupe, et elle s'apperçoit bien que ce n'est pas là une ombre allant à J/el, mais un héros encore vivant , puisque sous le poids de son corps, le pont tremble tout autant que sous les cinq pelotons ou les 5 fois 50 ombres, qui l'ont passé, la veille, en compagnie de Baldur, leur chef, qu'elles ont suivi dans la mort (voy. p. 331). Étant entré dans le domaine de Hel, Courage-de^ Troupe se dirige vers l'Enclos de la Déesse; il fait sauter son cheval par-dessus les Grilles qui forment l'avenue de l'Enclos, et ayant pénétré ainsi dans la cour, il se dirige vers la Halle , où il trouve Baldur occupant la place d'honneur {entre les ondvegis-sûlir), qui est en face de l'Entrée, ou du soleil levant (voy. p. ISO).
Courage-de- Troupe est censé revenir de Hel vers la fin de l'hiver ; aussi est-il porteur de présents qui annoncent l'approche du printemps. Il rapporte à Odinn l'anneau Dégouttant , ce qui signifie que la Semence, enfoncée dans la Terre, commence à germer, à se lever, à sortir de terre, pour être rendue à Odinn, à l'air, ou au jour. La Végétation symbolisée par Nanna (voy. p. 330), envoie à Frigg , c'est-à-dire à la Déesse de la Pluie et de la Fécondation, un vêtement, lequel est le symbole, à la fois, de la verdure qui revêt, comme un tapis, les prairies, et du feuillage qui revêt ou couvre les arbres. Fulla, la Déesse de l'Abondance, reçoit une bague d'or , Symbole de la moisson riche et dorée (voy. p. 330).
Après les rigueurs de l'hiver, à l'approche du printemps, tous les êtres désirent vivement que Baldur , ou le soleil d'Été, revienne de Hel^ ce que la Mythologie exprime en disant que tous les Etres pleurent , et regrettent la mort de Baldur. La preuve mythologique de ces pleurs, c'est que, vers la fin de l'hiver, les objets pénétrés de froid, et, passant dans une température plus chaude , se couvrent de gouttellettes de vapeur condensée , lesquelles semblent être des larmes de regret. Selon la tradition , Loki, seul, déguisé en Géante sous le nom de Thokt, ne regrette pas le Soleil d'été , qu'il a fait mourir par la main de Hödur. Thokt (p. thiökt, thickt), dont le nom signifie Epaissie, Endurcie , est probablement la Personnification de la lave, ou de la matière volcanique , qui, d'abord liquide , s'épaissit , s'endurcit , et ne verse pas de pleurs , parce qu'elle ne se couvre pas de vapeurs condensées. 11 y a un proverbe islandais qui dit que tous les objets pleurent Baldur., à l'exception du charbon. En effet, le charbon, ainsi que la lave, étant mauvais conducteur de la chaleur, et ne se refroidissant pas fortement au contact de l'air, en passant dans une température plus élevée, ne se couvre pas facilement de vapeurs condensées, ou de gouttellettes de vapeur refroidie.