L’ENTRAINEMENT INTENSIF
Il me paraît intéressant d’étudier maintenant l’entraînement intensif et surtout sa psychologie, dans ses rapports avec l’individu et avec la société. Je n’entends parler que de l’abus des exercices physiques et non de leur usage sagement établi. Médicalement appliqués, ils constituent un excellent remède qu’on doit utiliser dans certains états nerveux dont la plupart ont pour causes initiales une modification dans la nutrition générale, et un état de fatigue nerveuse.
Il semble, en effet, que la fatigue soit la maladie de nos jours, maladie se manifestant par un état psychique qui confine à la rêverie et qui est caractérisé par une impotence de l’attention.
La tache jaune du champ psychique paraît se rétrécir et la zone des perceptions vagues, légèrement arrêtées dans leurs lignes, s’élargir.
La difficulté qu’éprouve notre génération à fixer son attention constitue pour elle uu effort réel ; aussi préfère-t-elle la forme au fond; l’esprit de la rue à l’esprit de critique, les idées générales aux idées mieux définies et plus abstraites, d’où les rêveries humanitaires qui confinent à la pathologie.
Notre génération se trouve vis-à-vis des grands
l’entrainement intensif
problèmes sociaux dans l’état d’un homme qui, ayant marché toute une journée, arrive fatigué à letape. Il laisse alors flotter vaguement sa pensée, incapable de l’appliquer sur le moindre sujet, car son pouvoir d’attention a été atténué par la fatigue , et tout effort lui devient pénible.
La psychologie de l’état de fatigue provoqué par les exercices physiques est peu connue ; aussi me suis-je appliqué à rechercher les relations qui peuvent exister entre cet état et ces mômes exercices. Après avoir étudié la fatigue au point de vue psychique, je parlerai de ses effets et de ses conséquences individuelles et sociales.