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Chez les enfants, une des principales causes des fausses attitudes, de la déviation de la colonne vertébrale, de la voussure du dos, de la déformation des épaules, des affections oculaires etc., est due aux
Fig. 16. — Altitude debout et fixe.
mauvaises méthodes d’écriture. L’enfant conserve ces attitudes par habitude. Appelé comme membre du jury de la section de l’enseignement à l’Exposition de Bordeaux (1895) à me prononcer sur la valeur des diverses méthodes exposées, j’ai pris un enfant, un jeune garçon de douze ans, bien musclé, n’offrant
DES MÉTHODES EN GYMNASTIQUE
aucune déviation vertébrale (fig. 16), je l’ai photographié suivant les attitudes imposées par les diverses méthodes d’écriture préconisées dans les écoles primaires.
J’ai tracé sur le dos uue ligue à l'encre de Chine en suivant les apophyses épineuses depuis la septième
Fig. 17. — Attitude assise normale avant d’écrire. L’axe vertébral est parallèle à la vertébrale du fil à plomb.
cervicale jusqu’à la douzième dorsale ; chaque apophyse a été indiquée par un trait perpendiculaire à cette ligne et la croisant. J’ai tracé deux autres lignes parallèles à la colonne vertébrale et longeant le bord interne des deux omoplates, cette ligne est coupée à augle droit à sa partie inférieure par une autre ligne qui délimite, en l'indiquant, l’angle postéro-interne de l’omoplate.
230 la fatigue et l’entrainement
Dans cet angle se trouve une ligne courbe qui indique en la suivant la courbe faite par l’angle supérieur de l’omoplate dans une des méthodes employées.
Cette ligne revient à la normale dans l’attitude physiologique que j’ai ensuite donnée au jeune sujet en dehors de toute méthode préconisée (fi g. 17 .
Fig. 18. — Déviation de gauche à droite. Attitude vicieuse des épaules et de la tête. Voussure du dos. Appui sur le côté gauche. Angles de torsion du cou de gauche à droite. Ecriture penchée.
Voici d’ailleurs les photographies, et comme il u'est # • rien de tel qu’uu fait, on peut se rendre compte
de la défectuosité des méthodes d’écriture employées.
Une d’entre elles est surtout remarquable par les courbures de torsion imprimées à la colonne vertébrale, courbures s’établissant de quatre en quatre vertèbres dorsales et lombaires. L’enfant est ainsi
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obligé de prendre une attitude eu cypho-lordose très prononcée (fig. 19).
Si vous demandez à certains professeurs d’écriture quelle attitude on doit prendre pour écrire, ils vous répondront que tout le corps doit reposer sur le côté
; Fig. 19. — Déviation de gauche à droite. Appui sur le côté gauche. Voussure du dos. Altitude générale très vicieuse. Nombreux angles de torsion de la colonne vertébrale. Ecriture penchée.
: gauche, car ce côté est fait pour donner un point ■ d’appui latéral afin de laisser le côté droit absolument libre de fonctionner. Les photographies prises selon ces méthodes nous indiquent qu’elles sont mauvaises, puisque la colonne vertébrale est portée de gauche à droite et que sa déviation est fort grande, ainsi que l’indique le point de repère que j’ai établi sur chaque épreuve photographique par uu fil à
plomb passant par la septième cervicale et tombantà dix centimètres en dehors. L’angle de torsion est ainsi plus ou moins ouvert selon la méthode employée; l’enfant est posé en biais sur son siège, le côté gauche rapproché de la table de 0,05 à 0,10 centimètres et le côté droit éloigné de 0/15 à 0,20 centimètres ; le papier
Fig. 20. — Déviation de gauche à droite. Attitude générale moins mauvaise. Voussure du dos trop prononcée. Ecriture demipenchée.
est posé soit parallèlement aux quatre bords de la table, soit légèrement incliné de droite à gauche La courbure du dos d’arrière en avant, en cyphose, est de 0,10 centimètres (fig. 18-19).
Dans cette attitude, la conjugaison oculaire s’établit mal, l'accommodation est défectueuse, les muscles de l’œil se contractent et les muscles ciliaires se fatiguent les diverses tensions musculaires dans un sens adopté
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provoquent des alïections contre lesquelles l’Académie de médecine et tous les oculistes se sont justement élevés. Ceux-ci demandentla réforme par récriture droite.
Mais ici nous nous butons à l’habitude. Le principal argument qui m’a été fourni par les pédagogues est
Fig. 21. — Déviation de gauche à droite peu prononcée. Voussure du dos peu sensible. Mauvaise attitude du bras gauche. Ecriture penchée.
celui-ci : l’écriture anglaise penchée est plus jolie, plus cursive, plus estimée des gens de bureau et des négociants que l’écriture droite. De sorte qu’en cette affaire, c'est la rectitude de la colonne vertébrale et l’intégrité de la vision, et par cela même la forme, la beauté et la santé de nos enfants qui sont sacrifiées à la forme et à la beauté de quelques traits noirs
23i LA FATIGUE ET L’ENTRAINEMENT
déposés sur le papier. Toute la question est donc de savoir si l’on doit sacrifier une méthode d’écriture au développement de 1’entance ou celui-ci à cette méthode. La réponse n’est pas douteuse de la part des médecins, elle paraît l’être de la part des instituteurs.
Fig. 22. — Attitude physiologique proposée avec écriture droite ou demi-penchée, selon l'inclinaison donnée au papier. Points d’appui sur les deux ischions et sur les deux olécranes; tête droite, pas de voussure du dos, pas d'angle de torsion de la colonne vertébrale.
J’ai fait photographier l’enfant dans' une attitude que je crois bonne (fig. 22), il possède quatre points d’appui solides, deux sur les olécranes qui sont posés à plat sur la table et forment un angle d’autant plus ouvert ou plus fermé que le buste est long. En cela, l’enfant prend instinctivement la position qui lui
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paraît la moins fatigante ; deux autres sur les deux ischions reposant également sur le siège. Dans cette attitude, le buste est droit, la colonne vertébrale n’est pas déviée, ainsi que l'indique le parallélisme de la ligne apophysaire et du fil à plomb. Cette attitude prise, je rapproche l’enfant de la table de travail, a 0m,0o environ, en avançant le siège de façon que les trois quarts de la cuisse y reposent, car s’il en est autrement, la station est changée par la modification d’équilibre. Si la cuisse est trop engagée sur le siège jusqu’à l’articulation du genou, le corps s’incline en avant et la colonne vertébrale forme un angle plus ou moins aigu avec Taxe des deux fémurs ; cet angle est ; d’autant plus prononcé que le siège est plus reculé ide la table de travail; dans cette position, le buste se ; courbe et la cyphose se produit.
La station du buste étant ainsi bien établie, selon un angle droit, avec les deux fémurs, j’empêche l’enfant de se pencher en avant. S’il se rapproche trop de la table, le rebord qui appuie sur sa poitrine, environ à la région de la section diaphragmatique, l’empêche de respirer en arrêtant le jeu costal en avant ; instinctivement, et par la gêne qu’il ressent, il revient en arrière, mais ici il ne peut dépasser la perpendiculaire de l’angle droit formé, grâce à la position prise par les cuisses sur le siège.
Quant à la position du papier, je crois que l’axe de la feuille doit être parallèle ou à peu près à l’axe de la main droite qui tient la plume, celle-ci étant dans l’axe du bras. Si dans cette position, physiologique avant tout, l’écriture peut être penchée, qu’elle le soit, peu importe; si elle est droite, mieux vaut encore; toujours est-il qu’étant droite et ce rapprochant beaucoup de la ronde, elle demande moins d’efforts aux muscles ciliaires et aux muscles du
globe oculaire pour suivre les boucles souvent très longues dont notre écriture est surchargée. D’autre part, quelcfues modèles d’écriture sont tracés à l’encre bleue ou à la couleur bistre. Nous pensons que ce procédé est mauvais, l'enfant est obligée de forcer sa vue pour apercevoir les traits du modèle, surtout quand le temps est couvert ou que la nuit arrive. L’encre noire sur papier blanc nous paraît indiquée. Mais les médecins auront encore beaucoup à faire pour supprimer ces fâcheuses arabesques que nous a léguées une vieille méthode pédagogique et que la routine conserve pieusement.
Schenk répartit en deux groupes, quant à l’étiologie, la forme et le traitement des attitudes vicieuses des écoliers, y distinguant les attitudes de fatigue et celles d’écriture. Les premières, qui répondent au besoin de reposer des muscles fatigués, sont très diverses de forme, tandis que les secondes, nécessitées par l’accomplissement d’un acte déterminé, sont remarquablement uniformes. Un, moyen très efficace de remédier aux attitudes vicieuses de fatigue est l’adoption de banc à dossier élevé et dirigé un peu en arrière, et à siège légèrement incliné d'avant en arrière. Il est beaucoup moins aisé de découvrir et de corriger les attitudes vicieuses dues à l’écriture. Sur les 156 écoliers examinés par Schenk, 60 p. 100 étaient assis le bassin tourné à droite, 92 p. 100 avec le haut du corps dévié à gauche, 97 p. 100 avec le papier tourné à gauche, 60 p. 100 avec le papier tourné à droite, 98 p. 100 avec les bras en adduction, il a constaté, en outre, que plus l’angle formé par la ligne du bassin et de l’avant-bras était considérable, plus la déviation du cahier à droite était grande ; que la déviation du corps était d’autant moindre que la rotation du cahier était moins marquée et que la
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déviation du bassin était en raison directe de celle du haut du corps. Plus l’abduction du bras était accentuée, plus l’attitude était vicieuse. Donc, pour Sclienk, la meilleure attitude serait celle où l’abduction du bras est égale à 0, c’est-à-dire quand le membre est appliqué légèrement contre l’estomac. Pour rendre .cette attitude possible, il faudrait que la distance horizontale entre le dossier et le pupitre fût égale à la longueur de l’avant-bras (de l'olécrane au poignet,) de l’écolier, et que la distance verticale entre le pupitre et le siège fût égale à celle qui sépare ce dernier du coude pendant de l’enfant >.
On doit réformer les méthodes selon les lois de d’hygiène et de la physiologie infantiles : les méthodes d’écriture suivies dans les écoles ne doivent jamais I provoquer la déviation de la colonne vertébrale ni la ffatigue oculaire ; ces méthodes devront s’inspirer des jprincipes d’hygiène et de physiologie. La station .assise sur les deux ischions, avec les deux coudes appliqués entièrement sur la table, parait être indiquée. Ces modèles tracés à l’encre noire sur papier blanc et l’écriture droite doivent être préférés aux modèles tracés à l’encre de couleur et à l’écriture .penchée avec grandes boucles.
Bien que leur écriture soit droite, mais pour mieux lutter encore contre les attitudes vicieuses scolaires, es Anglais s’appliquent à redresser le torse des éco-
(1) Voir : Dr Dally. Les altitudes pendant la période scolaire.
. /enseignement secondaire des jeunes filles. Juillel-août-décembre 1 882, Paris, L. Cerf.
Dr Motais. Des troubles du cœur et de l'estomac produits par 'attitude scolaire habituelle. Piapport à l’Académie de médecine, / 7 février 1894.
Dott. Cav. Giuseppe Badaloni. Médico-provinciale. Igiene dello :lcolaro. Lavoro primiato dalla societa d’igiene deU’infanzia di ’arigi nel Concorso del 1894. Perugia, 1896.
liers, et surtout des jeuues filles, par des appareils spéciaux, tels par exemple, le board-stretclier, le backstretcher, le strenglh-beauty machine, etc. Le boardstretclier est un grand plateau en bois, se repliant sur lui-même, comme un livre, afin d’être moins encombrant quand on a fini de s’en servir. Ce plateau est monté sur huit pieds. Une excavation sphérique est pratiquée à une de ses extrémités, elle est destinée à recevoir l’occiput des écoliers, qu’on envoie à tour de rôle s’y allonger dessus Cet appareil est surtout en usage dans les pensionnats de jeunes filles. Chaque élève doit s’y placer environ une heure par jour, le corps posé sur le dos, bien rectiligne, et cela eu plusieurs séances. Au cours de l’étude même, la maîtresse envoie les enfants s’allonger. Les jeunes filles doivent ainsi travailler, broder, lire, etc, les bras levés en l’air, afin de s’habituer à se tenir parfaitement droites, tout en conservant la liberté du jeu des bras et des épaules. Cette méthode aurait, parait-il, l’inconvénient de créer le besoin factice de ce genre de position ; c'est à cela que l’on devrait attribuer, en grande partie, l'habitude anglaise de s’étaler sur les canapés. Le back-stretcher est une planche qui s’applique contre le dos, au moyen de deux crochets qui saisissent les épaules. Un dispositif spécial, fait d'un ruban de fer doux et de caoutchouc, force le buste à se tenir droit. En appuyant avec les mains aux deux extrémités de la planche, terminées par des poignées, on fait basculer les omoplates sur un plan rigide.