‹ La fatigue et l'entraînement physiqueChapitre 32 sur 40 · I. — Classification des exercices du corps · texte numérisé non relu

I. — Classification des exercices du corps

De même que la nourriture de la première enfance diffère de celle de 1 âge adulte, de même les exercices physiques doivent être appliqués selon le degré de développement de chaque sujet. Voilà pourquoi nous divisons les exercices de plein air en quatre classes : 1° les jeux éducatifs; 2° les jeux intensifs; 3° les exercices sportifs ; 4° les sports proprement dits.

1° Jeux éducatifs. — Les jeux éducatifs sont réservés aux jeunes enfants jusqu’à l’âge de douze à treize ans. Tels sont les jeux connus, la poursuite à la course, le cerceau, les sauts divers en longueur et en hauteur réglés selon le développement de chaque enfant, le colin-maillard, la marelle, les billes, le ballon, la toupie, la paume au mur, les promenades, etc., tout exercice enfin à peine réglé et qui ne constitue pas pour l'enfant un effort trop grand, un appel trop prononcé de l’attention ou une immobilité trop prolongée. C’est surtout à cet âge que le jeu doit être récréatif et ne pas provoquer de décharges nerveuses trop grandes. On doit respecter la nature en laissant

le corps de 1 enfant se développer librement par les exercices simples et faciles, tels que la marche, la course, le saut, les positions d’équilibre, les petites luttes à la corde, tous les exercices de plain-pied en un mot rendus intéressants par une émulation peu développée et des règles de jeu très simples.

C’est pourquoi tout exercice qui modifie trop vivement la respiration ou les attitudes, qui agit trop fortement sur les muscles, qui resserre la poitrine, qui comprime les viscères, qui tend trop les articulations, qui modifient la station normale, qui excite l’émotivité par la crainte ou par le désir de se surpasser et de surpasser les condisciples, doit être supprimé dans l’éducation de l’enfance. Il n’est pas bon d’amplifier les mouvements de l’enfant par des bras de levier ou des instruments spéciaux. L’enfant est autant une vésicule pulmonaire qu’un tube digestif : il faut savoir respecter ses poumons et son cœur aussi bien que ses intestins. Les mouvements ne doivent jamais le congestionner. Pas de rétablissements sur les bras même en aidant l’enfant, pas de renversement en avant ou en arrière; pas de suspension trop prolongée, mais quelques tractions simples. Le saut au tremplin dans le sable peut être permis, à condition d’être bien réglé ; mais pas de saut périlleux, comme j’en ai vu exécuter dans des fêtes scolaires.

La gymnastique appliquée à l’enfance doit être plus médicale que pédagogique. C'est à cet âge qu’on peut surtout modifier de fausses attitudes en faisant fonctionner les divers groupes musculaires et articulaires selon des plans physiologiques. L’attention des maîtres de gymnastique doit être surtout portée sur le jeu des trois principales articulations : celle du cou-de-pied qui supporte tout le poids du corps, celle

l'entrainement physique a l’école

du bassin qui maintient le tronc en équilibre sur les jambes par son articulation « joint universel » ; celle des épaules, massif articulaire en forme de pince qui supporte les deux bras. Les maîtres de gymnastique devront aussi examiner avec soin quel est le degré d’élasticité de l’articulation sterno-claviculaire. Nous pensons que le jeu de cette articulation a une grande influence sur les attitudes voûtées des épaules des enfants que des mauvaises méthodes d’écriture fendent à voûter encore davantage. Les enfants doivent avant tout pratiquer des mouvements de plain pied selon la méthode suédoise. Des attitudes au mur, à l’espalier, au homme , au banc, etc., contribueront à l’élargissement de la poitrine et à leur développement musculaire normal par le jeu étudié et voulu de leurs principales articulations.

Les mouvements d’équilibre, les jeux d’adresse, doivent être préconisés. On peut juger de l’intelligence généiale d un enfant d’après ses aptitudes aux mouvements compliqués.

Lu résumé, je pense que jusqu’à ce que les professeurs de gymnastique aient reçu une instruction solide dans des écoles spéciales, où ils suivront des cours d’anatomie, de physiologie, d’hygiène, de méde- 1 c*ne générale, de pédagogie et de psychologie élémentaire, en même temps que de pratique et de 1 technique des exercices du corps, il faut se montrer très réservé pour les suspensions à la barre fixe et 'supprimer tous les agrès de suspension à équilibre i instable, tels que le trapèze, les anneaux, etc

Les quelques bons résultats obtenus ne doivent pas donner le change. On ne voit que les enfants qui réussissent, mais on ne voit pas tous ceux qui n’ont ipu COÜtinuer les exercices aux appareils, parce que la -gymnastique a été mal dosée et c’est la majorité.

I’h. Tissié. — La fatigue.

Il ne faut pas ignorer qu'il n’y a pas une gymnastique, mais des gymnastiques applicables selon le moment de chaque sujet. Les arguments ad hominem n’ont donc aucune valeur.

« Ainsi exercés aux agrès de suspension, nous disait un professeur de gymnastique, nos enfants pourraient fuir plus facilement en cas d’incendie. » Comme si l'existence humaine se passait dans les flammes! Piètre raison!

2° Jeux intensifs. — Les jeux intensifs sont réservés à la jeunesse de douze ou treize ans à seize ans. Tels sont les jeux de barre, les sauts divers, les différents jeux de paume ou de ballon, la lutte à la corde, les courses de vitesses plate et haies, la natation, le tir, la boxe, la canne, le bâton, le vélocipède réglé en tant que durée, vitesse et multiplication de machine, la marche, etc. Aucun exercice de fond ne doit être tenté jusqu’à l’âge de vingt et un ans, la jeunesse peut fournir une action rapide mais courte, jamais une action prolongée,

Les exercices aux appareils de gymnastique doivent être physiologiquement appliqués : les conditions de vitalité et de développement étant à peu près les mêmes que dans l'enfance, de huit à treize ans. Il y a une mise au point très délicate à faire, car la mue se produit vers l’âge de quatorze à quinze ans : cette période de l’enfance est quelquefois difficile à passer, surtout pour les jeunes filles. C'est en.ce moment que le besoin d’un professeur de gymnastique vraiment compétent se fait sentir. On sait, d’après la statistique, que cette période fournit le pourcentage le plus élevé dans l’hystérie des deux sexes. Elle correspond en effet à la transformation du sujet et à des études scolaires plus sérieuses. Le pas est long et difficile à franchir. Tout

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