‹ La fatigue intellectuelleChapitre 32 sur 79 · LAL · texte numérisé non relu

LAL

A L\j 1 Ej

Total.

Uni

aux terres.

Uni

aux alcalis.

Travail intellectuel

Différence ....

Ainsi dans ce cas aussi la quantité d’azote et d’acide phosphorique uni aux alcalis diminue sous l’influence du travail intellectuel, tandis que la quantité d’acide phosphorique uni aux terres augmente un peu.

Comme comparaison donnons les résultats des expériences faites sur l’influence produite par un travail musculaire sur la composition de l’urine.

Ce travail musculaire consistait à monter des paillassons ; ce travail nécessitait la station verticale, un va et vient autour du métier, des mouvements de flexion du tronc, enfin et surtout la mise en activité des muscles des bras et du thorax. Il est à noter que jamais ce travail n’a produit chez les personnes en expérience de transpiration forte. La durée de ce travail était égale à sept heures, dont trois le matin et quatre l’après-midi.

Les individus étaient soumis pendant une série de jours «oit à un régime mixte, soit à un régime végétal. Chaque série comprend seize jours, dont les huit premiers sans travail et les huit suivants avec travail musculaire.

Les tableaux suivants résument les résultats obtenus pour deux sujets.

ACIDE PHOSPHORIQUE

Total.

Uni

aux terres.

Uni

aux alcalis.

1er sujet

Repos

. Régime 22,58

mixte.

Travail musculaire ....

Différence

Régime végétai.

Repos

Travail musculaire ....

Différence

Pour le deuxième sujet, les résultats sont donnés dans le tableau suivant :

AZOTE

ACIDE PHOSPHORIQUE

Total.

Uni

aux terres.

Uni

aux alcalis.

Repos

Travail musculaire . .

\ujet. Régit 21,17 22,55

me mixte.

Différence

ÉCHANGES NUTRITIFS

AZOTE

ACIDE PHOSPHORIQUE

Total.

Uni

aux terres.

Uni

aux alcalis.

Repos

Régime vé 21,36

gétal.

Travail musculaire. .

Différence

On voit donc que l’influence produite par le travail musculaire est bien différente de celle produite par le travail intellectuel. En effet, sous l’influence du travail musculaire la quantité d’azote augmente, celle de l’acide phospliorique uni aux alcalis augmente aussi, tandis que la quantité d’acide phospliorique uni aux terres ne varie presque pas. De plus les variations sont plus fortes lorsque le sujet est soumis au régime végétal que pendant le régime mixte.

En résumant les influences produites par le travail intellectuel et musculaire sur la quantité d’azote et d’acide phospliorique dans l’urine, nous obtenons le tableau suivant :

AZOTE

ACIDE PHOSPHORIQUE

Total.

Uni

aux terres.

Uni

aux alcalis.

Travail intellectuel

Diminué.

Diminué.

Normal.

Diminué.

Travail musculaire . .

Augmenté.

Augmenté.

Augmenté.

Ce sont, on le voit, des influences tout à fait contraires. L’auteur discute longuement la raison des différents changements observés. Ces discussions reposent sur

de pures hypothèses et sont sujettes à caution ; nous nous contenterons par conséquent de les indiquer très brièvement.

4*e travail intellectuel entraîne, comme nous l’avons vu, une diminution de la quantité d’azote. Or, on sait que l’azote que l’on trouve dans les urines dépend beaucoup des aliments ingérés et de la décomposition des matières albuminoïdes. Comme l’alimentation a été la même les jours de repos que les jours de travail intellectuel, on ne peut pas rapporter la diminution de l’azote de l’urine à une variation dans la nourriture; il faut donc l’attribuer à une moindre décomposition des matières albuminoïdes.

On ne peut pas, d’après l’auteur, rattacher la diminution de la décomposition des matières albuminoïdes à une variation des échanges nutritifs qui se passe dans le système nerveux; il faut donc conclure que sous l'influence du travail intellectuel la nutrition générale de l’organisme se ralentit. C’est une conclusion qui paraît probable et qui se trouve bien d’accord avec les études récentes de Binet sur la consommation du pain pendant l’année scolaire ; de même ce résultat concorde aussi avec ceux qui ont été obtenus sur l’influence qu’un travail intellectuel prolongé produit sur la circulation du sang.

La discussion faite par Mairet de la cause qui amène une diminution de la quantité d’acide phosphorique uni aux alcalis et une légère augmentation de l’acide phosphorique uni aux terres nous paraît moins convaincante que la précédente. Il attribue, d’une part, la diminution de l’acide phosphorique uni aux alcalis à la diminution de la nutrition générale, et d’autre part il attribue cette diminua tion à l’activité du cerveau; le cerveau emploie, d’après lui, de l’acide phosphorique pour travailler; hâtons-nous de dire que cette dernière conclusion n’est pas prouvée, elle ne peut être admise que sous forme de conjecture.

Les méthodes chimiques employées par Mairet pour l’analyse de l’urine ne sont pas très précises ; elles ont été

ÉCHANGES NUTRITIFS

critiquées par Thorion *, qui a repris l’étude de l’influence produite par le travail intellectuel sur les urines.

Nous rapporterons les résultats obtenus par cet auteur. Il a analysé aussi complètement que possible l’urine; c’est un avantage sur le travail de Mairet; mais d’autre part il n’a étudié l’influence du travail intellectuel que pour un seul régime alimentaire.

Les expériences ont été faites par l’auteur sur lui-même pendant onze jours de suite. Le régime alimentaire auquel il s’est soumis est le suivant. Il y a eu deux repas par jour ; à midi : viande de bœuf (exempte d’os, graisse, aponévroses, tendons), 1 50 grammes ; haricots secs, 100 grammes ; graisse, 40 grammes (20 grammes de beurre et 20 grammes de saindoux) ; fromage, 20 grammes ; pain, 150 grammes ; vin rouge à 10°, 5, 500 centimètres cubes; eau, 500 centimètres cubes.

A 7 heures et demie: viande de bœuf, 150 grammes; pommes de terre, 200 grammes ; beurre, 20 grammes ; fromage, 20 grammes; pain, 150 grammes ; vin rouge 500 centimètres cubes ; eau, 1 000 centimètres cubes; eau-de-vie à 45°, 22 centimètres cubes.

Ce régime a été choisi de telle manière que le poids total du corps (73 kilogrammes) n’a pas varié pendant les onze jours d’expérience.

Le sommeil a toujours duré de 10 heures et demie du soir à 6 heures et demie du matin. Toutes les causes d’excitation nerveuse ont été évitées.

Les 2e, 3e, 6e, 7e, 8e et 1 Ie jours étaient des jours de repos ; ces jours-là l’auteur faisait des analyses des urines et calculait les résultats de ces analyses; c’était bien un certain travail intellectuel, mais comme l’auteur était habitué à faire ces analyses, ce travail lui était très facile ; le reste du temps de la journée il demeurait en repos.

Les 1er, 4°, 5e, 9e et 10e jours étaient des jours avec travail

* Thorion. Influence du travail intellectuel sur les variations de quelques éléments de Vurine à l'état physiologique. Paris, Baillière, 1893.

intellectuel ; entre les analyses des urines Fauteur travaillait ces jours pendant cinq à huit heures; ce travail consistait dans la lecture de livres scientifiques, la correction des épreuves, la composition et la résolution de problèmes d’algèbre.

Passons aux résultats ; nous donnons dans le tableau suivant les valeurs moyennes des analyses des urines pour les jours de repos et pour les jours de travail intellectuel.

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