‹ La fatigue intellectuelleChapitre 60 sur 79 · APRÈS LES CLASSES · texte numérisé non relu

APRÈS LES CLASSES

Phonétiques

Graphiques

Psychiques

Indéterminées

En étudiant la nature des omissions commises, l’auteur trouve qu’elles tombent le plus souvent sur les lettres suivantes : m , c, n , v, /, o, k, d ; les voyelles sont omises bien plus rarement que les consonnes. Les substitutions les plus nombreuses sont les suivantes : r-l , p-b , d-n , t-n , b-v , d-t> g-k. On voit que des sons en apparence très différents l'un de l’autre, comme detn> peuvent être substitués l’un à l’autre. Mais en analysant la manière dont se produit l’articulation de ces différents sons on voit que ce sont des sons dont les mouvements d’articulation sont très ressemblants qui sont confondus. C’est un résultat intéressant qui montre d'après l’auteur que sous l’influence du travail intellectuel l’attention s’émousse, et cette diminution dans la force d’attention entraîne une confusion entre des mouvements peu différents l’un de l’autre.

Ce travail montre que la méthode des dictées est assez sensible pour étudier l’influence produite sur l’attention par un travail intellectuel; une analyse minutieuse des erreurs peut même indiquer la nature de cette influence. Bien que ce travail ait été fait en 1879 il est resté complètement

MÉTHODE DES DICTÉES

oublié pendant douze années, et ce n'est qu'en 1891 qu'on a repris la question de l’étude expérimentale de la fatigue intellectuelle des élèves.

C'est Hopfner 1 qui a le premier, après Sikorski, repris la méthode des dictées; seulement, au lieu d'étudier l'influence produite par une certaine leçon, il a voulu examiner comment progresse la fatigue intellectuelle des élèves pendant deux heures d’occupation; il a fait une longue dictée qui a

Nombres d'erreurs par 100 lettres

1 Z 3 5 6 7 8 9 10 11 12 13 l(t 15 16 17 18 19 e phrases

Fig. 87. — Expériences de Hopfner. Nombres d’erreurs par phrase pendant une dictée de 13 phrases ayant duré deux heures.

duré près de deux heures. La dictée était faite à une classe de 50 élèves de neuf ans en moyenne ; elle se composait de 19 propositions dont chacune avait 30 lettres.

Le graphique 87 représente les nombres d'erreurs par phrase, les nombres sont rapportés à 100 lettres; on voit par exemple que dans la première phrase il y a eu 0,9 erreur sur 100 lettres, dans la dix-neuvième phrase il y en a eu 6,4.

La courbe monte considérablement depuis la première phrase jusqu'à la dernière. Il y a bien quelques irrégularités dans la courbe, mais il faut tenir compte de ce que

1 Hopfner. Ueber geistige Ermüdung von Schulkindern. Zeitschrift fur Psychologie und Physiolog. der Sinnesoi'gane, vol. VI, p. 191-229.

toutes les phrases ne pouvaient pas être choisies absolument équivalentes entre elles. On voit que jusqu’à la cinquième phrase les fautes n’augmentent pas, et que la courbe monte brusquement de la cinquième à la sixième phrase ; cela tient probablement à ce que la dictée des cinq premières phrases a pris une demi-heure, et les élèves de cette classe étaient habitués à faire des dictées de cette longueur qui ne prenaient pas plus d’une demi-heure.

L’auteur a étudié en détail les erreurs; seulement, au lieu de les classer comme Sikorski, d’après l’origine psychologique des erreurs, il les a classées en se fondant sur leurs caractères externes. Notre parole se compose de phrases, les phrases de mots, les mots de syllabes, et les syllabes de lettres ; sur chacun de ces éléments on peut commettre les erreurs suivantes : lacune de l’un des éléments; changement de place ; emploi de nouveaux éléments; substitution d’un élément à la place d’un autre, et enfin une lettre double employée au lieu d’une lettre simple, ou réciproquement.

Les nombres de ces différentes erreurs rapportés à 100 lettres sont les suivants :

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