‹ La fauconnerie, ancienne et moderneChapitre 8 sur 17 · FAUCON ÉMERILLON · texte numérisé non relu

FAUCON ÉMERILLON

Rochier et Èmerillon, Buffou. Falco xsalon, Brisson. Falco Hthofalco, y ieïWot. Merlin. Jach. Stone Falcon. Smellekens, èJerlinfalke. Sparviere smeriglio.

Diagnose : Moustaches faibles, nulles à la base du bec; doigts allongés, le médian égalant le tarse; ongles allongés, ailes aboutissant aux deux tiers de la queue; première rémige plus longue que la quatrième et plus courte que la seconde et la troisième, qui sont égales ou presque égales.

Taille : le mâle, 0'»,26; la femelle, 0'",31.

Le mâle adulte est cendré bleu en dessus, avec la tête et le haut du dos nuancés de brunâtre; la tige des plumes noire et des taches rousses derrière le cou ; gorge blanche; devant du cou blanc nuancé de roussâtre, avçc des stries brunes; poitrine, abdomen, sous-caudales et jambes roux, avec des taches oblongues

brunes; joues et côtés du cou variés de roux brun sur un fond blanc; couvertures alaires semblables au manteau; rémiges brunes, la première bordée de blanc en dehors et toutes terminées de blanchâtre; queue variée de cendré bleuâtre et de brun en

Pig. 16. — Eraerillon. — Falco Msalon.

dessus, avec une large bande transversale vers le bout, suivie d'une autre bande blanche très-étroite; cendrée et pointillée de brunâtre en dessous, avec des barres noirâtres; bec bleuâtre; iris brun; cire, paupières et pieds jaunes. A un âge plus avancé, le bleu des parties supérieures et le roux des parties inférieures sont plus purs et plus prononcés.

La femelle adulte, beaucoup plus forte que le mâle, a les parties supérieures d*un brun gris, avec la tige des plumes noire et les barbes bordées de roux; queue barrée de brun et de gris sur

les pennes médianes, de roux et de brun sur les latérales; gorge et cou blancs, légèrement striés de brun ; poitrine et les autres parties inférieures tachetées comme chez le mâle, mais sur nn fond blanc tirant sur le roussâtre.

[{Fig. 17. — Faucon Émcrillon, d'après Scblegel.

Les jeunes, avant la première mue, sont d'un brun plus foncé, avec des taches plus larges en dessus; moins de blanc en dessous, et les pennes médianes de la queue de même couleur que les latérales. A cet âge, la taille seule fait distinguer les mâles des femelles.

L'Émerillon habite pendant l'été les parties les plus septentrionales de l'Europe, et se répand en automne et en hiver ans

tJ.

les régions méridionales. H n*est pas rare en France. On le prend souvent au fdet aux environs de Lille, et presque toujours les sujets capturés sont des jeunes ou des femelles. Les vieux mâles paraissent plus rares ou voyagent isolément.

L'Émerillon, quoique de petite taille, est courageux, jusqu'à la témérité. Extraordinairement doux, docile et éducable. On Taffaite très-promptement, très-facilement, et l'on n'a pas besoin de lui mettre de chaperon, si ce n'est pour le transporter de la maison au lieu de chasse et pour le retour. U vole la Caille, l'Alouette, la Bécassine et tous les oiseaux de petite taille.

« L'Émerillon veut être leurré et assuré comme les autres oiseaux; il faut lui faire curée du gibier auquel on veut le mettre. Il vole pour le Pigeon, pour le Perdreau, la Caille, l'Alouette, le Merle. On le tient l'hiver dans un lieu chaud, et on lui met une peau de Lièvre sur le bloc, crainte que le froid ne lui endommage les mains. »

« L'Émerillon, dit Toussenel, a de la noblesse. Il loge un grand cœur dans un petit corps; il est vif, intelligent, docile et courageux. Les vieux fauconniers ne tarissent pas en considérations élogieuses sur le nombre de ses mérites et les charmes de son caractère. Il se dresse en huit jours, vole tout ce qu'on veut, chasse avec qui Ton veut, et ne se trouve jamais déplacé nulle part. ]] a longtemps volé la Caille, de compte à demi avec l'Épervier, et il n'a pas cru déroger en s'associant avec la Pie- Grièche pour voler le Moineau-Franc et le Roitelet dans les jardins du Louvre sous le règne de Louis le Juste, ainsi nommé, parce qu'il était né sous le signe de la Balance. »

On a vu plus d'une fois l'Émerillon abandonné à lui-même, rÉmerillon qui n'est pas gros en tout comme une caille, attaquer la Perdrix et la prendre, et livrer à la Pie, au Geai et au Choucas des assauts formidables. Il vole naturellement aussi la Pie-Grièche, la Huppe, l'Étourneau, le Merle, la Grive; mais son

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vol de prédilection est, comme pour le Hobereau, celui de l'Alouette. L'Émerillon a été créé et mis au monde pour assister l'homme dans la chasse à l'Alouette, et c'est surtout en sa qualité de voleur d'Alouettes que les fauconniers de France l'employaient autrefois.

L'habitude était de donner trois Émerillons à la Pie-Grièche et à la Grive; deux seulement à TAlouette, au Cochevis, à la Huppe. On adjoignait l'Émerillon à l'Épervier pour le vol de la Caille, du Merle, du Râle d'eau, du Râle de genêts, etc.

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