FAUCON HOBEREAU
Falco subbttleo, Linné. Tagarot, vulgairement dans le Midi. Hobby Fakon. Baumfalke. Falco barlella e ciamalo. Boomwalk et Molliet.
Diagnose : Moustaches étroites et pointues; pieds grêles; doigts allongés; le médian plus long que le tarse ; ailes dépassant le bout de la queue; première rémige de la longueur de la troisième ou plus longue.
Taille : le mâle, 0"*,30; la femelle, 0»»,32.
L^ Hobereau mâle, en été, a les parties supérieures d'un cendré bleuâtre, varié de roussâtre au front et au vertex, avec deux taches rousses à la nuque, et la tige des plumes d'une nuance noire; gorge, devant et côtés du cou blancs; poitrine, abdomen d'un blanc lavé de roussâtre; marqué de taches noirâtres, larges et longitudinales; bas-ventre, sous-caudales et jambes d'un roux très-vif, quelquefois avec des taches sur les culottes; joues et moustaches noires, ces dernières se prolongeant du bec aux parties latérales du cou; couvertures alaires semblables au manteau; rémiges bnmes, terminées par un léger liséré grisâtre; queue de même couleur, avec des bandes transversales d'un cendré roussâtre sur les barbes internes des dix pennes latérales en
dessus, œndrées en dessous*; bec bleuâtre; iris couleur noisette;
paupières, cire et pieds jaunes.
La femelle, plus forte que le mâle, est d*une teinte plus brune en dessus, avec le roux des parties inférieures moins vif.
Fig. 18. — Faucon Hobereau.
Les jeunes de Tannée sont d'un noir fuligineux en dessus, avec plumes bordées de- jaune roussâtre, surtout à la tête et aux ailes, et d'un roux plus obscur au ventre, aux sous-caudales et aux jambes ; ces dernières portent des taches bnmes; iris gris bnm.
Le Hobereau habite toute l'Europe et l'Afrique. 11 est com^ mun en France et en Allemagne. Il se nourrit de petits oiseaux.
principalement d'alouettes, et il mange aussi des insectes. Degland.
Quoique le Hobereau ait les doigts courts et moins liants que ceux des autres Faucons, on l'emploie cependant pour le vol des petits oiseaux. 11 est doux, docile, bien éducable et même trèsfamilier. Je trouve néanmoins dans mes notes un renseignement peu favorable sur ce petit Faucon ; je le transcris sans pouvoir indiquer son origine. « De tous les oiseaux de proie, il n'y en a point qui soit plus libertin ni plus volontaire que le Hobereau; c'est ce qui rend son affaitage plus difficile que celuy des autres Faucons, quoiqu*en Taffaitant on suive les mêmes principes. »
On considérait aussi le Hobereau comme un oiseau de haut vol, et on Tavait surnommé le Hardi. On s'en servait surtout pour faire la chasse aux Alouettes. Les pauvres créatures sont tellement effarées à la vue de cet ennemi, qu'elles préfèrent être prises par la main de l'homme plutôt que de courir les chances d'une fuite.
Le Hobereau, d'après Toussenel, est de sa nature encore plus ami de l'homme que tous ses congénères. Il fait semblant de ne pas croire à la rupture de l'alliance qui fut entre son seigneur et lui. Il vous accompagne à la chasse en plaine malgré vous, observe avec un intérêt palpitant les évolutions de votre braque en quête d'un Râle de genêts ou d'une Caille, prend quelquefois la pièce au départ avant que vous ne l'ayez tirée, mais attend plus volontiers néanmoins, pour jouer son coup, que vous l'ayez manquée. Une preuve remarquable que donne le Hobe reau de sa perspicacité est de préférer la compagnie d'un chasseur novice, d'un collégien qui débute, à celle du chasseur expérimenté qui n'use pas de poudre aux moineaux. Il ne cache pas non plus sa prédilection pour les choupilles qui bourrent et qui s'écartent, et il témoigne de l'éloignement pour le poin
1er et le braque trop solides à l'arrêt. On prend fréquemment cet oiseau au filet d'Alouettes, ainsi qu'à la pipée, où il accourt à l'appeau de la Chouette. Il est arrivé plus d'une fois à Toussenel, comme à tout le monde, de se méprendre sur les motifs qui décidaient le Hobereau à lui faire cortège et de le châtier de sa témérité. Il y a bien des années qu'il avait remarqué la préférence de ce rapace pour les chasseurs dont le plomb arrête peu et dont les Chiens n'arrêtent guère. Le Hobereau attend l'ouverture de la chasse avec la même impatience que les chasseurs. Les Perdrix et les Cailles sont souvent victimes de son courage et de sa rapacité.