‹ La Faune de la TranchéeChapitre 10 sur 11 · RATES · texte numérisé non relu

RATES

De couleur brune, le mâle mesure environ 2°"5 de long sur 1 millimètre de large; la femelle, de couleur jaunâtre, est longue de 4 millimètres, large de 3, et lorsque, repue, elle se détache de son hôte, ses dimensions sont parfois plus que doublées. Une fois fécondée, elle pond plusieurs milliers d'œufs et meurt. Des œufs sortent des larves qui, après plusieurs mues et des passages successifs sur des hôtes différents, donnent naissance à des Ixodes adultes. Lorsque l’on est piqué par un pou de bois, on observe, au point de pénétration du rostre, une petite auréole rouge. Peu de démangeaison, douleur assez vive, le pou reste fixé à la peau. La première fois que nous avons observé un de ces parasites, un de nos infirmiers, qui était bücheron, l'a reconnu tout de suite et il connaissait parfaitement le moyen de s’en débarrasser qui consiste à le faire détacher avec une

goutte de pétrole.

D. Les Puces. — Les puces sont des Diptères appartenant à la famille des Pulicidés. D'une longueur de 2 à 4 millimètres, le corps est ovale, comprimé latéralement et de couleur brune luisante. La trompe rigide avec laquelle l’insecte pique et suce le sang présente des crochets récurrents lui permettant de se fixer dans la peau. Ces diptères, qui, par suite de leur vie parasitaire, ont perdu toute trace d'ailes, sont spécialement adaptés pour le saut, ainsi que le montre l'allongement considérable de la troisième paire de pattes. Les puces pondent des œufs qui donnent naissance à une larve vermiforme qui, après s'être entourée d'un pelit cocon soyeux, produit une nymphe d’où sort l’insecte adulte.

Les espèces piquant l'homme sont très nombreuses, telles sont le Pulex irritans, le Pulex Cheopis, le Ctenocephalus canis, etc. ; d’ailleurs, la même espèce peut se trouver sur plusieurs mammifères et, inversement, le même hôte peut héberger plusieurs espèces de puces. En plus du prurit désagréable, très variable d’ailleurs selon les individus, qu'occasionne la piqüre de cet insecte, nous avons vu au chapitre Il que la puce était le grand agent de transmission de la peste, nous n'y reviendrons pas : il semble certain aussi qu’elle joue un rôle important dans la transmission de la pneumonie.

Les puces, naturellement, pullulent dans la tranchée : leur destruction repose sur la propreté des hommes, le balayage et la propreté constante des gourbis et des cantonnements. Lorsqu'un abri est signalé comme infesté de puces, le mieux est de brüler avec soin toute la paille et de faire un grand lavage au crésyl.

C'est le procédé que nous employons toujours; mais cette opération est bien loin d'être définitive, et souvent, quelques jours après seulement, l'abri est envahi par une nouvelle horde de puces.

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