‹ La faune des cadavresChapitre 26 sur 55 · SEPTIÈME APPLICATION · texte numérisé non relu

SEPTIÈME APPLICATION

(Il s'agit ici de l'étude d’un fœtus trouvé dans une caisse à Paris, caisse restée dans les rebuts de l'administration des Messageries par suite d’une fausse adresse intentionnelle).

Le fœtus, qui était à l’état frais, non encore entré en décomposition, ce qui s'explique par la rigueur de la saison (on était en mars 1886), était entouré d’une matière terreuse à odeur de fumier, lorsqu'il me fut remis le 31 mars, par M. Socquet, médecin-légiste, pour être examiné. Dans cette terre grouillatent un certain nombre

de larves blanches, petites, cylindro-coniques, dans lesquelles je reconnus les larves de la mouche des fenêtres (Musca domestica) qui se développent d'habitude dans le fumier d’écurie. Ce développement ne se fait que si la température est favorable,

Au mois de mars la température est tellement basse qu'aucune mouche n’était encore apparue. Or, on sait que les premières mouches qui apparaissent au printemps, ce sont des femelles fécondées qui passent l'hiver engourdies dans des trous de murs ou autres cachetles, et qui, en pondant, fournissent les premières générations de mouches de l’année. La présence de larves dans la terre qui entourait le fælus, prouve que celui-ci vient d'un pays où le printemps régnait déjà au milieu de mars et ce pays ne peut être que le midi de la France.

Ce sont là toutes les déductions que j'ai pu tirer de l'étude de la pièce que j'ai eu à examiner.

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