HUITIÈME APPLICATION
Appelé le 20 mars 1883 à examiner le cadavre d’un fœtus envoyé au laboratoire de Méuecine légale de Paris, nous avons constaté que le.
corps était desséché et à peu près complètement momilié, enveloppé dans des débris de linges, dans les plis agglutinés desquels existait une poussière noirâtre qui couvrait aussi une grande partie du cadavre.
L'examen de cette poussière, dans laquelle se promenait un certain nombre de larves vivantes sous forme de vers blancs cylindriques, à têle rousse, nous a montré qu'elle élait composée presqu'enlièrement de petits corps sphériques, opaques, rugueux, noirs où bruns, qui n'étaient autre chose que les déjections de larves d’insectes.
Dans cette poussière se trouvait aussi :
« 1° Un certain nombre de pupes de mouches carnassières, pupes toutes vides dont les occu: pantes étaient envolées depuis longtemps.
« 29 Quelques fourreaux provenant des mues de larves de Lépidoptères du groupe des T'inéiles.
« 3° Quelques Acariens très vivants du genre Tyroglyphus qui se promenaient dans la poussière.
€ 4° Enfin un grand nombre de fourreaux üissés, encore habités par une Tinéile, qui n'est autre que la fausse teigne des cuirs de Réaumur, l’Aglossa cuprealis, qui vit de matières animales
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desséchées. Ce sont certaines de ces chenilles sorties de leur fourreau, ou n’en ayant pas encore construit, qui se promènent dans la poussière noire et qui frappent la vue par leur blancheur, tranchant sur le fond noirâtre de la première,
« Voyons maintenant quelles indications nous fournissent les insectes ou débris d'insectes analysés ci-dessus.
« Les débris qu'ont laissé les mouches carnassières et l’absence complète de leurs cadavres ou de leurs larves, débris, du reste, en peüile quantité, correspondent à une première belle saison, entièrement écoulée et qui était déjà avancée.
« Une deuxième période est indiquée par la présence des Aglosses dont les larves passent l'hiver pour se métamorphoser au printemps. Au moment où nous les examinons, elles ont leur entier développement et ont confectionné leur fourreau pour se préparer à cette mélamorphose. Elles sont arrivées sur le cadavre en juillet dernier et c'est, par suile, Pautomne précédent que se sont montrées les mouches carnassières. Ceci nous suffirait déjà pour faire remonter la mort du fœtus à l'automne de 1883 ; le calcul est confirmé par l'arrivée des Acariens et absence des
Anthrènes qui appartiennent à la {roisième période, laquelle est sur le point de commencer.
« Nous sommes donc autorisé à conclure que l'époque de la mort du fœtus remonte à dixhuit mois, c’est-à-dire à l'automne de 1883. »
(La mère, arrêtée plus tard, a avoué que son
enfant était mort en couche en octobre 1883).