TREIZIÈME APPLICATION
Le 10 décembre 1888 on trouva dans une chambre à Paris, assis dans un fauteuil, le cadavre, en partie desséché, d’un homme qui avait probablement été frappé d'apoplexie. Nous fûmes chargé, par l'examen des Insectes et de leurs dé-
bris qui existaient sur ce cadavre, de déterminer
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approximativement l’époque à laquelle remontait la mort.
Cet examen fut fait le 12 décembre 1888.
Voici l'inventaire des insectes trouvés, SOI à l’état de cadavre, soit à l’état de débris, de coques, de pupes et même de larves vivantes.
Lucilia Cæœsar, rares exemplaires adultes, morts, et quelques coques vides de nymphes.
Pyophila petasionis Duf. Larves par myriades tombant à foison de tous les côtés quand on remuait le cadavre, très vivantes et sautant comme celles du fromage auxquelles elles ressemblent entièrement, sauf qu'elles sont un peu plus fortes et un peu plus vigoureuses.
Dermestes Frischii en très grand nombre à l'état parfait et surtout à l’état de larve.
Corynètes, ou Necrobia, rufipes et ruficollis à l’état parfait ou à l’état de larve, assez abondantes.
L'absence des travailleurs de la première heure ou première escouade (Curtonevira, Calliphora) indique qu’à l'époque de la mort ces mouches n’existaient pas, probablement à cause du froid.
L'apparition de quelques Lucilies, indique que la température s’est adoucie au moment où l’on
entrail dans la deuxième période de Ja décomposi- Hüion putride, c'est-à-dire que le printemps s’accusait. Les fermentations butyrique, et même caséeuse, ont dù être dans leur plein pendant les grandes chaleurs et appeler les Pyophiles et les Dermestes el, six mois après, nous les trouvons en pleine période larvaire et mûres pour se transformer en nymphes et en insectes parfaits, ce à quoi sont déjà arrivés les Dermestes Frischii et les Corynèles, à moins que les adultes de ces espèces ne soient arrivés là pour pondre.
Dans tous les cas, nous n'avions là que les travailleurs des deux parties extrêmes d’une année mème pas entière, aussi estimons-nous que la mort doit remonter au milieu de l’hiver précédent, en janvier ou février.
Les renseignements obtenus par la police portent en effet que le sujet avait disparu après la première quinzaine de janvier. C’était un colporteur qui parcourait la province et qui, bien régulièrement, chaque trimestre, venait renouveler ses provisions à Paris, On ne l'avait plus revu après le terme de janvier qu'il avait payé aussi
régulièrement que tous les autres.
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