‹ La faune momifiée de l'antique ÉgypteChapitre 2 sur 10 · I. SQUELETTES · texte numérisé non relu

I. SQUELETTES

29501. Lévrier de l'ancienne Egypte. — Squelette. — Longueur du corps, de la première apophyse dorsale à l'extrémité postérieure des ischions G m. 67 cent., hauteur, sur les apophyses dorsales o m. 56 cent. — Assiout, Haute-Egypte (pi. I).

Description : Ce chien, représenté par un seul spécimen dans la collection des animaux

de l'Egypte ancienne, se rapporte tout à fait au lévrier à queue enroulée qu'on voit

figuré sur plusieurs monuments pharaoniques (Rosellim, I monumenti dell'Egitlo e

délia Nubia, t. II, pi. XVI, fig. 3, 4 et 5) et

notamment au registre inférieur d'un bas-relief

du tombeau de Phtahhotpou (Maspero, Histoire

ancienne des peuples de l'Onent, Egypte et Chal-

dée, p. 63).

Les caractères morphologiques de ce lévrier sont

les suivants : Haut sur jambes. Corps allongé,

pas de ventre, poitrine étroit» et haute, colonne

vertébrale légèrement arquée. Tête longue, pig. 1.

front large et bombé. Oreilles de longueur

moyenne, droites et pointues. Queue longue, enroulée un tour et demi. Membres

secs, quoique assez robustes (fig. 1). Pouce court aux membres antérieurs, manquant

aux pattes de derrière. Poil court, gris jaunâtre clair. Calai, du Mutée, n° agSoi. «

NLW YORK UNIVERSITY

WASHIfJGIK-; SC'J/;,! C'LIIGE

LIBRARr

Le lévrier de l'ancienne Egypte est voisin du Sloughi et surtout du lévrier de Kordofan auquel plusieurs zoologistes ont cru pouvoir l'identifier. Ces deux variétés se distinguent pourtant par une taille notablement plus élevée ainsi que par le port de la queue et des oreilles. Quelques naturalistes pensent que la souche de ces différentes formes, anciennes ou modernes, est Canis simensis, Rûppel, le chien sauvage d'Abyssinie.

Chez le lévrier ancien le squelette est un peu moins grêle que chez les individus actuels de même race. Comparé à deux squelettes modernes de lévrier et de loup, on trouve que les rayons osseux de ses membres présentent des proportions rappelant plutôt le loup que le lévrier. Voici les dimensions principales de ces trois squelettes :

MISÉE DU CAIRE. MUSÉl'U DE LTOK.

LBTBIBR HOHIFIK. LOUP VULr.AinB, Lb'TfilEU UOOEH^IB.

Mâle. Femelle. Mêle.

millimètres. millimètres. millimètres.

de l'omoplate iSfi 1/17 i56

de J'hiimérus 176 i8!i 190

du ladius 179 i85 199

Longueur ^ du 3' mélacarpien .... 69 76 78

du fémur 207 209 a 1 a

du tibia 198 ao3 aao

du 3' mélalarsien 79 86 89

Les chiffres précédents montrent que, chez le lévrier momifié, le tibia (0 m. 198 mill. de longueur) est plus court que le fémur (0 m. 907 mill.); il en est de même dans le loup vulgaire, mais pour le lévrier moderne on relève des proportions inverses : Le fémur (0 m. 912 mill.) est moins allongé que le tibia (0 m. 990 mill.).

D'après ces quelques observations, le lévrier de l'ancienne Egypte se rapprocherait plutôt des Canidés sauvages que des lévriers de notre époque. Mais, pour justifier cette conclusion, on doit attendre d'avoir effectué, sur une plus grande série d'individus, un certain nombre de remarques concordantes.

La tête osseuse du lévrier ancien est modérément allongée, étroite au niveau des arcades zygomatiques (pi. IV); le front large et bombé indique un angle orbitaire de 55 degrés. (L'angle orbitaire est le supplément de l'angle formé par deux lignes droites, situées dans un plan perpendiculaire à l'axe du crâne et tangentes, l'une à l'arcade zygomatique et à l'apophyse postorbitaire, l'autre aux deux bosses frontales.)

Le lévrier, dont les principaux caractères squelettiques viennent d'être indiqués, était momifié très sommairement. Son corps, tout imprégné de natron et entouré d'une simple toile grossière, ne portait aucune li^ce de bitume. Les pattes de derrière avaient été repliées contre le ventre, les membres antérieurs étaient étendus à droite et à gauche de la poitrine.

On sait que plusieurs égyptologues voient le dieu Sît représenté sous la forme d'un animal de cette race, dans les figurations des anciennes dynasties. Sur les tombes de Béni-Hassan, la divinité ty phonique offre en effet, dans son ensemble, l'aspect

d'un lévrier. Toutefois ce dernier ne saurait pas plus être identifié au chien momifié du Musée du Caire, qu'à tout autre lévrier africain de notre époque. Tous ces animaux se distinguent nettement de l'animal de Sit, soit par la forme de la tète, soit par le port des oreilles cl de la queue.

Parmi les lévriers actuels pouvant rappeler l'animal de Sit-Typhon, on ne peut guère citer que les formes du Taurus ou bien d'Asie Mineure et de Grèce, au museau très légèrement convexe et à queue toufTue, comme le Barsoi de Russie. Encore devonsnous, pour admettre ce rapprochement, reconnaître que les particularités morphologiques de ces animaux ont été fortement exagérées dans la figure de la divinité.

Le lévrier momifié du Musée du Caire ainsi que les différents chiens décrits plus loin , proviennent d'Assiout. Les momies de celte localité sont d'une époque incertaine; quelques-unes datent de la période romaine, d'autres sont plus anciennes, mais nulle ne paraît, d'après M. Maspero, antérieure ù l'époque saïte. Elles remplissent de petites tombes creusées dans le flanc de la montagne voisine de la ville, spécialement au nord de la grande tombe connue sous le nom de Stabel-Antar.

Le chien était consacré, avec le chacal, le loup et le renard, à Anubis qui avait des temples dans diverses localités, notamment à Lycopolis (Assiout) et à Cynopolis (El-Kaïs, près de Samaloul).

Conservation : Bonne.

BiBL. : LoRTET et Gaillard , La Faune momifiée de l 'ancienne Ègtjpte , p. 1 3 , flg. 9 et i o , Lyon , 1 goS.

29502. Chien errant. — Squelette. — Longueur du corps 0 m. 65 cent., haut, o m. 63 cent. — Assiout, Haute-Egypte.

Description : Le chien errant d'Egypte est un type de taille plus faible que le chien paria de Constantinople. Sa tête est longue, forte par rapport au corps. Les oreilles sont droites et pointues, plutôt courtes. La queue, dont l'extrémité atteint le talon, est touffue et pendante. Cinq doigts aux pattes de devant, quatre à celles de derrière. Le poil est le plus souvent roide, hérissé, roux plus ou moins foncé, tirant parfois sur le jaune clair; quelques rares individus sont noirs. Une bonne figure du chien paria égyptien, d'après un individu actuel des bords du Nil blanc (fig. 2), a été donnée par M. Conrad Keller dans son étude sur l'origine des animaux domestiques i^Die abstammung der àllcslen Fig. 2.

Haustiere, p. 58, fig. ili, Zurich, 1902).

Ces chiens devaient être très communs pendant les temps pharaoniques, si l'on en juge par les amoncellements qui se trouvent dans les anciens hypogées. Ils étaient encore assez répandus dans la vallée du Nil il y a quelques années. Actuellement on ne les aperçoit plus qu'en petit nombre vivant, comme toujours, à demi-sauvages aux environs des villages et dessilles. La nuit venue, ils parcourent les rues se nourrissant de petits animaux, des débris et des corps morts laissés sur le sol. Ils

vivent au milieu des ruines, ou se creusent des trous dans les accumulations do décombres qui entourent la plupart des villes de la Basse et de la Haute-Egypte.

Le squelette du chien paria de la vallée du Nil est, dans son ensemble, bien moins robuste que celui du chien des rues de Constantinople. Le caractère le plus important et le plus constant est relatif à la proportion des rayons osseux des membres. La longueur du fémur est toujours, comme chez les loups et les chiens quaternaires, un peu plus élevée que celle du tibia , alors que dans la plupart des chiens domestiques actuels, on trouve un rapport inverse, le tibia est plus long que le fémur.

Les vertèbres thoraciques sont presque toujours au nombre de a 3 : i3 dorsales, 7 lombaires et 3 sacrées. Le s([uelette n° 29605 qui est examiné plus loin, fait seul exception, il en possède 24 : 1 3 dorsales et 7 lombaires également, mais on compte h vertèbres sacrées. Chez cet individu la queue paraît avoir cédé une vertèbre au sacrum.

Dans le tableau suivant nous indiquons les dimensions principales des quatre squelettes de chiens errants de la collection du Musée du Caire.

CHIENS ERRIKTS MOUIFIES.

' de l'omoplate

de l'humëriis

du radius

Longueur •, du 3' raélacai-pien .

du fémur

du tibia

du 3' mëtatarsien . .

Mâle.

Mâle.

Mâle.

Mâle.

millimètres.

millimètres.

millimètres.

mitlimètref.

io4

lllO

Chez le chien paria d'Egypte la tête est aussi volumineuse relativement que chez le chien de Turquie. Mais le front est moins bombé, les arcades zygomatiques sont plus élevées. Ces différences entraînent un abaissement sensible de l'angle orbitaire qui varie de 45 à 48 degrés pour les chiens momifiés, alors que nous trouvons dans la forme de Constantinople un angle de 52 à 55 degrés. L'angle orbitaire de l'individu n° 29602 mesure 48 degrés.

La tête de ce canidé ancien se distingue surtout par sa face courte et son crâne assez développé (pi. IV). Ce caractère le rapproche des chacals, de Canis antlius et Canis aureus notamment, alors que le chien paria de Constantinople, dont la face est plus grande que la capsule crânienne, est plutôt voisin des loups. Sa dentition accuse un régime à peu près identique à celui des chiens domestiques. Les tuberculeuses supérieures faiblement développées, à peine plus grandes que la carnassière, indiquent un animal un peu moins omnivore que les chacals^.

Ces chiens d'Assiout ont tous été momifiés très simplement : Ils ont subi une macération dans un bain de natron, puis, les meitibres ayant été allongés à droite et à gauche de la poitrine ou repliés contre le ventre, les corps de ces animaux ont été protégés

LA FAUNE MOMIFIEE DE L'AMIQUE EGYPTE. 5

séparément d'une enveloppe d'étoffe et entassés les uns sur les autres, dans les fosses et les souterrains où ils sont trouvés maintenant. Conservation : Bonne.

BiBL. : La Faune momifiée de l'ancienne Éifijple, p. 5, (Iff. 6.

29503. Chien égyptien. — Squelette. — Longueur du corps o m. ^i5 cent., haut, o m. IxU cent. — Assiout, Haute-Egypte (pi. II).

Description : Les caractères morphologiques de cette variété sont voisins de ceux du chien errant de la vallée du Nil. Le chien égyptien se distingue de ce dernier par sa taille un peu plus forte et surtout par sa tête qui offre des proportions hien différentes : L'angle orbitaire ainsi que le développement relatif de la face et du crâne sont, en effet, à peu près les mêmes que chez les animaux domestiques de notre époque, tandis que la tête osseuse du chien paria d'Egypte rappelle plutôt, comme on l'a vu précédemment, celle des chacals. Chez l'individu n° agSoS, la longueur de la capsule crânienne est de o m. 087 mill., celle de la face 0 m. oyo mill. L'angle orbitaire mesure 5i degrés (pi. IV).

En ce qui concerne l'ensemble du squelette, nous le trouvons fort rapproché de celui du chien errant. Les proportions des rayons osseux des membres sont, dans ces deux formes, à peu près semblables, comme le montrent les chiffres suivants relevés sur les trois spécimens du Musée du Caire.

CHIENS EGIPTIESS MOMIFIES.

de l'omoplate

de l'humérus

du radius

Longueur < du 3' mëtacarpien .

du fémur

du tibia

du 3' métatarsien. .

Femelle.

Mâle.

Mâle.

millimètres.

■ aillimèlreii.

millimètres,

laa

lie

Dans cette série de squelettes la longueur du thorax, de l'extrémité des ischions à la première apophyse dorsale, est en moyenne de o m. /l'y cent. Aucune variation numérique des vertèbres thoraciques n'a été relevée : on trouve toujours 1 3 vertèbres dorsales, 7 lombaires et 3 sacrées. Les apophyses épineuses des vertèbres de la région lombaire sont très courtes.

Le tr chien égyptien n ne peut être regardé comme représentant une variété très pure : certains des individus étudiés semblent participer, les uns du chien errant, les autres du lévrier d'Egypte. Ces ressemblances prouvent que de nombreux croisements ont dii se produire de tout temps entre les diverses formes locales de même espèce ou de

même race. La variété décrite ici vivait probablement domestiquée servant à la garde des troupeaux ou des maisons.

Les spécimens recueillis à Assiout ont tous été momifiés de la même manière. Le corps, après avoir séjourné dans un bain de natron, a été protégé par une seule enveloppe de toile grossière. A Thèbes on a trouvé des individus, de la même forme zoologique embaumés avec un grand luxe d'ornementation, comme on en peut juger d'après deux exemplaires achetés à Louxor et conservés au Muséum de Lyon (La Faune momijîée de Vancienne Egypte, fig. 2). Dans ce mode de momification, le corps du chien était d'abord entouré de nombreuses et larges pièces de toile, puis, par-dessus cette première enveloppe, on entre^croisait d'étroites bandelettes faites d'étoffes de trois tons différents, brun, jaune clair et jaune foncé, de manière à former sur toute la surface de la momie jusqu'à la base du cou, des séries de rectangles réguliers. On recouvrait ensuite la tête d'un stuc noirâtre sur lequel les yeux étaient dessinés en blanc. Enfin, les oreilles droites de l'animal, étaient figurées par deux pièces de bois appliquées sur les faces latérales de la tête, et recouvertes aussi de toile et de stuc.

Conservation : Bonne.

BiBL. : La Faune momifiée, p. lo, fig. 8.

29504. Chien égyptien. — Squelette. — Longueur du corps o m. ûg cent.,

haut, o m. hh cent. — Assiout, Haute-Egypte.

Description : Ce spécimen offre les mêmes particularités que le précédent. Les membres, dont les dimensions sont indiquées avec celles du n° agôoS, ont, ainsi que le corps, environ les mêmes proportions relatives que chez le chien errant.

Bien que le rapport de longueur de la capsule crânienne (o m. 098 mill.) et de la face (0 m. 087 mill.), accuse également chez cet individu, des affinités avec le chien paria, l'examen détaillé de la tête osseuse montre qu'il s'agit d'une forme différente : Le front un peu plus proéminent, l'apophyse zygomatique moins élevée, donnent en effet un angle orbilaire de 67 degrés, alors que chez le paria, cet angle oscille entre i5 et 48 degrés seulement.

Comme toutes les momies qui proviennent d'Assiout, celle-ci ne portait aucune trace de bitume. Le corps de l'animal, imprégné de natron, était protégé par une seule enveloppe d'étoffe.

Conservation : Bonne.

BiBL. : La Faune momiftée , p. 10.

29505. Chien errant. — Squelette. — Longueur du corps o m. 45 cent., haut.

o m. 45 cent. — Assiout, Haute-Egypte (pi. III).

Description : Ce squelette dont la photographie est reproduite planche III, peut être regardé comme représentant le type du chien paria de l'Egypte. La tête est, en effet, assez volumineuse comparativement au corps; les dimensions des rayons principaux

des membres, indiquées avec celles de l'individu n" agooa , ont entre elles les mêmes rapports qui ont été signalés plus haut à propos de cette variété de Canidés. Les vertèbres de la région lombaire sont remarquables par la brièveté de leurs apophyses épineuses.

En ce qui concerne la tête osseuse, on voit toujours le front étroit et peu bombé rappelant le crâne des chacals. L'angle orbilaire est seulement de 67 degrés, alors qu'on le trouve variant de 43 à Ub degrés chez trois chacals de l'Algérie et de l'Egypte.

La longueur de la capsule crânienne (0 m. o(jti mill.) est à peu près égale à celle de la face (0 m. ogS mill.).

La momie de cet individu était protégée par une seule enveloppe de toile. Le corps imprégné de natron, ne portait aucune trace de substance bitumineuse.

Conservation : Bonne.

BiBL. : La Faune momifiée, p. 5, ilg. 3.

29506. Chien errant. — Squelette. — Longueur du corps 0 m. kU cent., haut.

0 m. 1x2 cent. — Assiout, Haute-Egypte.

Description : Ce spécimen de petite taille est aussi un excellent type de paria. Toutes les particularités de la race sont visibles et même accentuées chez cet individu. Les dimensions principales des membres ont été données avec celles du n° 9(j5o2. On voit qu'il y a prédominance de longueur, non seulement du fémur sur le tibia, comme chez la plupart des chiens sauvages ou anciens, mais encore de l'humérus (0 m. làli mill.) sur le radius (0 m. 1/10 mill.), au lieu que dans presque tous les autres cas, la longueur du radius dépasse celle de l'humérus.

La tête se rapproche également, par plusieurs caractères, de celle des chacals. La partie crânienne a 0 m. 090 mill. de longueur, tandis que la face moins développée, mesure seulement 0 m. 082 mill. Son angle orbitaire est de /i5 degrés; on sait qu'il varie entre /i3 et 45 degrés chez Canis anthun, F. Cuvier, le chacal de l'Egypte.

Ce chien a été momifié à l'aide du natron. Son corps était entouré d'une enveloppe de toile sans ornementation extérieure.

Conservation : Bonne.

BiBL. : La Faune momifiée, p. 5.

29507. Chien errant. — Squelette. — Longueur du corps 0 m. ^8 cent., haut.

0 m. /ta cent. — Assiout, Haute-Egypte.

Description : L'ensemble du thorax est un peu plus grand qu'à l'ordinaire. Les longueurs des membres, indiquées avec celles du squelette n° 29602, sont aussi un peu plus élevées que chez les trois individus de même forme qui viennent d'être décrits, mais elles présentent entre elles toujours les mêmes rapports. Ces différences ne dépassent donc pas les limites des variations individuelles.

Le crâne a la même forme que précédemment, avec des dimensions relatives identiques, il est par conséquent un peu plus fort que chez les individus de taille moyenne. La longueur de la face est de cm. 089 mill., celle de la capsule céphalique atteint o m. 096 mill. L'angle orbitaire mesure 4 7 degrés.

La momie était imprégnée de natron et enveloppée d'une seule pièce de toile grossière.

Conservation : Bonne.

BiBL. : La Faune momifiée, p. .5.

29508. Chat ganté (^FcUs maniculata, Cretz., var. domestica, Fitz.). — Squelette. — Longueur du corps, de l'extrémité postérieure des ischions à la première apophyse dorsale, 0 m. 33 cent., hauteur du corps sur les apophyses des vertèbres dorsales o m. 29 cent. — Stabel-Antar (pi. V).

Description : La variété domestique de Felts mamculala, ou Felis lyhica, Meyer, présente à peu près le même aspect extérieur que la forme sauvage. Les membres sont grêles, la queue est longue et terminée par une tache noire précédée de deux ou trois anneaux noirs également. Les oreilles saris pinceau, sont gris jaunâtre en dehors, blanches en dedans. L'ensemble du pelage est gris cendré jaunâtre. La face externe des membres est marquée, vers les extrémités, de trois ou quatre bandes transversales brunes ou noires. La partie inférieure du corps est de teinte très claire.

Les individus domestiqués se distinguent des individus sauvages par leur taille notablement plus faible et surtout par les proportions différentes de leur crâne. Dans la variété domestique, la longueur du corps atteint de 0 m. 82 cent, à o m. 3i cent., celle de la queue varie de o m. q5 cent, à 0 m. q8 cent. Le squelette n" 99608 est un des plus grands de cette catégorie. Ses dimensions principales, ainsi que celles d'un second individu de la collection du Musée du Caire, sont indiquées dans le tableau ci-dessous, comparativement avec les longueurs relevées sur deux squelettes modernes de chats domestiques conservés au Muséum de Lyon.

HUSKE DU CAIRE.

HDSEDII DE LTON.

PBlii UmiCCLATA Tar. nOUBSTlCA (moiDitlés à Slabel • Aiitar).

PBLtS D0MË3TICÀ

{ modernes).

France. Egypte.

millimètres. millimètres. millimètres.

' de l'omoplate 69 68 66

(le l'humënis 108 io4 gû

du radius io5 96 ^0

Longueur < du 3' mëtacarpien .... 36 38 35

du fémur 121 116 . 109

du tibia laa 116 110

du 3' métatarsien 67 56 53

millimètres.

io3

Ces chiffres font voir que les individus anciens de la variété domestique sont plus

grands que les chats domestiques actuels, bien plus surtout que le spécimen n° 79 offert au Muséum de Lyon par le docteur W. Innés bey, du Caire. Dans le chat domestique égyptien les dimensions des membres sont plus faibles que chez les plus petits individus de la variété domestique ancienne mais elles sont toutes réduites dans la même proportion.

Les exemplaires momifiés n°' 29608 et 29510 paraissent représenter une forme intermédiaire entre le chat domeslique qui vit de nos jours en Egypte et le chat ganté sauvage dont les caractères sont résumés plus loin sous le n° 29609.

A propos de la tête osseuse de Felis maniculala, var. domeslica, nous avons dit qu'elle se distingue de celle du chat ganté sauvage, par une légère différence dans les proportions relatives du crâne et de la face. Chez ce dernier, la longueur de la face (0 m. 0/1 a mill. , de la suture fronto-nasale aux alvéoles des incisives), est supérieure en effet, à la moitié de la longueur du crâne (0 m. 077 mill. du bord supérieur du trou occipital à la suture Ironto-nasale). Chez les spécimens anciens de la variété domestique, cette longueur faciale (0 m. o35 mill.) est constamment inférieure ou égale à la moitié de la longueur du crâne (0 m. 07/1 mill.). Cette réduction de la face s'observe aussi bien chez les chats domestiques actuels de l'Europe que chez ceux de l'Egypte.

Chez les félins de grande taille, le développement relatif de la face est encore plus élevé que chez Fehs maniculata sauvage. Une tête de panthère de Cochinchine, de la collection du Muséum de Lyon, mesure, pour la face 0 m. 078 mill., et pour la capsule crânienne 0 m. 128 mill. seulement. Ces caractères différentiels sont de la même nature que ceux indiqués plus haut pour distinguer les Canidés sauvages des chiens domestiques. Les différences que nous signalons entre les crânes des chats domestiques et sauvages, ne portent que sur quelques millimètres, en raison de la faible taille de ces animaux; elles sont néanmoins importantes à noter, car elles prouvent que l'éducation produit les mêmes modifications morphologiques, aussi bien chez les Félidés que chez les Canidés.

Technique : Le chat momifié qui vient d'être sommairement décrit, était entouré d'une forte épaisseur de bandes de toile jaunies par les substances résineuses et le natron. Par-dessus ces premières enveloppes, des bandelettes étroites d'étoffes de plusieurs tons, brun, jaune clair et jaune foncé, se trouvaient enroulées transversalement sur toute la surface de la momie, sauf la tête. Celle-ci, protégée aussi par plusieurs pièces de toile, était décorée de lignes représentant les yeux ou les zébrures du pelage.

Enfin, des cornets d'étoffe enduits d'une peinture gommée, figuraient les oreilles droites de l'animal. Les membres de ce chat avaient été disposés sous les bandelettes de la même manière que ceux des chiens, c'est-à-dire les membres antérieurs étendus le long des flancs, les membres de derrière repliés contre le ventre. La tête était relevée dans une direction perpendiculaire à la longueur du corps.

Conservation : Bonne.

BiBL. : La Faune momifiée, p. 97, fig. 19.

Catal. du Mutée, n° sgboi. a

29509. Chat ganté (^Felis maniculata, Cretzschmar). — Squelette. — Longueur du corps 0 m. 38 cent., haut, o m. 3i cent. — Stabel-Antar.

Description : La morphologie générale de Felis maniculata sauvage peut être ainsi résumée : Environ la taille de Catas férus d'Europe, un peu plus forte même chez quelques individus mâles; queue grêle, longue de o m. 28 cent, à 0 m. 3i cent. Oreilles blanches en dedans , gris jaunâtre à l'extérieur, sans pinceau. Membres longs ; les faces postérieures des régions métacarpiennes et métatarsiennes complètement noires ainsi que la plante des pieds. La couleur du pelage est gris cendré jaunâtre, mêlé de fauve et de noir sur le dos, le cou et la tête. Les poils de la région dorsale du corps et de la queue, sont annelés de jaune et de noir. La queue se termine par une tache noire avec, en avant, deux ou trois anneaux plus ou moins noirs ou bruns. Sur les yeux, deux taches blanches sont séparées par une bande brune. Trois ou quatre bandes transversales brunes ou noires, selon l'âge et le sexe, se voient à la face externe des membres.

La partie inférieure du corps et de la queue ainsi que la face interne des membres sont de teinte très claire, blanc nuancé de fauve.

Felis maniculata habitait probablement autrefois l'Egypte entière, puisqu'il est commun dans les hypogées qui avoisinent le Delta, aussi bien que dans ceux de la Haute- Egypte. Des momies de chats ont été trouvées, en effet, non seulement à Stabel-Antar mais encore à Tell-Bastah , à Sakkarah et Thèbes.

Actuellement le chat ganté se rencontre dans presque tout le nord de l'Afrique, depuis le Maroc jusqu'en Abyssinie.

Lorsqu'on examine le squelette de ce chat momifié, on remarque aussitôt le faible développement vertical du thorax par rapport à la longueur du corps et à la gracilité des membres. Comparé au squelette d'un individu moderne de même espèce, capturé en Tunisie, nous trouvons chez ces deux exemplaires, les mêmes caractères anatomiques et environ les mêmes proportions des rayons osseux. Ils ont également tous les deux 28 vertèbres thoraciques : i3 dorsales, 7 lombaires et 3 sacrées. Le tableau suivant indique les longueurs des membres de ces deux individus :

UDSÉE DD CURE. XlIséDII DE LTOK. FKLtS mHICVLÀTA FBUS MàlflCOLATl

(momitié). (moi)ern«).

de l'omoplate

de l'humérus

du radius ,

Longueur < du 3' métacarpien .

du fémur

du tibia

du 3' métatarsien.,

Stabel-Antar.

Tunisie.

millimètres.

millimètres.

ii4

io5

iiB

iq6

Le crâne de Felis maniculata est assez variable soit comme forme , soit comme dimensions.

Sa longueur basilaire mesure en moyenne o m. o8G miH. Le frontal, convexe le plus souvent, est parfois plat et même l^^gèrement déprimé suivant la ligne médiane antéro-postérieure. Les diverses régions du crâne : voûte palatine, spliénoïde, bulle tympanique, occipital et pariétal ont la même structure chez les deux individus ancien et moderne.

Technique : La momie était protégée par plusieurs pièces de toile jaunâtre, sur lesquelles étaient enroulées obliquement de nombreuses bandelettes d'étoffe de couleur brune et jaune clair. Ces bandelettes dessinaient des séries de losanges sur toute la surface du corps, jusque vers la tête. Celle-ci était ornée de lignes peintes représentant les yeux, le nez et les lè.vres. Deux cornets de toile enduits de gomme figuraient les oreilles dressées.

Ces chats momifiés de Stabel-Antar, près Béni-Hassan, sont de l'époque persane; lis ont été trouvés dans la plaine, sur la rive droite du Nil, au sud-ouest du ravin. La nécropole semble avoir près d'un kilomètre de longueur; elle renferme probablement, de l'avis de M. Maspero, des momies plus anciennes.

Le chat était consacré par les anciens Egyptiens à la déesse Bast, qui avait plusieurs temples dans la vallée, un notamment dans la Basse-Egypte, à Tell-Bastah, la Poubastit des Egyptiens, Bubastis des Grecs. La déesse Bast était figurée le plus souvent avec une tête de chatte.

Conservation : Squelette passable. Le péroné gauche est seul brisé.

BiBL. : La Faune momifiée, p. 28.

29510. Chat ganté (^Felis maniculata , Cretzschmar, var. domestica, Fitzinger). — Squelette. — Longueur du corps 0 m. 33 cent., haut, o m. 3o cent. — Stabel-Antar.

Description : Ce spécimen est semblable au squelette inscrit au Catalogue souslen' 2 (^b 08. On ne relève que de légères différences entre ses dimensions et celles prises sur deux squelettes modernes de chats domestiques. La tête osseuse présente toujours, comparativement à la face , une capsule céphalique un peu plus développée que chez les individus sauvages de même espèce.

Ce chat était momifié de la même manière que les individus précédemment décrits. Les membres postérieurs se trouvaient repliés contre le ventre, les antérieurs allongés de chaque côté de la poitrine. Plusieurs enveloppes de toile jaunâtre entouraient le corps qui, en outre, était orné extérieurement de bandelettes dessinant diverses formes géométriques. Sur la tête, des lignes peintes figuraient le nez, les lèvres et les yeux; les oreilles droites étaient représentées par deux cornets d'étoffe enduits de substances gommeuses.

Conservation : Passable. Deux apophyses épineuses des vertèbres dorsales sont brisées ainsi qu'une portion de l'extrémité de la queue.

BiBL. : La Faune momifiée, p. 27, fig. 21.

29511. Gazelle. — Squelette. — Longueur du corps, de la première apophyse dorsale à rextrémité postérieure des ischions o m. Sa cent., hauteur au garrot o m. 62 cent. — K6m-Méreh.

Fis- 3.

Descriptio!< : Ce squelette appartient à l'espèce Gazella dorcas, Linné, qui se reconnaît aux caractères suivants : Cornes dans les deux sexes, annelées, convexes en avant sur les trois quarts environ de leur longueur. Oreilles longues. Queue courte terminée par une touffe de poils noirs. Couleur générale jaune plus ou moins foncé ou grisâtre ; dos et membres roux; face interne des membres et ventre blancs; bande latérale

brune peu marquée à la séparation du ventre et des flancs. Touffe de poils vers l'articulation supérieure des métacarpiens (fig. 3).

La femelle est semblable au mâle, mais ses cornes sont moins recourbées et annelées, plus minces, longues la moitié seulement ou les trois quarts comme celles du mâle.

Gazella dorcas diffère de Gazella hahella, principalement par la forme de ses cornes et, aussi, par une taille un peu plus faible en moyenne. Chez le mâle de Gazella dorcas, les cornes sont divergentes de la base jusqu'au milieu de leur longueur, puis elles s'infléchissent légèrement en sens inverse et se rapprochant de plus en plus l'une de l'autre jusqu'à leurs extrémités qui sont un peu relevées en avant. Chez Gazella Isahella, les extrémités des cornes se recourbent presque à angle droit, comme l'indique une figure de MM. Sclater et Thomas [The Book ofAntelopes, vol. 111, p. i54, fig. 69, 1898), d'après un crâne de gazelle du Muséum de Londres.

Le squelette de cette gazelle momifiée ne paraît pas différer, dans son ensemble, de celui des individus actuels de même espèce. Le crâne est remarquable par ses fosses préorbitaires larges et profondes; sa plus grande longueur oscille, chez les individus anciens, entre 0 m. 167 mill. et 0 m. 180 mill.; son diamètre maximum va de 0 m. 076 mill. à 0 m. o83 mill.

Technique : Suivant les localités, ces animaux ont été momifiés d'après différents procédés, mais partout, leurs membres ont été repliés sous le corps, la tète étant maintenue dans sa position naturelle.

A Kôm-Méreh , la gazelle était d'abord entourée de larges bandes de toile imbibées d'une substance résineuse. Puis, sur cette première enveloppe, on disposait dans le sens de la longueur du corps, des tiges de papyrus ou de divers roseaux reliées les unes aux autres par des cordes transversales; l'ensemble était enfin enveloppé d'une ou plusieurs épaisseurs de toile grossière.

Ce mode de momification est représenté par une figure de la planche VI qui donne l'aspect d'un de ces animaux avant l'enlèvement de ses diverses enveloppes. On n'a pas fait usage du bitume ; les corps ont été conservés à l'aide de matières résineuses et de natron.

Les tombeaux de gazelles de Kôm-Méreh, sont situés à 3 kilomètres au sud du village, à 1 3 kilomètres environ au sud-est d'Esneh. Ce sont des caveaux quadrangulaires creusés dans la plaine, verticalement, dans le terrain marneux qui surmonte le grès nubien. Leur profondeur était de 3 à li mètres et leur surface de i o à ao mètres carrés. Les momies étaient placées les unes sur les autres sans aucun ordre. M. Schvveinfurtb suppose qu'elles ont été mises là toutes à la fois, au moment d'une épizootie qui devait ravager les troupeaux du temple.

Voici, en outre, les renseignements recueillis par M. Maspero sur les conditions dans lesquelles ces momies de gazelle ont été rencontrées. « Lorsque le petit temple de Kôm-Méreh mç fut signalé pour la première fois en 1883, une des cliambres en était remplie de gazelles entassées là à l'époque romaine, vers la fin du T siècle après Jésus-Christ au plus tôt. De nombreuses momies étaient enterrées à même le sable ou dans des puits peu profonds dans la pLiine qui borde la montagne Libyque à l'ouest du village. C'est de là que viennent les gazelles conservées au Musée du Caire. Elles sont peut-être plus anciennes que celles qu'on trouvait dans le temple, probablement du i" siècle avant Jésus-Christ, -n

Des gazelles semblables à celles qu'on trouve momifiées sont représentées sur plusieurs monuments égyptiens , entre autres sur les murs du tombeau de Khnoum-hotpou à Béni- Hassan et dans une scène du tombeau de Phtah-holpou , de la nécropole de Sakkarah.

La gazelle dorcas serait figurée, d'après Sclater et Thomas [The Book ofAntelopes , vol. III, p. io5, 1898) principalement sur les monuments anciens de la Basse-Egypte , alors que dans la Haute-Egypte les monuments représenteraient Gazella Isabella.

Conservation : Bonne. Une seule apophyse épineuse de vertèbre dorsale est brisée.

BiBL. : La Faune momifiée , p. 78, fig. lii.

29512. Gazelle. — Squelette. — Longueur du corps 0 m. 54 cent., haut. 0 m. 62 cent. — Kôm-Ombo, Haute-Egypte.

Description : Ce spécimen se rapporte à Gazella dorcas, Linné, comme le précédent. Ses dimensions principales sont indiquées dans le tableau suivant comparativement avec celles d'un individu moderne, de même espèce et de même sexe, provenant de l'Algérie et conservé au Muséum de Lyon.

de l'omoplate. .

de l'humérus . .

du radius

Longueur { du mélacai-pien.

du fémur

du tibia

du métatarsien .

«USEE DU CAinR.

MUSEUM DE lYON.

OÀZElLi DOBCAS

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