I.E PKÉSIDENT
ISe parlons pas de cela.
DUB-PvEUlL.
Au contraire, ]M. le prési<lent;« Il faut vcmler bien haut « les délies actions pour inspirer le désir d en faire. » LE PRÉSIDENT, souriaut.
Je crois avoir dit cela.
DUBREUIL
\ ous avez mieux fait. Vous prècliez la vertu, et vous en donnez l'exemple; taudis qu'il y a tant de gens qui louent la bienfesance et qui n ont jamais fait l'aumône. Mais j'aperçois ma fille; permettez aussi que je vous la présente.
SCÈINE XL
ÉDOUAJRD, LE PRÉSIDENT, DUBREUIL, EMILIE, ensuite PAULIN.
LE PRÉSIDENT
Je vous salue, mademoiselle, (à Z^aèreiw/) Elle est charmante.
EMILIE
C'est tonjours avec un nouveau plaisir que je revois en ces lieux le bienfaiteur de mon père.
LE PntSIDEIVT.
Dites son meilleur ami.
EMILIE
Monsieur, il paraît qu'on s'uttaclie par ses propres bienftiits.
PAULiiv, à Dubreuil.
Voire correspondant a recn les fonds; il écrit qu'il va ?; occuper sur-le-cliamp de li commission dont M. de A^oniesquieu la honoré directement.
DUBREUIL
En effet, vous avez voulu que cette affaire fut un secret pour moi.
EMILIE
Mon père, je devine; il s'agit d'une bonne action.
DUBREUIL, à Paulin qui s'éloigne.
Reste, Paulin; jouis avec nous de la présence de M", le président, (à Montesquieu) (i) C/est mon premier coni- - juis, mon homme de coniiance dont je vous ai parlé dans m(îs lettres; j aime à lui donner des éloges devant vous.
PAULIN
Epargnez-moi, monsieur!
LE PRÉSIDENT
Pourquoi cette modestie, M. Paulin? nous ne devons point rougir des éloges qui nous sont adressés tant qu'au iond de notre cœur nous savons en être dignes. PAULIN, a part.
Quel regard sévère !
DUBREUIL
M. le président a raison ; les services que tu me rends chnque jour, méritent que je les publie. AJiî pourquoi mon Edouard ne suit-il pas ton exemple!
EDOUARD
Mon père!...
DUBREUIL
Tu es un bon garçon; mais d'ailleurs, j'ai beaucoup de
(i) Edouard, Paulin, le Président, Dubreiil, Èmilif .
1 rpioches à te faim ! m n'aimes point mon état... Non, non , II] Il ,1 pas ce zèle, celte activité, cet amour nécessaire...; ÉDOtJARD, passant près du président.
Je (lois Tavouer, je ne me sens aucun penchant pour le commerce... cet esprit mercantile qu'il faut porter tians un liaiie !...
DUBREUiL, a^ec colère.
Kdouard î
LE VRÉSIDENT.
Vous VOUS trompez, mon ami; parlez mieux d'un état auquel votre père doit la considération dont il jouit.
EDOUARD
Monsieur...
DUBREuiL, at^ec emportement.
Est-ee à toi de mépriser mon état ?
LE présidijvt,^ Dubreun.
Calmez-vous, Dubreuil. Edouard, votre erreur tient a
des idées fausses.
PAULIN, bas h Edouard.
Observez-vous.
EMILIE, à part.
ÎNfoii Dieu! va-t-il encore se faire gronder!
LE PRÉSIDENT, Contenant Dubreuil.