‹ La fausse mere, ou, Une faute de l'amourChapitre 23 sur 33 · SCENE FREMI ER E · texte numérisé non relu

SCENE FREMI ER E

- St-A N D R É , LS AU R E.

ISAURE

N ON, VOUS dis-je , je ne me -le pardonnerai jamais.

St - A N D R É.

Mais quel enfantillage ? ^

ISAURE

Il vous sied bien d'kisulter à ma douleur. INTous sommes seuls ici; je puis vous parler librement : vous êtes un scé-

lérat.

St. -A N D R E.

Vous ne m'apprenez rien de nouveau.

ISAURE

Le ton léger sous lequel vous masquez les vices de votre cœur, est inutile entre nous deux; je ne vous en dirai pas moins ma façon de penser. Nous sommes Pun et l'autre au service

du plus abominable des hommes.

^ ' St.-ardre,

St. -A N D R t.

Je ne dis pas le contraire.

S^'l est un inonstre , j’ai tout lieu de croire qu’il ne l’est qu« par vos conseils.

St. - a n 11 » é.

Je n’y ai pas nui ; mais en vérité il avoit des dispositiohi si heureuses, quM se serolt passé volontiers de moi.

Est-il rien de plus odieux! Un jeune homme intéressant, intrépide, qui lui a sauvé la vie , qui ne demande pour toute récompense , qu’une mère infortunée, opprimée depuis iongterns , le tromper, le trahir, affecter la reconncissance et la sensibilité , lui présenter une fausse mère j olIVir à-ses yeux, une femme hardie qui a ose jouer la nature et le sentiment, et qui n’a pas craint de retourner en tous sens le poignard daps le cœur de sa victime.

St. - a n d r i.

Votre délire vous ^ait oublier apparemment que c’est d© vous-même que vous parlez. ^

Si je pouvois l’oublier^ mes remords m’en feroient ’ ressouvenir. . ■

St. -ANDRÉ.*

Des remords ? voici du fruit nouveau. ‘ •

Apprenez , scélérat, que je romps avec vous , que mon dessein e3t de tout révéler à Caroline et de chercher un .asile, où je puisse me repentir en paix d'avoir manqué à l’honneur et à la probité.

St. a n d r é. • ‘ k

Madame , vous êtes mon épouse , et ce titre m’inspire un reste de pitié pour vous. Votre propre intérêt doit vous commander le silence. Autrement vous auriez manqué an prince et surtout à moi-même , et je ne vous le pardonne— rois pas. Vous devez m’entendre. Je vous laisse y réfléchir, mais 'prenez garde. J’ai les yeux sur yous. - ( Il sort en prenant un air extrêmement froid et séyère j qui " annonce quil est prêt à tout sacrifier à sa propre sûreté ')

' ^ I S A ü R E , seule.

Ma réflexion “est toute faite. Je sais bien qu’à mon tour le poison m’attend , que m’importe? Je serai auprès de Caroline, jé lui avoùerai tout Elle me pardonnera , je lui parlerai de son fils.

^ 4 A ? A ü s s B M E il E ,

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