‹ La Fayette dans la révolutionChapitre 8 sur 14 · Magdebourg, 3 janvier · texte numérisé non relu

Magdebourg, 3 janvier

gea la fille de Louis XVI pour les quatre commissaires de la Convention livrés à l'Autriche par Dumouriez ; aucun des bénéficiaires de la Révolution ne s'inquiéta de le faire profiter de l'occasion. Ils le laissèrent remplacer les autres à Olmutz. Plus d'un qui l'avaient admiré ou flatté pendant qu'il était en puissance. Après coup, Laréveillère, qui fut du Directoire, les excuse dans ses Mémoires, lui compris peut-être, en disant que « la demande eût été préma- « turée puisqu'elle fut très difficilement « admise en 1797 » . Sauf ses aides de camp intimes et deux ou trois anciennes amitiés fidèles, celle de Barthélémy entre autres, les Américains seuls lui restèrent dévoués.

Constamment dévoués quelque rang qu'ils eussent, tramant des évasions, en entreprenant, faisant agir leur diplomatie à

Berlin, à Vienne, à Londres, à Paris même.

Aussitôt que nos victoires eurent fait retirer de la coalition la Prusse, abaissé ainsi la jactance européenne de l'Autriche, il y eut un mouvement général d'opinion pour la liberté de l'emmuré ; c'est à eux pour beaucoup que ce mouvement était dû. Presque tout le reste vint de Louis Romeuf, aide de camp de Clarke lors de la mission de celui-ci pour assister Bonaparte dans la négociation de la paix ; avec l'actif attachement qui le pénétrait pour le Général il avait tout préparé.

La Fayette aussitôt dehors, la nécessité s'impose à lui d'aviser au lendemain. On est venu le rejoindre; il recueille ses let-

très du cachot afin de les rendre publiques.

Romeuf, La Colombe son autre aide de camp, avec eux Puzy, les recueillent, les classent, les disposent sous sa direction. Il a hâte de se faire connaître pour ce qu'il a été vraiment, au lieu de l'ennemi que les animosités ont dénoncé en lui, et il pense trouver une ressource dans la vente que cette correspondance attirera. Sous l'urgence de chercher ainsi des moyens d'existence, il s'ingénie à découvrir des sujets de publication correspondant aux idées existantes ou à celles qu'il serait opportun de susciter; il conçoit des ouvrages expliquant la Révolution, il en écrit qui vont à ce but et donnant les pourquoi de ce qu'il a fait.

Quand on cessera de n'être attiré aux détails de cette époque que par leur côté dramatique, seront recherchés ces témoi-

gnages, actuellement comme inconnus, les morceaux notamment qui ont pris place dans les Mémoires l : la Démocratie rot/aie; les Souvenirs en sortant de prison ; les Lettres à M. d'Ennings; La démocratie royale de 1789 et le républicanisme des vrais constitutionnels. Joints aux diverses correspondances de lui antérieures ou de ce moment, ils donneront exactement le sens de ce que lui plus qu'aucun autre, avec lui ceux qu'il désigne sous l'appellation, non sans opportunité, de « républicains vrais constitutionnels, » souhaitaient de voir se produire ou d'effectuer. 11 imagine un recueil des discours tombés de la tribune française et de celle d'Angleterre, il conçoit un tableau des changements heureux apportés

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