‹ La FédorChapitre 17 sur 26 · Sangtiinaii-es · texte numérisé non relu

Sangtiinaii-es

mées, le pain de Noël doré et rebondi sur une assiette^ et le Frontignan en rayon de miel dans nos deux verres. « JMinute! » dit Trophime, retenant mon bras au moment où je vais boire; et après avoir arrosé de vin blanc le pied de tamaris tordu comme un souquillon de vigne, il le jette dans le feu avec ces paroles sacramentelles : < Allègre! allègre! que Notre-Seigneur nous allègre ! Si, l'an qui vient, nous ne sommes pas plus, mon Dieu, que nous ne soyons pas moins... bûche au feu, boutefeu! »

La bûche pétille et flambe jusquau platond. Le vin d'or reluit dans nos verres, et nous trinquons à la Provence, en reprenant le Noël qu'il chantait tout à l'heure, le défilé des rois mages devant la crèche de l'entant Jésus :

Voici le roi Maure Avec ses yeux tout trévirés ;

L'enfant Jésus pleure, Le roi n'ose pas entrer.

Joseph lui fait signe D'entrer sans cérémonie,

Voir notre Seigneur Qui les attendait.

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