LA IKE
çoieiit depuis l'enFance^ avoit valu à la pauvre naine, parmi les jeunes garçons de mon âge, un surnom assez fantasque : on Fappeloit la I^ée aux Miettes. C'est ainsi que je vous en parlerai à l'avenir.
Ce qu'il y a de certam, monsieur, c'est qu'aucune difficulté de thème ou de version n'eût embarrassé la Fée aux Miettes, et elle se gardoit bien de nous les expliquer sans nous les rendre aussi claires qu'elles l'étoient pour elle-même, de sorte que notre travail se trou voit infiniment meilleur et notre instruction aussi, puisque nous entendions parfaitement tout ce qu'elle nous faisoit faire, et que nous pouvions appuyer par de bonnes autorités et de bons raisonnements tout ce que nous avions fait. Nous n'étions pas assez ingrats pour cacher les obligations que nous avions à la Fée aux Miettes, mais nos respectables maîtres, qui ne voyoient en elle qu'une misérable mendiante, et qui l'honoroient cependant comme une digne femme, n'étoient pas fâchés de sentir notre émulation excitée par une illusion innocente. — Oh! oh! s'écrioient-ils en riant, quand il arrivoit une excellente composition cicéro-
AUX MIETTES. 7i
nieiine qui enlevoit d'emblée la première place, — voici qui ressent la touche et l'inspiration de la Fée aux Miettes. — Et il n'y avoit rien de plus vrai. J'ai souvent désiré de savoir si ce dicton s'ëtoit conservé à Granville. *
— La Fée aux Miettes n'est donc plus à Granville, mon ami ?
— Non, monsieur, répondit Michel en soupirant et en élevant les yeux au ciel !
Où la Fée aux Miettes est représentée au naturel , avec de beaux détails sur la pêche aux coques, et sur les ingrédients propres a les accommoder, pour servir de supplément a ta Cuisinière bourseoise-
L i/y avoit pas un écolier a Graui ville qui n'aimât la Fée aux Miettes, continua Michel , mais elle m'inspiroit dès ma douzième année un penchant de vénération