SCÈNE II
Les mêmes, MADEMOISELLE DE KEEDIC,
s'arrêtant , à peine entrée .*
( Mademoiselle de Kerd ic et François, par les signes d'intelligence qu'ils échangent dans le cours de la pièce laissent entrevoir au public le secret de la comédie qu'ils jouent vis-à-vis de M. de Comminges.)
Le Comte, d'un ton brusque . — Ah ! c’est bien ! Madame, ou Mademoiselle .... (Il fait violemment deux pas vers elle, et s'arrête tout à coup comme frappé de la distinction et de la dignité que révèlent les traits et la tenue de la vieille dame ; il s'incline.)
Mademoiselle de Kerdic. — Que veut Monsieur, François?
François. — Mademoiselle, il veut se noyer.
Mademoiselle de Kerdic, d'un ton naturel et digne. — Qu’est-ce que c’est donc? (Le comte les regarde tour à ■tour avec un mélange d'embarras et de surprise soupçonneuse.) Monsieur, une fois rentrée chez moi, j’espérais être à l’abri d’une persécution .... vraiment inexplicable. J’ai beau rappeler mes souvenirs, je ne vous connais pas . . . Que me voulez-vous ?
Le Comte. — Mademoiselle, je ne puis concevoir.... il est impossible. . . .(Il la regarde encore.)
Mademoiselle de Kerdic. — Votre extérieur, Monsieur, semble annoncer un homme dont l’esprit est sain, et cependant
* Mademoiselle de Kerdic, François, le comte.