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Ballet de la Douairière de Bilbao.
(Entrée des Follets.'
dernes féeries ; les singes ne lardent pas à se métamorphoser en jeunes Maures ; puis c'est 'une entrée de gigantesques pots de fleurs et d'immenses instruments de musique. Cette entrée est suivie d'une autre, formée de moulins à vent. Le roi, grisonnant, se plaît à tout ce fantastique comique et ce seront, successivement, les ballets des Femmes sans tôle, des Souffleurs d'alchimie, des Chercheurs de midi à quatorze heures, des Doubles Femmes, des Echecs, où une partie est jouée par des danseurs, représentant les pions du jeu. Un peu plus tard, un ballet-féerie plus délicat esl la Délivrance de Renaud, musique de Guédron (1). La mise en scène s'enhardit sans cesse. Dans le
(l) Le jeune Louis XIII parut dans ce ballet, il représentait Renaud, sons le charme de La magicienne armide. .m. de la Roche-Guyon qui Jouall Le démon de la chasse, était coiffé d'une tête de sanglier. Le rôle d'Armide était tenu par Le comédien Marais (La Délivrance de nenaud, Paris, Pierre Ballard, ir.17).
l'Histoire du Théâtre.
e rencontrent jamais, car ils en tirent trouver quatre, d'où une femme, qui représentait la Renommée, lit sortir, quatre à quatre, divers habitants, bizarrement mais superbement vôtus de la livrée du lieu de leur demeure : a savoir, ceux de la montagne résonnante couverts de sonnettes, un tambour à la main et une cloche en tète ; ceux de la montagne ardente, une lanterne à. chaque main et affublés d'une autre ; ceux de la montagne venteuse, un soufflet à la main et coiffés d'un moulin à vent ; et ceux de la montagne ombreuse, voilés d'un crêpe, coiffés de ehats-huants et parés de plumes de toutes sortes d'oiseaux de nuit. Puis descendit des Alpes une autre femme, qui, des flancs des montagnes, tira encore, au son des trompettes, neuf cavaliers encore plus richement VÔtUS. ))
Il faut retenir aussi le ballet des Fées de la Forêt de Saint-Germain, où ces Fées, Guillemine, Giletté, Alizon, Macette, se déclarent les protectrices des arts, du jeu, des combats, de la danse, et font assaut de prodiges. On n'en est pas encore au thème qui deviendra le thème éternel des féeries, la lutte entre les Puissances du Bien et du Mal. Les Fées sont plus occupées à danser qu'à intervenir dans les affaires des mortels (1). Leurs rôles sont d'ailleurs tenus par des hommes qui sont parmi les plus important seigneurs de la cour.
Avec Louis XIV, le ballet devient galant, quoique le roi ait fait ses débuts dans une manière de mascarade, Cassandre. Mais, bientôt, c'est le goût mythologique qui dominera, avec la Nuit, où le jeune souverain est costumé en Heure :
Voici la plus belle Heure et dans tous Les cadrans La première di 3sus les rangs,
mi a les comptes des Fées de la Furet de Saint-Oermain et le détail de la dépense de chaque costume.
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Louii XIV dans le costume du Ballet de l.i Nuit. (D'après le dessin </<• Labclle.)
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Nicolas <l«i Montreuil dépeinl les effets obtenus par l'art du décorateur el du machiniste .
L'intermède du comhal <\r> dieux el géantz se représenta de la sorte : les faces des pentagones qui, durant le premier acte, avoient paru champestres en divers objecta, changèrent, représentante plusieurs rochers antiques. Les géantz, haut eslevés, parurent sur le théastre, arrachanl ces rochers el les entassante les mis sur les aultres. il demeurait au lieu d'eux sur les pentagones une certaine représentation que laisse une pièce arrachée. Au bruil «le ces hommes, Jupi-
irul au ciel en un globe tournant qui, venant à s'ouvrir, feit voir ce dieu assiz sur l'arc du ciel, vestu d'une
de toille d'or, avec sa couronne et son sceptre... Jupiter, tenant en sa dextre son fouldre ardent, le lança sur les géantz qui, montez sur le 3, le combatoienl. A l'ins-
tant, hommes et rochers furent abysmez et perduz au fond
rifers, disparoissanl comme un éclair à la veue, et le fouldre alumé courant et brûlant sur le théastre, donl Les fumées estoienl douces, pour avoir entré des parfums parmi le pouldre. Le ciel s'estant refermé et les pentagones rap-
leurs faces silvestres, le concerl t\<>s musiciens avec fes voix el les instruemnts de toute sorte, chantèrent. »
A un autre intermède, on aperçut la vue de My-
- en perspective, « avec des palais et super-
diflces ». Une mer coula « artificieusement » sur
le théâtre, où s'engagea un combat naval, « avec tous
les accidents qui surviennent en pareil cas ». Les nefs
ennemies furent coulées, rompues et brisées.
Au troisième intermède, une mer agitée. Andromède étail attachée ^\n un rocher avec des chaînes de fer. Du ciel descendil Persée, sur le Pégase, « que forl industrieusement, il faisail mouvoir ». Dans le même moment, « avec un haut bruil et jaillissement de Ilots » sortait de la mer le monstre que combattait e et qu'il tuait Alors Persée, prenanl en croupe Andromède, reprenail son vol glorieux.
proprement dit existe déjà dans cette Arimène : Mercure coupe la tête d'Argus et remonte au ciel en portanl cette tête qu'il vient offrir à Jupiter, on Olympe.
A IKKIllK
Une Décoration de la Salle im:s Machines
gloires » el les vols n hardis. dans la splendeur des apothéoses l .
On sail avec quelle bonhomie Corneille a parlé des machines de Torelli, dans la préface d'Andromède :
cet égard, rien de plus audacieux ne tut couru çpie l'apode Germanico ml Reno, au théâtre San Salvadore de par le nombre considérable des personnages descendant «lu cintre, par les mouvements différents des ». Les
• de cel ouvrage se trouvent a la Bibliothèque de i 0 et m. Moynet dans son Intéressante et experte étude sur la machinerie théâti constitué les constructions et les ma-
nœuvr< décors d'une complication singulière. M. Moy-
inssl analysé l'un des premiers ouvrages sur la machl Praticà 'h fabrica tcene <■ machine rie i theatti, de Nicolas Nous ne faisons Ici qu'effleurer ce sujet, dans •ire de la Féerie, donl il forme i omme la I nous
n en pouvons parler que sommairement. Les ouvrai M. Moynel seronl consultés utilement sur la technique de ces
ilque théâtrale actuelle est différente de ce qu'elle était au temps de ces pièces a machine; elle se sert de moyens plus simples, mais, sous Loui ; déjà toul réali
mtde pereur du b
n'aient été tout à l'ail de bas en haut, ou de haut en bas, comme ceux d'Andromède ; mais, de descendre des nues au milieu de l'air, et se relever aussitôt sans prendre terre, joignant ainsi les deux mouvements, et se retourner à la vue des spectateurs, pour recommencer dix fois la même descente, avec la môme faci- Jité que la première, je ne puis m'empê-cher de dire qu'on n'a rien encore vu de si surprenant ni qui soit cuté avec plus de justesse. »
Un homme qui aimait le théâtre que ce marquis de Sourdéac, sur lequel Tallemand des Reaux a coulé de piquantes historiettes ! Cet habile homme était évidemment un grand original : c'est lui qui « pour prendre exercice », se faisait chasser à courre par ses paysans : mais il avait le génie de la mécanique. 11 avait fait construire une manière de théâtre modèle clans son hôtel de la rue Garancière. Il en avait un autre en son château de Neubourg, en Normandie, et ce fut là que fut tout d'abord donnée la Toison d'Or, avec la troupe du Marais. Le fastueux Sourdéac traita pendant huit jours, à cette occasion, plus de cinq cents gentilshommes de la province, et « ce n'était partout que tables servies avec une abondance »'i une propreté admirables ». Le théâtre le ruina, d'ailleurs. Associé avec l'abbé Perrin, dans l'institution " d'une académie d'opéra ». il se brouilla avec lui, puis fui lui-même évincé par l'insinuant Lulli, entamant d'inutiles procès contre les comédiens de l'ancienne troupe de Molière, t qui il avait cédé ses ma- . et, après une vie de prodigalités, mourant dans la misère.
Puis, c'est le Versée de QuinauU, avec les machimstruites par Dufort, qui refera celles d'Andromède, pour une reprise de l'ouvrage de Corneille; puis, I la salie du Bel-Air, et, surtout à celle du Palais- Royal, la série des opéras dont les décorations sont «■"m binées par Vigarani, ayant la charge d' « inven-
(ill KM AUDI
\ l'Hôtel ck- Bouri
ls de TAndreli
Le recueil de Gherardi, précieux u tanl de points de vue, nous renseigne sur ces pièces, mêlées à tanl d'autres qui ne sont que satiriques, où la Magie entre en jeu. Mais ce ne sont là que des canevas : « La raison est, dit Gherardi dans sa préface, que les comédiens italiens n'apprennent rien par cœur et qu'il leur suffit, pour jouer une coin. '(lie. d'en avoir- vu le sujet m i moment avant que d'entrer en scène... Qui dit bon comédien italien, dit un homme qui joue plus d'imagination que de mémoire, qui compose en jouant. » Un n'a donc que des manières de squelettes de ces
ranbattista : ils font trois séjours à Paris, La troupe de Barbieri, bien reçue par Louis XIII, est suivie d'autres troupes d'Italiens C'esl en L645 que paraît pour La première fois, au Petit-Bour bon. la troupe de Giuseppe Biancbi, une troupe d'élite, composée de Tiberio Fiorelli (Scaramoucbe), de Marco Romagnesl, il»' Do menico Locatelli, de Brigida Biancbi, etc., et elle amène avec elle le grand inventeur de machines, Giacomo Torelli. Elle revienl en 1658, et le gazetier Loret ne manque pas de célébrer ses spectacles originaux :
Douze changements de théâtre, Des byd i >ns e1 démons,
Des mers, des forêts et des monts.
Des décorations brillantes, Des musiques plus que charmantes, De superbes habillements.
C'est un siècle après les voyages des premiers comédiens italiens que le Théâtre italien s'installe partageant avec Molière i.i salle du Palais Royal, n émigré en 1673 rue Guénégaud, puis a l'Hôtel de Bourgogne. \ ce moment, là scène appartient vraiment a Dominique (Giuseppe-Domenico Biancolelli), a qui vient la grande popularité. Dominique, en 1688, mourra héroïque ment, pour s'être tellement échauffé dans un rôle que, n'ayant pu changer de linge au sortir du théâtre, Il est atteint d'une fluxion de poitrine. Ce sont alor >tôs Marie et Catherine
Biancolelli, i B. Constantinl, Tortoviti, Geraton, les deux Ghe rardl. On sait lesdémêlésdes Italiens avec La Comédie Française lorsqu'ils se mirent a jouer en français. Le rot leur donna gain de cause, et le- italien- se crurent assurés d'un Long avenir. Mais en L6JH Le rot leur retira sa protection, Leur donnant i ordre de vider ie royaume dans un mois ». Avaient ils blessé
Mme fle Maintenon en jouant la FOU8$€ Prude? C'esl l'opinion
Saint-Simon. En L716 Le Régenl rappelail les italiens et c'ôtail La troupe de Rlccoboni, avec Silvla et Violetta, Marco Baletti, Vicentinl [Thomassin] Adborghetti Blssoni, Flamina Balettl. Ils déhutèrent le 18 mai, et leur succès fut considérable
lu
tif.
Ulysse kt Circé
lunules de Troie, ils parlent de ^fa^'ner Paris. L'idée asez plaisante esl que, changés en animaux, el enfin « débestialisés », ils gardent quelques-uns des traits caractéristiques des bêles dont ils onl pris la forme.
Voici de la féerie -<\\rr Arlequin Phaéton, où l'imprudenl cocher du char du Soleil déchaîne contre lui la Terre et les eaux.
( m rôtit mes prairies, Ce n'est plus de jeu !
Ruisseaux el fontaines Tout crie : Au feu, au feu !
En voici avec La Baguette de \ ulcain, où << la scène se passe dans une Ile enchantée >>. el où Arlequin, sons le costume du chevalier Roger, vient délivrer la
belle Bradamante du chan pu pèse sur elle depuis
deux cents ans. il y a le l'ébauche des « trucs » de féerie futurs. Arlequin-Roger combal le géant qui garde Bradamante, lui coupe la tête et les membn
Halles, se plient tout seuls et disparaissent. En voici encore avec la Descente de Mezettin aux Enfers. r
Mais il faut surfont se souvenir, au poinl de vue de l'histoire du genre qui nous occupe, des Fés ou les Contes de ma mère VOye. C'esl la pièce où commeneent à se concentrer les éléments de la Féerie. C'esl une fantaisie de Dufresny, de ce Dufresny qui descendait de Henri IV — par cette jardinière d'Anet, la Belle Jardinière qui avait plu an Vert-Galant. Louis \IY t'ii souvenir de l'aventure de son aïeul, nomma assez spirituellement Dufresny contrôleur de ses jardins, fonctions qu'il remplit avec la fantaisie que eet original écrivain mettait en tontes choses. On sait l'histoire de son mariage .: il devait trente pistoles à sa blanchisseuse, qui les lui réclamait ; ne pouvan! la payer, il l'épousa, et la blanchisseuse fit là une assez mauvaise affaire. Inventif, homme a idées, mais brouillon incorrigible, l'auteur de VEsprit de contradiction, la seule de -es pièces qui lui ait un peu survécu, très lié d'abord avec Regnard, mortellement fâché avec lui ensuite, était le grand ami (\(^ comédiens italiens, encore que ceux-ci, en leur vie privée, eussenl une tout autre tenue que la sienne. Si c'est un honneur, Dufresny peut être considéré comme un des précurseurs de la féerie.
Les Fées sont une folie, mais celte folie — ou l'esquisse qui en a été conservée est pleine de trouvailles plaisantes. Les /'ces- furent représent l'Hôtel de Bourgogne, « le deuxième jour de mars !'",!)? ». On était lu bien près de l'exil <\^s Italiens.
Octave (l'emploi était tenu par Constantini) se met en tête de délivrer la belle [sménie, tille du roi Croquignolel (ce sont déjà (\^> noms tels que ceux qui seront chers aux frères Cogniard . prisonnière d'un 1 amoureux d'elle, mais dont la, patience commence a se la8Ser « Ma mignonne, lui dit-il. il faut que je t'épOUSe OU que je \r dévore. Choisis. »
■i De» in i i. de .Mi /m un u i i (D'aprèa /<• recuet/ </r Gherardi.)
ns.
La Féerie au XVIIIe Siècle