‹ La féerieChapitre 4 sur 22 · LE DRAPEAU BLANC · texte numérisé non relu

LE DRAPEAU BLANC

aP <} <^-y ç-a^U^ sffuL^ u-Lx^~>-4Z>6. — U* — u-vc —

* ' A^2cti^A^^^^y^%

.- wwii 1 1 (Collection <i Cain. >

feuille : c'est de traiter comn ax qui ne

voudront pas s'y abonner.

Grau s journaux; moi, je pi

trai au rédacteur du Journal de la Montagne mon pantalon • util quand il sera un peu plus i - Levasseur. — Vous n'ignorez pus que jadis Je fus apothicaire El mon métier peut, mes amis,

Vous êtr< tire,

Car pour vaincre plus sûrement, Quand nous frapperez par devani Je prendrai pai derrière... i

C'esl lu manière d'alors, c'est la petite guerre, c'est l'incessante escarmouche. Duos le camp auquel il s'est rallié on se bal volontiers ù coups de couplets : «•'est son affaire, et il esl homme à les répéter sous le nez de ceux qui les entendraient le moins volonel qui, moine, ont des moyens de se défendre. urnal des Rieurs ou le Démocrite français, où il a installé son artillerie légère, ne dédaigne pas la plaisanterie an peu grosse :

Fraternisons, chers Jacobins, Longtemps, je vous crus des coquins

El de taux patriotes.

Je veux vous aimer désormais, Donnons-nous le baiser de paix :

J'ôterai mes culottes.

Ce n'esl pus assez du journal. Il lui faut le théâtre pour tribune narquoise, et, en compagnie d'Hector Chaussier, qui confectionnera bientôt de noirs mélodrames, comme Maria ou lu 'Forêt de Limberg, il bAcle nu vaudeville satirique, le Concert de la rue tcydeau ou V Agrément du Jour (2). Histoire de dire encore leur l'a if aux jacobins, qui souffraienl malai- Bémenl ces concerts de la rue Feydeau, où reparais-

Martin ville : La Nouvelle Montagne, ou Robespierre, en plusieurs voiui

g ventôse an [II.

Martainvile, lui aussi, ppursuil Fusil d'âpres rail leries, ce qui atteste chez lui quelque indépendance du cœur, car, en 93, L'acteur a hébergé le petit journaliste du Postillon des armées^ menacé de se retrouver devant le Tribunal révolutionnaire, l'a caché chez lui. a détourné le péril de sa tête, l'a servi de ses relations et môme de son argent. La gratitude ne sera jamais, d'ailleurs, un sentiment qui aura beaucoup d'action sur Martainville. Il sacrifiera tout et même, le cas échéant, ses propres intérêts, à la tentation d'un mot.

Mme Fusil, après ces attaques du pamphlétaire contre son mari - ce mari dont elle se souvenail de temps en temps, — va trouver Martainville et lui reproche sun attitude.

— Fusil? répond Martainville avec désinvolture..., c'esl un nigaud. Il aurait pu s'enrichir e1 il ne l'a pas

lait.

Cependant, la journée du 13 vendémiaire met fin à la réaction thermidorienne, à cette période d'autres égarements, mais sans patriotisme, à cette Terreur blanche succédanl à la Terreur rouge. Les menées royalistes Unissent par inquiéter ceux-là mêmes qui leur mit permis de se donner carrière. Fréron reprend sa place à la Montagne. Martainville juge prudenl de se faire oublier quelque temps el il s*en va faire un tour à l'armée d'Italie, en amateur, dans des conditions mal définies, voyage d'agrémenl et d'uti lité plus qu'expédition militaire. Voyage assez court, du reste, car, des cette année 1 ?'•»<'>. on le retrouve à Paris. Il s'est fait comédien et il débute sur le théâtre de la cité (1) le théâtre qui, précisément, a joué !«' plus de pièces révolutionnaires. Sa verve pétillante s'éteinl sur les planches, son physique esl ingral

(i) Dana Frontin i<>iii seul "" le Valet dans i<i malle, vaude rille d'Ernesl < louard uni collabon Pigaull Lebrun.

Page 1