‹ La femme arabeChapitre 11 sur 17 · I.A FEMME ET EE CHEVAE · texte numérisé non relu

I.A FEMME ET EE CHEVAE

Tu m'as compris, va-t-en, et n'oublie pas que, dans ce monde, l'honneur commence aux étriers pour finir à la selle.

C'est infâme de ruiner ainsi nos chevaux.

Vous feriez bien mieux de les conserver pour le jour où la salive se sèche dans la bouche, pour le jour où les biens ne suffisent plus à racheter les têtes.

J’ai bien souvent entendu demander d’où pouvaient provenir la douceur, l’adresse et l’intelligence que tout le monde s’accorde à reconnaître chez les chevaux arabes ; ces qualités sont-elles inhérentes aux races orientales, sont-elles le fruit de l’éducation ?

Sans doute, un climat heureux est favorable au développement comme à l’amélioration des espèces chevalines, l’expérience le prouve ; sans doute encore, une race noble et riche est plus apte qu’aucune autre à donner ce qu’on lui demande, mais encore faut-il lui demander quelque chose ; la terre la plus féconde ne produira que des ronces et des épines, si elle n’est point, ou même si elle est mal cultivée.

Aussi les Arabes s’appliquent-ils avec le plus grand soin, avec la plus grande ténacité, à perfectionner encore, chez leurs chevaux, les dons de la nature, une éducation suivie, en contact de tous les jours, avec l’homme, avec les ani-

maux, avec les objets extérieurs, voilà leur grand secret, voilà ce qui rend le cheval arabe tel que nous le connaissons, voilà ce qui en fait un objet digne de toute notre admiration.

Cette admiration, je le sais, n’a point été d’abord générale. Ne les connaissant qu’imparfaitement, on accusait les Arabes de n’être en tout que les bourreaux de leurs chevaux ; ils les montaient mal, ne leur donnaient pas ces soins de la main, si prisés en Europe ; ils en abusaient dès leur jeune âge, ils leur mettaient, sans cesse, les flancs et la bouche en sang, etc. etc. ; mais tout cela a dû tomber devant la vérité et quand, en définitive, on a pu constater que tous les chevaux arabes étaient intelligents, fidèles à la main comme aux jambes, dociles au montoir et surtout inaccessibles à toute espèce de crainte, on s’est vu forcé de reconnaître que c’étaient là des qualités qui ne pouvaient être que le fruit d’une éducation perfectionnée et parfaitement raisonnée.

Nos chevaux, à nous, sont seulement des animaux plus ou moins soumis à l’homme. Ils le souffrent comme un conquérant qui dispose d’eux, ils n’ont ni confiance, ni reconnaissance, ni amitié pour ceux qui les emploient. Esclaves de l’homme en général, ils ne s’attachent à aucun homme en particulier, parce qu’aucun de nous ne s’attache à son cheval, ne le soigne, ne l’estime autrement que comme un produit de l’agriculture que l’on vend aussitôt qu’on le peut, que comme un meuble que l’on change par caprice. En opposition, nos chiens ne nous aiment peut-être tant que parce que nous ne les vendons pas.

Les Arabes veulent, dans le cheval, un ami dévoué ; chez eux, si j’ose m’exprimer ainsi, il mène une vie de famille, où, comme dans toutes les familles, la femme joue un grand rôle ; celui de préparer par sa douceur, par sa vigilance et par des soins incessants, la solidarité qui doit s’établir bientôt entre l’animal et l’homme.

En course, en campagne, loin du logis, c’est le cavalier oui s’occupe du cheval, mais en station, sous la tente et

au repos, c’est la femme qui dirige, surveille et nourrit le noble animal qui vient souvent augmenter la réputation de son mari, tout en subvenant aux besoins de la famille

Le matin, c’est elle-même qui donne à manger au cheval, qui le soigne, et, si le temps le permet, lui lave la crin ère et la queue. L’emplacement qu’il occupe est-il accid nté, couvert de pierres, inégal, elle l’établit dans un endroit plus convenable pour son repos et ses aplombs. Elle le caresse, lui passe légèrement la main sur l’encolure et les joues, lui donne du pain, du kouskoussou, des dattes et quelquefois même de la viande.

(( Mange, mange ô mon fils ! lui dit-elle d'une voix (( douce et sympathique.

« Lorsque les jeunes filles pousseront des cris de joie (( en voyant notre tribu, nos troupeaux et nos chamelles,

(( se dérouler dans la plaine et sur les collines, par tes <( bonds et par ta gaîté, tu rougiras la figure de ton maî-

« tre.

(( Mange, mange ô mon fils, pour que tu puisses^ un (( Jour nous sauver des mains de Vennemi ou remplir (( notre tente de butin. »

C’est encore le matin que la femme arabe va, dans les pâturages, faire pour l’animal qu’elle chérit, une ample provision d’herbe {âacheb) ou d autres plantes connues dans le désert par leurs propriétés nutritives ; à son retour, aperçoit-elle des enfants qui, n’ayant point encore 1 âge de raison, s’amusent à taquiner ou maltraiter les chevaux entravés devant la tente, du plus loin qu’elle le peut, elle se met à crier :

(( Enfants ne battez pas les chevaux, malheureux, ce (( sont eux qui nous nourrissent, vous voulez donc que « Dieu maudisse notre tente ; si vous recommencez, je « le dirai à votre père. »

Dans l’après midi, un peu plus tôt, un peu plus tard suivant la saison, la femme s’occupe de faire boire les che-

vaux, si la source n’est pas trop éloignée, et dans le cas contraire, va chercher, elle-même, de l’eau dans des peaux de bouc pour les abreuver sur place. Quand l’eau manque absolument, elle leur donne du lait de chamelle. C’est alors que la tente d’un chef arabe offre un spectacle vraiment curieux ; souvent on y voit, entre les jambes de la femme, ou des chevaux, en présence d’une nuée d’enfants vêtus d’une manière pittoresque à côté des faucons qui battent des ailes et près d’un marcassin qui rôde dans tous les sens, une gazelle, une autruche, une antilope qui, jusque là, ont vécu en bonne intelligence, même avec les lévriers (Selougui), aller, revenir, sauter ou grogner pour obtenir une parcelle de cette eau si rare au désert, et que l’on va cependant donner en abondance au favori de la famille.

Le soir arrive, quel est ce point noir à l’horizon Ce sont les jeunes gens du douar qui regagnent péniblement leurs tentes ; montés sur des chevaux efflanqués, déferrés, exténués, ils ont couru la chasse toute la journée sans boire ni manger. Des chameaux portant gazelles, lièvres, outardes etc., les suivent de loin ; mais ce butin, tout appétissant qu’il soit, ne les préservera pas de l’orage qui les attend.

« Jeunes gens, leur dira la mère d’un ton courroucé, dès (. qu’elle pourra se faire entendre, c’est infâme de ruiner (( ainsi nos chevaux pour un gibier vide de profit, vous (( feriez bien mieux de les conserver pour le jour où la (( salive se sèche dans la bouche^ pour le jour où les biens (( ne suffisent plus à racheter les têtes. O)

De ce côté la femme arabe est tellement intraitable qu elle ne ménagerait pas meme son mari si, par impossible, il n’avait pas soin de son cheval. Le cheval, c’est son bien, son honneur, elle en est fîère, elle en est jalouse, elle se croit responsable de tout ce qui le touche. Le cas échéant, dès qu’elle aurait reconnu l’inutilité de ses observations, de ses recommandations, elle ne balancerait pas à aller jusqu’à se plaindre au chef même de la tribu.

(( 0 mon seigneur ! vous savez que notre cheval c'est là U toute notre fortune ; eh bien, mon mari lui fait faire des (( courses inutiles, il le maltraite, le surmène et en abuse. « Si encore il en avait soin chez nous, mais non, sa cou- « verture est trouée, sa nourriture n'est pas assurée et il <( ne veille pas même à sa boisson. Grondez-le, je vous « prie : Au nom de Dieu, remettez-le dans le chemin' de a nos pères, mais surtout n'allez pas dire que c est moi « qui vous ai prévenu. »

Le chef arabe qui est intéressé, dans sa vie aventureuse à n’être suivi que par des cavaliers bien montés, ne manque jamais de faire son profit du renseignement. Il fait appeler un peu plus tard, le coupable, le gourmande, le prévient que s’il ne change de conduite, il prendra son cheval, le mettra à pied comme un vil fantassin et puis il le congédie en lui disant :

« Tu m’as compris, va-t-en, et n'oublie pas que, dans ce mondcy l'honneur commence aux étriers pour finir à la selle. »

Cette mesure produit toujours un salutaire effet, non seulement sur le délinquant, mais encore sur tous ceux qui seraient tentés d’imiter son exemple, et c’est ainsi que tantôt par l’amour propre, tantôt parla crainte du châtiment, les Arabes s’appliquent à inculquer, de gré ou de force, l’amour du cheval à tous les caractères, comme à toutes les natures.

Pendant les grandes chaleurs, les femmes font entrer les chevaux sous la tente, afin de les abriter contre les ardeurs du soleil. Ils y deviennent, on le conçoit, l objet des caresses les plus affectueuses de la part des enfants, des domestiques, ou des esclaves. On les lave, on les nettoye et puis, au coucher du soleil, on garnit d orge les musettes pour les pendre ensuite au cou de ces animaux chéris. Chacun, et c’est là un point capital, recevra une ration en rapport avec son âge, son tempérament, ou le travail qu’il a fourni.

Quand une jument est pleine on redouble d’attentions : l^a maîtresse de la tente exige qu’on ne lui fasse pas faire de courses excessives, elle veut seulement qu’on la maintienne en exercice pour l’empêcher d’engraisser, ce qui serait funeste au produit.

Approche-t-on de la parturition, la femme ordonne qu’on diminue la nourriture de la jument et, surtout qu’on ne l’envoie pas de trop bonne heure au pâturage ; elle ne partira pas avant que les premiers rayons du soleil aient séché l’herbe, car l’expérience a démontré que la rosée de la nuit peut causer de grandes pertubations et quelquefois même, amener l’avortement. Pendant les derniers jours de la gestation, elle fait entrer la mère sous la tente, on la tient chaudement et pendant la nuit on la surveille afin de prévenir toute espèce d’accident.

La jument met bas ; la femme aide à recevoir le poulain et prend, sur le champ, toutes les précautions imaginables pour que l’air ne puisse frapper ni le produit, ni la mère. Si à son entrée dans le monde, le poulain ne remue pas, paraît faible, endormi, tout le monde se réjouit, c’est un indice qu’il aura de grandes qualités. Dieu l’a envoyé sakeur (ivre), c’est un bon signe, on lui frictionne l’encolure, les oreilles, le poitrail ainsi que les extrémités, s’étudiant à corriger, par un massage habile, les défauts de conformation qu’on a pu remarquer ; on lui fait ensuite avaler un ou deux œufs frais qui doivent, tout en le purgeant légèrement, le soutenir jusqu’à ce qu’il puisse et sache téter. Ce massage sera répété, avec soin, pendant les huit premiers jours. Pour assurer au poulain des pieds solides et infatigables, on ne manquera jamais, dès qu’il a vu le jour, de lui frotter la sole, la couronne et la muraille du sabot avec du sel qu’on aura fait dissoudre dans une préparation de Bou riafâa (i).

{i)Bou nafân, le père de l’utilité: plante ombellifère du "enre thapsia. Les Arabes font un grand usage du Bou nafâa. Ils remploient comme purgatif, pour donner de l’embonpoint, comme remède contre la stérilité et, surtout, pour guérir certaines tares ou certaines maladies des chevaux.

Ces premiers soins accomplis, la femme s’empresse de donner à la jument une bonne musette d’orge légèrement grillée, et puis elle lui met une large ceinture de laine arrangée de manière à ne blesser ni le dos, ni le ventre , se proposant de resserrer ainsi, la tunique abdominale qui, forcément, a été distendue pendant la gestation. Cette ceinture sera conservée pendant sept jours et sept nuits.

La jument ne boira que deux ou trois jours après la parturition, et encore, ne lui donnera-t-on qu’avec progression, de l’eau dégourdie au feu.

La naissance d’un poulain est une véritable fête pour la famille ; aussi les amis et les voisins s’empressent-ils de porter leurs compliments a ceux que Dieu vient de favo riser ainsi.

Mehrouk el mhoor.

« Que le poulain vous soit heureux », leur dit-on, et ils répondent :

(( Allah iharek fi-koum, zadna ould. »

Que Dieu vous bénisse, c'est un enfant qui vient de nous

naître.

Le moment est venu d’apprendre au poulain a tetei sa mère. Cette opération n’est d’ordinaire, ni longue, ni difficile. Voici comment on procède : On fait une espèee de bouillie avec de la chair de dattes et du lait, on imprègne ' ses doigts de cette bouillie et on les introduit successivement dans la bouche du poulain. Lorsque celui-ci a goûté de cette préparation, il ne tarde pas à chercher de luidême le doigt qu’il suce comme il sucerait le sein de sa mère ; au bout de quelques répétitions, on porte le poulain à la jument ; on le soutient dans les commencements et bientôt toutes les difficultés ont disparu.

Au bout d’un mois, on habitue le poulain à manger de forge grossièrement moulue. Il commence par refuser, mais on le décide bien vite en arrosant cette oige avec de feau salée, le goût lui plaît et il finit par désirer cette’

nourriture.

Plus tard, la femme lui apprend encore à boire du lait de brebis ou de chamelle ; pour cela il suffit de le sucrer avec du miel de dattes qui est le sucre du désert. Le poulain prend alors de la force et bientôt il ne tête plus autant sa mère que l’on doit toujours ménager en proportion de sa race.

Plus la jument est noble, plus elle a de valeur, et plutôt on sèvre le poulain. Il tête six ou sept mois pas davantage.

Quand on veut sevrer le poulain, on l’éloigne progressivement de sa mère ; on lui fait boire du lait et, à certaines heures de la journée, on l’entrave, non par les paturons, ce qui, dans un âge tendre, pourrait devenir la .cause de graves accidents, mais par les extrémités antérieures ou postérieures, au-dessus des genoux et des jarrets, ce qui ne peut avoir aucun inconvénient. Quand il devra têter, on le détachera, pour l’attacher de nouveau quand il sera rassasié. Cette opération n’a pas lieu quand il est au pâturage. Nous ne parlons, ici, que des soins donnés pendant le jour et dans la tente (i).

Le poulain est sevré, on le caresse, on lui parle, on l’habitue à venir manger dans la main, c'est un orphelin qu’on a recueilli, il faut lui faire la vie aussi douce que possible.

Mais le maître de la tente désire avoir un cheval dur et sobre. Sa femme le lui préparera. D’abord, il doit peu * boire ; pour l’y habituer, elle le privera d’eau pendant les trois premiers jours du mois d’août, et les vingt-sept suivants, il ne boira que tous les deux jours. Durant les 4o jours intermédiaires de l’hiver, on ne lui donnera aussi à boire que tous les deux jours. Les Arabes entendent par les 4o jours intermédiaires de l’hiver, l’époque comprise entre le 26® et le 65^ jour de la saison d’hiver. Les 20 premiers jours de ces 4o jours, sont aussi connus sous le nom

(i) Voir, pour plus amples détails, l’éducation du poulain, dans mes chevaux du Sahara (Michel Lévy, rue Vivienne, 5).

" de Liait el Baaid les nuits blanches, et les derniers 20 jours sous celui de Liali el soude, les nuits noires.

Les Arabes prétendent, en outre, qu’il est funeste d’accoutumer le cheval de guerre à avoir toujours la même quantité de nourriture ; ils veulent, au contraire, qu il ne puisse jamais compter sur une ration réglée. La femme est encore chargée de cette partie importante de l’éducation ; elle s’étudie, en conséquence, à donner quelquefois beaucoup d’orge, quelquefois peu, quelquefois pas du tout, et c’est ainsi qu’on obtient ces chevaux étonnants qui, en campagne, peuvent, sans trop souffrir, rester deux ou

trois jours sans boire ni manger.

Pendant les longues journées qui ne sont consacrées ni à la guerre, ni à la chasse, ni aux déménagements, mais seulement au repos nécessaire, de temps en temps, poui les mille détails de la tente, la femme se plaît à embellir les chevaux. Elle leur met avec art du henna aux extrémités, aux crins ou même sur le dos, car cette préparation fortifie l’épiderme et empêche les blessures. Elle s’amuse à travailler elle-même des Aamara (Musettes) et des Goulada, colliers en laine et en poil de chameau, s attachant toujours à marier les couleurs avec goût. Aux chevaux bais ou noirs, on donne une goulada blanche, à ceux de couleur claire des gouladas rouges. Ces colliers sont d’ahord un ornement et puis une utilité ; ils servent à tenir le cheval pendant qu’on le bride, pendant qu’on l’abreuve, etc., etc., en un mot, ils remplacent notre licol d’une manière plus agréable pour 1 œil et moins genante pour l’animal. Les gouladas se terminent ordinairement par des défenses de sanglier, ou des talismans destinés à préserver des maladies, des blessures ou du mauvais

œil.

Ces attentions, cette douceur de tous les jours rendent, ainsi que nous l’avons déjà dit, mais comme nous ne saurions trop le répéter, les chevaux caressants et dociles. Ils hennissent de plaisir, à 1 approche de la femme qui les soi<rne et dès qu’ils la voient, ils tournent gracieusement

îa tête de son côté, lis vont à elle, et elle s’en rend maîtresse à chaque instant du jour et quand cela lui plaît.

Si 1 on en témoigne quelque surprise, on vous répond avec simplicité :

(^CoTïiîTient voulez-vous que nos juments ne reçonnais- (( sent pas la main qui les flatte et les nourrit.

«A combien de jeux, depuis leur jeune âge, ne se sont- « elles pas livrées en ma présence.

(c Et lorsque se dressant derrière moi, elles me posaient (( avec délicatesse, les jambes sur les épaules.

(( Et lorsqu’elles emportaient un jeune agneau qu’etles <( saisissaient par la toison.

<iEt lorsqu’elles s’introduisaient sous la tente pour nous

voler du kouskoussou.

(( Voilà des souveîiirs qui nous sont chers.

« Et puis, n est-ce pas moi qui leur donnant, à propos, <( ou du lait, ou de l’orge, suis parvenue à resserrer leurs « ventres, développer leurs poitrines, effiler leurs têtes et (( élargir leurs fronts.

(( Voyez-les passer à côté d’un troupeau de gazelles et - vous ne pourrez faire aucune différence entre elles et « CCS animaux : même grâce, même vitesse à la course, « même vigueur dans les bonds, mêmes habitudes enfin,

« Comme les gazelles, n’ont-elles pas des yeux à fleur « de tête, de larges orbites, des oreilles fines et hardies, <( des jambes sèches, une croupe arrondie, et des sabots « durs et ramassés ?

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