‹ La femme arabeChapitre 13 sur 17 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Oui, donnez du talon à vos chevaux,

Apprenez et apprenez-leur ce qui vous servira.

Dans ce monde, il faut qu'un jour ou Vautre,

L'homme se rencontre avec son demandeur.

Nous reconnaissons bien là nos enfants :

Que Dieu vous donne la force I

Les hommes braves sont comme le blé : on n'en sait véritablement le prix que dans les temps de disette.

Lorsqu’une tribu veut changer de campement, on charge les chameaux, les bêtes de somme, on prépare les chevaux, et les femmes n’oublient jamais de garnir les Djebyras (i) de leurs maris ou de leur fils, de dattes et de Rekhis, pain particulier au désert.

On se met en marche ; les femmes sont montées sur les chameaux, les serviteurs sur les mulets ; la garde des troupeaux est assurée, et chaque famille est dirigée par son chef, tandis que les meilleurs cavaliers lancés au grand galop brûlent la poudre, font voler leurs fusils en

{i)Djebyras. Espèces de sabretaches plus ou moins riches, plus ou moins brodées en or ou en soie, suivant le rang ou la fortune du cavalier. On les porte suspendues au pommeau (kerbous) de la selle et le cavalier peut facilement y mettre tout ce qu’il a besoin d’avoir sous ia main, sans descendre de cheval.

l’air et s’exercent aux applaudissements des jeunes filles qui prennent un intérêt incroyable à ces simulacres de guerre où brillent avec leurs fiancés, les chevaux chéris de la tente. Elles chantent :

(( Oui, donnez du talon à vos chevaux,

Apprenez et apprenez-leur ce qui vous servira.

Dans ce monde il faut qu’un jour ou l’autre. L’homme se rencontre avec son demandeur. »

(Le demandeur de sa vie.)

On arrive sur le terrain choisi pour le bivac : Les serviteurs et les esclaves se portent en avant avec les bagages, dressent les tentes, plantent les piquets, étendent les tapis, aident les femmes à descendre de leurs montures et attachent les chevaux. C’est alors que dans le camp, vous entendez, de tous côtés, ces paroles prononcées à haute voix par les faiseuses d’enfants.

« Allons, amis, dessanglez un peu vos chevaux pour qu’ils puissent respirer plus à l’aise, soignez-les bien, n’oubliez pas qu’ils sont l’honneur et la force de la tribu.

Nous devons les chérir comme nos enfants et même plus que nos enfants, car si nos maris et nos enfants se voyaient forcés d’aller à pied, ils ne pourraient nous sauver au jour du danger. »

Le repas est prêt, on dîne ; dès qu’on a mangé, on s’occupe d’envoyer les chameaux au pâturage sous la protection d’une reconnaissance qui s’organise encore sur les instigations des femmes, toujours des femmes.

(( Alerte, disent-elles, montez à cheval, allez tuer la terre (découvrir), et veillez à ce que l’ennemi ne puisse nous inquiéter. »

Soudain, et de toutes parts, on voit surgir des cavaliers suivis de leurs faucons ou de leurs lévriers ; chacun prend une direction différente, le maître du faucon s’en va poursuivant le lièvre, l’outarde, etc., etc. ; le maître du

lévrier, l’autruche, rantilof3e, la gazelle, et c’est ainsi qu’une action de guerre devient encore utile à la famille par le bien-être qu’elle doit y apporter. Chez les Arabes, tout a un but, on ne fait rien d’inutile.

La nuit approche ; on regagne la tribu en faisant de nouveau parler la poudre jusqu au moment ou 1 on arrive à sa tente. On n’a rien vu d’alarmant, c’est vrai, mais quelques espions audacieux ont pu s’embusquer ; tant mieux, ils rapporteront qu’on est sur ses gardes, que les munitions ne manquent pas puisqu’on en dépense tant pour s’amuser, et qu’on est prêt à bien recevoir et les amis et les ennemis.

On descend enfin de cheval, la femme reparaît, infatigable dans sa tendresse, elle s’écrie :

(( Vous entendez, ô esclaves de Dieu ; faites manger avec

la sangle et boire avec la bride.

Ne dessellez vos chevaux que lorsqu'ils seront secs et

totalement refroidis.

Aujourd'hui pendez-leur au cou, une bonne muselle d:orge, c'est ainsi que nous les conserverons pour les jours où la fumée de la poudre obscurcira la lumière du soleil, ))

Puis l’orge mangée :

« Otez les musettes et placez les Djellales {couvertures), souvenez-vous que le froid des nuits, même en été, est plus mortel qu'un coup de sabre. »

Quand les tribus qui n’ont plus de terres à culti\er oïd fait leurs achats de grains dans le Tell, elles se fixent dans un pays de pâturages et, alors, elles se livrent passionnément aux plaisirs de la chasse avec les lévriers et les faucons (oiseaux de race). Jusque la, on na pas voulu se servir de ces derniers, ils n auraient pu suppoitei la soif pendant les grandes chaleurs de l’été.

Soixante-dix jours avant l’entrée de l’hiver, on a, même la précaution de préparer le seloughi aux rudes

courses qui l’attendent en diminuant progressivement sa nourriture.

L’entrée en chasse a toujours lieu le matin au moment de la sortie des troupeaux, c’est encore une protection pour la fortune de la tribu, en même temps qu’un plaisir.

On ne lâche les faucons qu’entre dix et onze heures ; vers une heure ou deux de l’après-midi, on se dirige du côté de l’eau, on descend de cheval, on fait ses ablutions et l’on prie. Puis les grands se réunissent avec les grands, le personnes d’une moindre distinction avec leurs égaux et l’on dîne.

Le repas est frugal. Il se compose de galettes, de dattes ou autres aliments légers. On mange avec ses doigts, comme du temps du père Abraham, n’employant ni verres, ni couteaux, ni fourchettes, ne se servant que d’ustensiles en bois ou en terre cuite ; jamais en or ou en argent, car le Prophète a dit :

« Certes le feu de Venfer tonnera, comme le mugissement du chameau, dans le ventre de celui qui mange ou qui boit dans des vases d'or ou d'arge?it (i). »

Après le dîner chacun remonte à cheval et la chasse continue. Le soir on rentre avec les troupeaux ; le gibiei fait les frais du souper de la famille ; on cause, on rit, on se couche, et l’on dort, enfin, pour recommencer le lendemain. Cette vie d action est si pleine de charmes pour les Arabes, qu’ils ne peuvent même concevoir l’habitation des villes et de la maison, avec les habitudes et les sujétions de toutes sortes qu’elle comporte. '

Les habitants des maisons, disent-ils, sont inévitablement forcés de reconnaître un maître, et nous, toujours prêts à la fuite comme au combat, nous ne reconnaissons d'autre maître que Dieu. »

Vient-on à leur parler de la civilisation et de ses avan-

(i) Depuis quelque temps, cependant, les chefs arabes qui ont eu des relations avec nous, commencent à oublier ce principe religieux.

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lages, ils la repoussent avec dédain, non pas qu’ils ne puissent la comprendre, mais parce qu’ils la regardent comme trop chèrement achetée par tous les genres d’esclavages qu’elle traîne à sa suite.

Quelquefois la guerre éclate entre des tribus du Sahara campées ainsi que nous l’avons dit : au jour décisif, on prépare les Aatatiche (i) dans lesquels on fait monter les femmes et les jeunes filles, puis les hommes se dirigent les uns contre les autres el combattent. L’un des deux partis, vient-il à perdre ses femmes, il peut être tranquille; elles ne seront point déshonorées, on les placera dans les tentes des chefs renommés, on les y comblera d’égards et de respect, et plus tard, on les renverra sans les avoir dépouillées. Cet acte de générosité amène ordinairement la paix.

11 arrive souvent encore qu’une tribu ennemie enlève, pendant qu’ils sont au pâturage, les ’ troupeaux d’une autre tribu. Celle-ci ne tarde pas à être prévenue, et, soudain, de tous les côtés, dans le camp, vous entendez retentir ces cris poussés d’une voix forte et mâle.

« Rekabate, rekabate, Benain el yhoude »

Les étriers, les étriers, fils de Juifs.

On sait ce que cela veut dire', le danger est là, tout près. On se précipite, les femmes sellent les chevaux, les hommes prennent leurs armes ; on monte à cheval et les premiers en selle, sans attendre les retardataires qui les rejoindront plus tard, se précipitent sur les traces du bien qu’ils ont perdu. Quelquefois on ne peut atteindre les ravisseurs ; d’autres fois, au contraire, on parvient à rejoindre ses troupeaux. Alors la mort frappe des deux côtés, et, selon que les chances du combat ont été funestes ou favorables, on rentre ou l’on ne rentre pas dans sa propriété.

Dans ce dernier cas, les guerriers ne reviennent chez

(i) Aâtatiche, pluriel d^Aâtouch qui veut dire palanquin de parade.

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eux que la tête basse et cachée sous le capuchon, le haïk relevé jusqu’aux yeux, humiliés, tristes enfin. Les femmes les attendent :

(( Comment, vous vous dites des hommes, s’écrientelles, et vous osez revenir sans nos troupeaux.

Et nos enfants qui les nourrira ?

Courez reprendre notre bien, sinon vous n’êtes que des lâches et que Dieu vous maudisse. (Naâlet Allah alikoum) ».

D’ordinaire après un peu de repos, on se remet en marche, mieux préparé pour une longue course, car l’ennemi a gagné du terrain ; c’est égal, on le suit à la piste, on le rejoint, et, cette fois, on lui livre un combat sanglant. Ce combat a causé des pertes sensibles ; on rapporte les morts, le deuil est dans les cœurs et cependant les femmes s’excitent à dissimuler leur douleur, en répétant des lèvres seulement, peut-être, mais à l’envi ce principe universellement adopté.

(( Que nos cavaliers meurent, plutôt que de voir notre tribu ruinée et avilie. »

Les troupeaux ont été repris ; chaque cavalier regagne -Son douar, et, sous toutes les tentes, on entend les femmes, jeunes ou vieilles, laides ou belles, dire, avec l’accent de la joie la plus vraie, à leurs pères, à leurs maris, ou leurs frères :

(( Nous reconnaissons bien là nos enfants.

Que Dieu vous donne la force !

Les hommes braves sont comme le blé, on n'en sait véritablement le prix que dans les temps de disette. »

Celui qui revient à la tribu avec le cheval d’un ennemi qu’il a tué, est toujours accueilli avec acclamation par les femmes, qui poussent en son honneur les plus étourdissants cris de joie (you-you) .

A la bonne heure, voilà un berger de chevaux (i), que Dieu allonge son existence, il est toujours prêt à mourir pour les femmes de la tribu.

Par contre, l’homme qui ne s’est pas bien conduit, pendant le combat, est insulté sur tous les tons. Il en est de même pour le faux brave qui ramènerait un cheval dont il n’a pas tué le maître : il ne tarde pas à être honteusement démasqué. Le véritable vainqueur, se présente, montre à ses chefs une partie quelconque du harnachement dont il a eu soin de se munir avant d’abandonner sa prise ^ pour retourner hardiment au combat ; le cheval lui est adjugé, et le menteur n’ose même plus paraître devant les femmes qui se font un devoir, en même temps qu un plaisir, de le poursuivre de leurs sarcasmes.

Toutefois, il est à remarquer qu’on use des plus grands ménagements vis-à-vis du cavalier qui, maître du bras et brave d'ordinaire, a, cependant,, montré de la faiblesse dans une certaine occasion.

Les femmes disent de lui :

« Cest vrai, un tel n'a pas fait son devoir, mais l'homme a ses Jours, il a rendu des services ; ne nous pressons pas, voyons demain. »

L’honneur de ce guerrier n’est point perdu, une porte lui est ouverte, seulement, il reste triste et s’isole jusqu au jour où il peut noblement effacer sa faute et reconquérir sa réputation.

On conçoit que les Arabes préparent de bonne heure leurs enfants à la vie d’aventures, de périls, et de luttes incessantes qui les attend. Je l’avais deviné, on me 1 avait souvent affirmé, mais en i849> pendant la longue expédition qu’à cette époque je commandai dans le désert, la preuve m’en fut fournie par un de nos chefs indigènes qui mie donna les détails suivants. Je le laisse parler :

(i) Expression qui s’applique même aux plus grands seigneurs pour faire comprendre que, dès leur plus tendre enfance, ils ont été habitués aux chevaux.

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« Me promenant un jour, au milieu d’une tribu, j’aper- ^çus près d’une tente, une femme qui, dans sa main, tenait ia main d’une jeune Arabe d’une beauté telle que jamais je n’en vis de pareille. Elle lui faisait de légers reproches en employant des sons si doux que je ne pus m empêcher d’écouter ; ils m’allaient droit au cœur. Voici les mots qui, le plus souvent, arrivaient à mon oreille, O mon fils ! Et le jeune homme souriait en regardant sa mère, tout en conservant la contenance modeste et timide d’une jeune fille.

Cette scène me plut, je m’avançai vers eux et les saluai. Mon salut me fut rendu. Je me mis alors à les examiner avec curiosité, mais ia femme me dit i « Pouiquoi nous regarder ainsi, que désires-tu » — « Je re désire rien, ce

jeune homme m’intéresse, je veux tout simplement le voir et 1 écouter. — <( Si cela te plaît, me répondit *elle, je te raconterai de lui, un fait qui t’éclairera beaucoup plus que l’examen auquel tu te livres en ce moment. »

« Je ne demande pas mieux, m’écrai-je, racontez et que Dieu vous bénisse. »

« Tu vois ce jeune homme, me dit-elle Oui. Eh ! bien, dans un temps où la vie est pénible, dans un temps où les richesses ne s’obtiennent que difficilement, je l’ai porté pendant neuf mois dans mon sein, sans souffrir, et puis, le Tout-Puissant ayant décrété que je le misse au monde, j’accouchai du beau garçon dont tu me vois si hère.

Mais là ne s’arrêta pas la générosité de l’Eternel. Dès que mon mari et moi nous eûmes cet enfant pour troisième associé à notre existence, il se mit à nous prodiguer les biens qui devaient nous enrichir. ,Te lui donnai, pendant deux années, un lait abondant, puis, le sevrant, je fie débarrassai des langes du berceau pour le déposer sur le lit de son père qui Téleva comme un jeune lionceau, le garantissant, avec le même soin, et des froids de l’hiver et des chaleurs de Tété.

Lorsqu’il eut atteint Page de cinq ans, je le mis entre

Iles mains d’un Thaleb (lettré), qui lui apprit ses prières, le Coran, et orna son intelligence, par la poésie, de telle sorte qu’il ne tarda pas à prendre goût au récit des hauts faits de sa tribu, ainsi qu’à ceux de ces ancêtres.

Plus tard quand son corps se fut formé et que ses os furent consolidés, quand enfin, il eut atteint l’âge du premier jeûne (Ramadan) prescrit par notre sainte religion (i3 ou i4 ans), je le fis monter sur nos chevaux de race. Nos anciens en firent un écuyer parfait, un chasseur intrépide, et bientôt, revêtu des armes les plus riches, je le vis, avec plaisir, aller se promener au milieu des Arabes, contractant ainsi, de bonne heure, l’habitude d’avoir des égards pour les créatures, de donner généreusement l’hospitalité et de prodiguer, à tous, les biens qu’en défi nitive Dieu ne fait que nous prêter. J’avoue, cependanf que pendant tout ce temps d’épreuves, je ne pouvais, toujours, chasser de mon esprit, certaines terreurs, taiif je redoutais, pour cet enfant chéri, les funestes influences du mauvais œil (aâïn).

Cette éducation était, à peu près terminée, lorsque, chassés par la sécheresse, nous vînmes camper dans un lieu pourvu d’abondants pâturages. Avec le laitage, l’aisance allait reparaître dans nos tentes, et la chasse devait encore l’augmenter. Tranquilles, alors, sur notre sort, nos guerriers se mirent en campagne, et seuls, nous étions dans une parfaite quiétude, quand, le lendemain matin, dès qu’une couleur d’or vînt à paraître sur l’orimn, nous aperçûmes, au loin, de nombreux cavaliers ennemis, fondre sur nos troupeaux et les enlever malgré les cris de nos bergers dont ils épargnaient, cependant la vie (i).

C’était la razzia qui nous arrivait. De tous côtés on pousse des cris de terreur, les femmes et les enfants

(i) Dans les razzias on ne» tue jamais les bergers. Ceux-ci, du reste, n’exposent guère leur vie, pour défendre inutilement, un bien qui ne leur appartient pas.

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gémissent, mon fils me demande la cause de ce tumulte. Mon cœur de mère veut la lui cacher, mais il ne tarde pas à la comprendre, et alors, relevant son bernouss et rugissant comme un lion, il fait seller sa jument favorite, chausse ses Temagues (Bottes en maroquin), met ses chabir (éperons), prend ses armes et s’élance à la poursuite des ravisseurs. Mebrouka (l’heureuse, nom de la jument), volait comme une hirondelle. Bientôt il est sur la croupe de leurs chevaux. Le premier qu’il atteint, il le culbute, puis, le laissant là, il court au plus avancé, et l’étend raide mort en criant :

« Voleurs, fils de voleurs, abandonnez nos troupeaux, « ou, je le jure par Dieu, je ne lâcherai que celui qui a la (( vie longue (i) (Aâmrou Touila) et vous savez que ma (( parole c’est la tête de mon bien. »

Etonné par ces coups de vigueur, le goum étranger fuit, d’abord, dans toutes les directions, mais s’apercevant, plus tard, qu’ils n’ont affaire qu’à un jeune homme, seul et sans soutien, les cavaliers ennemis, honteux de leur frayeur, font volte-face et le chargent à fond. Mon hls comprend sa position, il tourne bride et bat en retraite, au petit galop, se dirigeant du côté de nos tentes ; (pendant ce temps-là nous faisions des vœux pour son salut), puis, quand il les voit espacés, dispersés à sa poursuite, il revient à eux, tue les plus avancés, traverse leurs groupes comme un trait lancé par l’arc et les frappe d’une terreur telle, qu’on n’aperçoit bientôt plus sur le terrain, que ceux dont les chevaux étaient épuisés ; les autres avaient disparu.

Le jeune homme que tu vois réunit alors paisiblement les troupeaux qu’on nous avait enlevés, et les ramena,

(i) Locution très usitée chez les Arabes. Elle veut dire, ici, que celui dont la mort n’a point été décrétée par Dieu, ne peut être tué par personne au monde.

fier et triomphant, dans la tribu où nous le reçûmes avec* des transports de joie et en récitant le tekbir (i).

Jamais une mère n’a vu une matinée plus belle, une matinée d’une odeur plus suave, et tu sais, maintenant, ajouta cette femme en me quittant, comment nous élevons nos enfants et ce que peut faire, chez nous, un cavalier brave et bien monté. »

Chacun son tour entre ennemis, aujourd’hui pour toi, demain pour moi.

Le moulin tourne pour tous^ mais toujours en écrasant de nouvelles victimes.

La mort est, du reste, pour le guerrier, un sujet de joie et de triomphe.

Qu’est-ce que le péril? un fantôme.

Qu’est-ce que le bonheur? un cheval et des armes.

Après le sifflement des balles, est-il quelque chose au monde de plus agréable que le frémissement des haleines du jour et le murmure d?une source cachée ?

Non rien n’est plus mélodieux que la voix de ma bien aimée, si ce n’est le hennissement de mon cheval quand il frappe la terre de son pied violent en me disant : allons /

(i) Récitation plusieurs fois répétée de la formule religieuse. Allah akebeur.

Elle est ainsi conçue :

Dieu est le plus grand ! Dieu est le plus grand !

Il n’y a point d’autre Dieu que Dieu.

Dieu est le plus grand ! Dieu est le plus grand I Les louanges sont pour Dieu !

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