PREMIERE PARTIE
ailleurs que dans l’Esprit divin, serait abandonné par les brahmanes. Quiconque chercherait le pouvoir du Kchnltriya ailleurs que dans l’Esprit divin, serait abandonné par les Kchattriyas. Quiconque chercherait ce monde, les dieux, tous les êtres, cet univers, ailleurs que dans l’Esprit divin, serait abandonné par eux tous. Cette qualité du brahmane, ce pouvoir du Kchattriya, ce monde, ces «lieux, ces êtres, cet univers, tout est l’Esprit divin.
» Maintenant, «le même que nous ne pouvons saisir les sons d’un tambour en dehors d’eux-mémes, mais que nous saisissons I<; son en saisissant le tambour on celui qui le bat ; — de même que nous ne pouvons saisir les sons d’une contpie en eux-mêmes, ■nais que nous saisissons le son en saisissant la conque ou le souffleur de conque ; — de même que nous ne pouvons saisir les sons d’un luth en euxmêmes, mais «pie nous saisissons le son en saisissant le luth ou le joueur de luth , — «le même en est-il avec l’Esprit divin.
» Comme des nuages de fumée s’élèvent d’un feu allumé par un combustible sec, ainsi, «j Maitréyî, tous les mots sacrés ont été exhalés par ce grand Être.
» Comme toutes les eaux trouvent leur centre dans la mer, ainsi toutes les sensations trouvent leur centre dans la peau , tous les goûts dans la langue , toutes les odeurs dans le nez, toutes les couleurs
dans l’ffîil, tous les sons dans l'oreille, toutes les pensées dans l'intelligence, toute la science dans le cœur, toutes les actions dans les mains, et toutes les saintes Ecritures dans la parole.
«Il en est avec nous, quand nous entrons dans l’Esprit divin , comme si une masse de sel était jetée dans la mer : elle se dissout dans l’eau qui l’a produite, et ne peut être reprise; mais en quelque lieu que vous preniez l’eau et la {joutiez, elle est salée. Ainsi l’Etre grand , infini, illimité, n'est qu’un amas de lumières. De même que l’eau devient sel et que le sel redevient eau, ainsi le divin Esprit liait des éléments et y retourne. Quand nous avons passé, il ne reste de nous aucun nom. J’ai dit, femme, » dit Yâjnavalkya.
Maitréyi dit : « Mon seigneur, ici tu m’as égarée, disant qu’il ne reste de nous aucun nom qunnd nous avons passé. »
Et Yâjnavalkya répondit : « Femme, ce que je dis n’est pas fallacieux, c’est suffisant à la plus haute connaissance; car s’il en était ici comme s’il y avait deux êtres, alors l’un verrait l’autre, l’un entendrait, apercevrait et connaîtrait l’autre. Mais si le seul et divin Soi est le grand tout, qui et par qui verrait-il, entendrait-il, percevrait-il ou connaitrait-il? Gomment se connaitrait-il, celui en qui réside la connaissance de toute chose? Gomment, femme, se connaitrait-il, celui qui confiait? Ainsi tu en as été