PREMIÈRE PARTIE
sédons pas de version française, mais qu’a élégamment traduit en anglais le savant Wilson (1), dit en termes nobles et poétiques l'apparition de la déesse.
Alors que les Immortels barattent l’Océan pour en obtenir l’ambroisie, alors que, agités par les dieux et les Daityas (les Titans de l’Inde), les flots se soulèvent et mugissent, les Apsaras, ces légères et séduisantes bavadères qui effleurent de leur danse vaporeuse le ciel d’Indra, les Apsaras s’élancent des vagues, précédées par le Pàridjàta, l'arbre au corail, dont les grappes de fleurs d’un rouge éclatant parfument l’air et éblouissent la vue.
La lune se lève et laisse glisser sur l’onde ses rayons argentés. Soudain Dhanvvantari , l’Esculape dii'panthéon hindou, drapé dans de blancs vêtements, surnage, portant triomphalement la coupe qui contient le breuvage divin.
«Alors, continue la traduction anglaise, alors, » assise sur un lotus épanoui , et tenant un nénuphar « il la main, la déesse Cri, radieuse de beauté, se « leva des ondes.
» Les grands sages, ravis, la célébrèrent avec » l’hymne dédié à sa louange. Viswàvasou et d’autres » choristes divins chantèrent, et Ghritàtchi et d’au- » très nymphes célestes dansèrent devant elle. Gangà » et d’autres fleuves saints vinrent à elle pour ses
(I) 77,, ! ishnu Puntna , trantlnled foy \VlLSO^(l»ook ï, chapter ix).
» ablutions, et les éléphants des deux, en recueillant » dans des vases d’or les eaux les plus pures, les » répandirent sur la déesse, la reine de l’univers. La » nier de lait en personne lui fit hommage d’une » guirlande de fleurs inflélrissables, et l’artiste des » dieux (Yiswakarman) décora sa personne d’orne- » ments divins. Ainsi baignée, vêtue et parée, la » déesse, à la vue des habitants des deux, se jeta » dans le sein de Hari (1), et s’y appuyant, tourna » les yeux vers les dieux, <pie ce regard remplit de » ravissement (2). »
Cette mignonne déité, dont le trône est le calice d'un lotus, n’évoque-t-elle pas le souvenir de la Titania des légendes septentrionales, de la reine des Elfes, qu’à la vague lueur du disque des nuits le
(1) Un tics noms de Vichnou.
(2) Then, seated on a ftill-blown lotus, and holding a wator-lily in her hand, tin* goddess Sri, radiant with bcauty, rose frorn the waves. The great sages, enraptured, liyinucd hcr with the song dedicalcd to hcr praise. Viswavnsu and. other hcavcnly rpiiristcrs sang, and Ghritâchi and other cclestial nymphs daneed before hcr. Gangâ and other holy streains attendcd for her ablutions ; and the éléphants of the skies, takiug up their pure walers in vases of gold, poured thein over the goddess, the qiiecn of the universal World. The sea of milk in persou presented her with a wrcath of neverfading flowers ; and the artist of the gods (Viswakermâ) decoratcd her person with hcavcnly ornaments. Thus bathctl, attired, and adorned, the goddess, in the view of the celestials, cast herself iipon the breast of llari; and thcrc reclining, ttirncd hcr eyes upon the deities, \vln> were inspired with rapture by hcr gaze.