PREMIERE PARTIE
ici qu’une divinité inférieure absorbée dans la gloire de Yichnou. La gracieuse dignité de la belle souveraine, la courtoise déférence d’Indra, rendent cette scène fort caractéristique.
o Etant ainsi louée, poursuit le poète, Çri, satis- » faite , demeurant en toutes créatures et entendue de » tous les êtres , répondit au dieu aux cent rites (Ça- » takratou) : Je suis contente, monarque des dieux, » de ton adoration. Demande-moi ce que tu désires : » j’ai consenti à combler tes souhaits. — 0 déesse, » » répliqua Indra, « si tu veux exaucer mes prières, » si je suis digne de ta générosité, que ceci soit ma » première requête : que jamais les trois mondes » ne puissent de nouveau être privés de ta présence. » Ma seconde supplique , fille de l'Océan , est que tu » n’abandonnes pas celui qui célébrera tes louanges » dans les paroles que je t’ai adressées. — Je n’aban- » donnerai pas de nouveau les trois mondes , » répon- » dit la déesse ; « ta première grâce est accordée , car » je suis charmée de tes louanges; et de plus je ne dé- » tournerai pas mon visage du mortel qui , soir et » matin, répétera l’hymne avec lequel tu t’es adressé • à moi. »
Si l’élément féminin se retrouve pour une large part dans le panthéon brahmanique, la femme, nous l’avons déjà vu , est loin d’avoir conservé duns la nouvelle société ses importantes attributions religieuses.
Manou détaille minutieusement les devoirs de l’homme envers les dieux. Quant à la femme, quelle déchéance !
« La cérémonie du mariage est reconnue par les » législateurs remplacer pour les femmes le sacre- » ment de l’initiation (1), prescrit par le Véda; leur » zèle à servir leur époux leur tient lieu du séjour au- « près du père spirituel (2), et le soin de leur mai- » son, de l’entretien du feu sacré (3). »
u 11 n’y a ni sacrifice, ni pratique pieuse, ni jeune » qui concernent les femmes en particulier; qu’une a épouse; chérisse et respecte son mari , elle sera honoa rée dans le Ciel (4). »
Manou ne reconnaît donc pas à la femme le droit d’élever à Dieu son âme , tle se fortifier dans ses devoirs par la prière, de se purifier par la pénitence (5). Au lieu de la sanctifier par le culte de l’immuable perfection, il l'avilit par l’adoration exclusive d’une créature semblable à elle , sujette comme elle aux faiblesses de l’humanité.
(1) L’investiture du cordon sacré, privilège des tiois premières castes.
(2) Le lirahinane passe le temps qui s'écoule depuis soit initiation jusqu’à son mariage sous la direction d’un gourou ou maitre spirituel.
(3) MAnava-VJiarma-Sastra , Lois de Mauou, traduites par Loi- SELErn-DKSLONcciUMPS ; Paris, 1833, livre II, çloka 67.
(4) Id.y livre V, rloka 155.
(5) Manou permet cependaut à la femme de participer aux grandes oblations que chaque jour le brahmane doit accomplir : l’adoration du Véda, l’offrande aux Mânes, l’offrande aux Dieux, l’offrande