PREMIERE PARTIE
Le Ràmàyana, le Mahâbhùruta citent des faits qui rentrent peu dans l’esprit de cette loi inique. L'analyse- de ces épopées nous montrera la femme célébrant dans le sanctuaire domestique les rites sacrés , se retirant même avec son mari dans les forêts , unissant la piété de l’ascète au dévouement de l’épouse , de la mère; parvenant enfin, par la sainteté de sa conduite, >au Swarga, le ciel d’Indra.
Une nouvelle religion devait être plus libérale ; nous l'étudierons ailleurs, dans les contrées où elle règne encore de nos jours; nous ne rappellerons ici que l’une de ses influences sur le pays où elle naquit sans s’v enraciner.
Le bouddhisme (I), cette expression de la révolte des trois dernières castes contre la longue oppression îles brahmanes, ne pouvait, dans son œuvre d'affranchissement, oublier un sexe auquel le brahmanisme avait retiré, sinon dans ses mœurs, au moins dans ses lois, toute individualité en présence de la Divinité.
Aussi les femmes accueillent-elles avec enthou-
aux Esprits, les devoirs hospitaliers. Mais ta premier de ces devoirs religieux, qui consistait à réciter, à lire et à enseigner la sainte Ecriture, était-il encore du temps de Manou prescrit à la femme? Aucun sacrement n'était pour elle accompagné de prières. Manou lui ordonne les ablutions, mais lui défend, d’en prononcer les formules sacrées. Il menace de l'enfer la jeune femme qui sacrifierait au feu. Nous verrons cependant Sàvitri essayer de fléchir les dieux par ce sacrifice.
(1) Voir pour le bouddhisme tas importants travaux de MM. Eugène Bumonf, Foucaux, Barthélemy Saint-Hilaire.
iî I.A FEMME DANS J.'INDE ANTIQUE,
siasine le bouddha , ce libérateur ijui est aussi le leur. Dans lu tante qui l'a maternellement élevé, dans la digne et pure compagne qu’il a choisie , il trouve d’ardents disciples de sa doctrine. — Pendant son volontaire exil dans les forêts, ce sont de jeunes fdles qui viennent le nourrir. — Pendant sa prédication , parfois si orageuse , alors que les portes de bhadramkara lui sont fermées , que les habitants de-cette ville ont promis aux brahmanes de ne se point rendre il l’appel de celui qui veut les arracher à leur tyrannie, c’est une brahmani qui, bravant les dangers, les obstacles, enfreint la première la défense établie, va se précipiter aux pieds de bouddha et entraine à sa suite ses compatriotes.
Quand il expose le système d’idées contenu dans le lotus de la bonne loi, les six mille femmes auxquelles il a permis d'embrasser la même vie ascétique que les hommes, sont auprès de lui. Malheureusement, c’est en les arrachant ù la famille qu’il leur accorde l’émancipation religieuse, qu’il en fait les apôtres de sa doctrine, les bouddhas de l’avenir.
Cette doctrine, qui ne reconnaît de vrai que la douleur, qui a ignoré Dieu , qui n'a pas cru à l’âme, cette désolante doctrine eut pour adeptes ceux qui , souffrant de la vie , croyant à la transmigration de l’âme, voyaient ‘dans la destruction complète de l’être pensant et agissant le bonheur suprême. La vertu , la charité, tels étaient les moyens d'arriver à ce but;