CLARISSE BADER
Paris, ce 21 novembre 1803.
PRÉFACE
L œuvre modeste qui se présente, sans devancière au jour effrayant de la publicité n’était point destinée à paraître isolément. Elle devait former le centre d’une composition très-étendue, embrassant le rôle de la femme dans l’antiquité orientale . tout entière.
A l’œuvre à jamais inspirée du peuple élu et des disciples du Christ; à la poésie des Arabes, brûlante encore des feux du désert ; à la voix de pierre des monuments égyptiens et assyriens; aux livres classiques, aux annales, aux odes de la Chine; aux chefs-d’œuvre vaguement renommés de l’Inde; aux textes sacrés, à l’histoire, aux . légendes de la Perse de Zoroastre ; à la littérature chrétienne de l’Arménie ; à toutes les productions
PREFACE
du génie antique de l’Orient (1) commentées par le génie moderne de l’Occident, demander ce que fut la femme dans la société primitive : tel était, tel est encore notre but.
Déjà nous avions amassé de nombreux matériaux pour notre travail, quand, conduite dans llnde par cette étude, nous. nous arrêtâmes, frappée d’étonnement devant le spectacle inattendu qui s’offrait à nous.
Chez une nation sœur aînée de la Grèce, et qui semblait garder vivantes les premières impressions, les idées typiques desaiotre race indo-européenne, nous trouvâmes des richesses littéraires dont nous n’eussions jamais soupçonné l'existence au delà de l’antiquité hellénique.
D'abord les échos d’un âge antéhistorique ; hymnes, admirables jets de l’âme humaine; — puis les monuments des temps héroïques : lois où sont gravés eu beaux vers les éternels principes de la justice et de la vertu; épopées gigantesques,
(1) Ce gcnic qui, selon la belle expression d’un illustre critique, « a été la source de toute religion et de toute poésie « . Voir M. Vu.- LtMAiN, Littérature au moyen «yc, IVe leçon.